Du journalisme à la fiction : la méthode Lucchini pour capter les signaux faibles
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La fête du livre de Saint-Etienne nous donne l'occasion de prendre dans les tentacules de La Stratégie Du Poulpe Sandrine Lucchini, afin de comprendre sa méthode de travail.
Elle utilise ses réflexes d’investigation — immersion, observation, analyse des signaux faibles — pour transformer les tensions souterraines de la société en matière romanesque.
Avant d’être romancière, Sandrine Lucchini a été journaliste d’investigation, spécialisée dans la police et la justice . Ce passé lui a appris à tendre l’oreille vers ce qui ne fait pas encore la une : les discours marginaux qui se radicalisent en ligne, les mouvements sociaux émergents, les zones grises où se fabriquent les violences futures.
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C’est exactement ce qu’elle raconte à propos de Charlotte Chérie : un simple article canadien sur les masculinistes a éveillé son attention, car il entrait dans son champ de recherche sur les radicalisations . Elle a senti que ce phénomène, encore discret en France, portait en lui quelque chose de plus vaste — un « bas bruit » social.
Lucchini écrit comme elle enquête. Pour comprendre un milieu, elle s’immerge : création d’une fausse identité en ligne pour infiltrer la manosphère , échanges directs avec des membres de communautés radicalisées , repérages sur le terrain pour « flairer une ambiance » dans les locaux de la PJ ,observation minutieuse des lieux sensibles, comme Villerupt dans V .
Cette immersion lui permet de capter ce qui ne se voit pas : les non‑dits, les micro‑gestes, les atmosphères, les tensions latentes.
Ce sont précisément ces dynamiques souterraines — ce « bas bruit » — qu’elle transforme en fiction.
Diplômée en psychopathologie et psychanalyse , Lucchini analyse les mécanismes d’emprise, de domination et de radicalisation.Cette formation lui permet de : repérer les failles individuelles qui rendent vulnérable, comprendre les logiques d’adhésion à des discours extrêmes, éclairer les motivations profondes des victimes comme des agresseurs.
Elle ne se contente pas de raconter un crime : elle en décrypte les racines sociales et psychiques.
Dans cette vidéo de la chaine parlementaire, vous pouvez voir comment elle analyse les mécanismes du masculinisme: