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La Stratégie Du Poulpe -Serge-FREYDIER
21 mai 2015

Albert Batheux un bath entraineur

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Merci à la Cinémathèque de Saint Etienne...Je connais maintenant un peu plus le mythique entraineur Albert Batheux. Elle revenait sur quelques images en présence de ses filles, des responsables du Musée de l’ASSE et des archives municipales de Saint-Étienne et de G Bereta.

 Cet homme engagé, brillant, pédagogue, entraîneur de trois clubs : Reims (1950 à 1956), Grenoble (1963 à 1967) et Saint-Étienne (1968 à 1972) a marqué l’histoire du football français. Du Stade de Reims à l’équipe de France en passant par le FC Grenoble, il fut à l’origine de la première épopée des Verts. Aimé Jacquet qui jouait dans son équipe témoigne de son admiration pour cet entraineur. Ces images témoignent d'une époque où le foot semble plus humain, avec une dimension plus artisanale mais qui va devenir petit à petit plus industriel.. 

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Allez un petit selfie avec Bereta attaquant à l'époque très ému de revoir ses images. Il dit "Albert voulait tout le temps qu'on fasse des plats du pied..Je préférais les extérieurs.."

19 mai 2015

Sandrine Bonnaire a la classe

 

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Dans Les transclasses ou la non-reproduction, Chantal Jaquet explore les trajectoires de ceux qui, s’arrachant de leur milieu d’origine, semblent démentir les lois de la sociologie. Pour cette philosophe spinoziste, ceux qui échappent à leur classe sont tout aussi déterminés à le faire que ceux qui y restent.

Après avoir vu son explication, nous l'illustrerons avec l'exemple de l'actrice Sandrine Bonnaire que nous avons eu la chance de rencontrer à la comédie de Saint Etienne.

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Chantal Jaquet considère que l’ascension sociale a peu à voir avec la volonté ou le mérite: "Mon travail consiste en effet à montrer qu’il n’y a pas de libre arbitre : le destin de chacun n’est pas le résultat d’une décision qui se prendrait ex nihilo sur la base d’une volonté. Ça, c’est une illusion pure, puisqu’on n’agit jamais sans causes ni raisons, qu’elles soient conscientes ou non. Pour autant, ce n’est pas parce qu’il y a déterminisme qu’il y a fatalité. Ma posture se situe entre la négation du libre arbitre et la négation de la fatalité. J’ai cherché à comprendre les causes qui permettent à certains d’opérer un changement social là où, en l’absence de révolution, il n’y a pas de changement collectif, là où tout semble figé."

Ceux qui changent de classe, que j’appelle les "transclasses", obéissent à des concours de causes qui se combinent : il y a d’abord des conditions de possibilité économique et politique liées par exemple au système éducatif et aux bourses, il y a aussi des rencontres décisives et un jeu complexe d’affects. " "Le transclasse est simplement celui qui illustre le plus le fait qu’il n’y a pas de moi constitué ou constitutif donné comme un a priori," "  Le moi nous enferme, son abolition ouvre toutes les frontières." "ce n'est pas parce qu'on a connaissance des codes qu'on se les approprie facilement. Ce sont deux choses différentes, car, pour les natifs des classes dominantes, ces codes sont inculqués dès l'enfance et deviennent une seconde peau. Pour les transclasses, la faute de goût est l'écueil qui menace en permanence. C'est d'ailleurs vrai dans les deux sens, un individu habitué à vivre parmi l'élite aura également du mal à décrypter le mode de vie des classes populaires. " "Le parcours d’un transclasse est exemplaire de changements que l’on peut vivre à d’autres échelles et d’autres manières, dès lors qu’on est importé brusquement dans un autre milieu où on n’a pas sa place d’emblée. Je fais souvent la comparaison avec l’immigration, mais la même chose peut se produire quand on passe d’un milieu rural à un milieu citadin, et inversement. Tout passage, tout déplacement, peut induire une souffrance de se sentir rejeté ou de ne pas comprendre les codes."

 

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Sandrine Bonnaire qui joue dans la pièce L’Odeur des planches (sur une comédienne qui n’a pas réussi à percer dans son domaine ) justifie son choix ainsi: " J’aime le texte car il est percutant, à la fois simple et viscéral. Il n’y a rien d’intellectuel, même si c’est très écrit, très pensé et bien réfléchi. Il raconte des choses de la vie comme l’immigration des parents, que ce soit le milieu social dans lequel ils sont, un pays quitté, une France qui a promis plein de choses. Il dit aussi comment on passe de la lumière à l’ombre sous prétexte qu’on a une autre fonction [la comédienne devient femme de ménage, NdlR]. Ça parle beaucoup du regard qu’on porte sur l’autre."

Sandrine vient d'un milieu modeste: "je n’ai jamais coupé les ponts avec ma famille. C’est quelque chose qui reste présent en moi et j'y tiens car ça permet de rester dans la réalité des choses, que ce métier peut vite vous faire perdre. Mais si on n’a pas envie de la perdre, on ne la perd pas. C’est aussi bête que ça. Pour moi c’est un vrai cadeau d’avoir rencontré Pialat, d’avoir eu cette vie et d’être encore là aujourd’hui avec cette vie. C’est un vrai luxe." "Pialat m’a donné une renaissance. J’ai le sentiment d’être née deux fois. Il y a la naissance du père et cette renaissance venue de lui, qui m’a guidée. J’ai commencé ce métier très tôt et ma vie s’est totalement transformée avec cette rencontre." (elle dit souvent que c'est par hasard qu'elle a accompagné sa soeur à un casting..Elle devait faire un CAP coiffure)  "Ça peut m’arriver de m’ennuyer profondément lors d'un spectacle que je vais voir, je ne le manifesterai pas comme le personnage du père de la pièce  car j’ai des codes que lui n'a pas. Ce sont deux milieux qui se confrontent. Lui parle comme à la maison. Mais si on mettait le metteur en scène dans cette famille-là, il ne comprendrait pas mieux." 

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NB: Dans la pièce Sandrine Bonnaire donne du cœur à un cri, celui de Samira Sedira, auteur de ce texte, L'Odeur des planches. Alternant souvenirs historiques – ceux de ses parents débarqués d'Algérie dans les années 60 – et un vécu contemporain qui débute par la fin de ses droits Assedic et l'obligation pour elle de trouver un travail alimentaire, elle donne du rythme et de la force à son récit. Devenue femme de ménage, elle voit dans ce déclassement social une occasion de se rapprocher de sa mère qui, elle aussi, à dû combattre la solitude et se résoudre à ce métier. Finie la litanie des théâtres visités qu'elle récite comme un pensum, la voilà seulement définie par son corps, éreintée par cette tâche aride et dépourvue de toute pensée.

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Quelques extraits « Mon père nous a conduits à l’hôtel. Le paradis, ça s’appelait, tenu par un Kabyle qui n’avait plus ses dents de devant. Des chambres sur trois étages. Le paradis. Il nous en promettait avec un nom pareil. (…) A tous les étages du Paradis il y avait des étrangers, des noirs et des arabes, solitaires ou en famille, imbibés d’huile à frire et de blabla. Et puis ça sentait les tripes. Une puanteur. C’est pas cher les tripes, moins que le boeuf ou l’agneau. Ma mère disait que l’odeur lui renversait le coeur. Renverser le coeur elle disait, comme si c’était possible » « La première fois que mes parents me voient sur scène, j’ai trente ans. … A la fin du spectacle ils m’attendent dans le hall. Ils portent des habits neufs. Mon père se jette sur moi et me lance sur le ton de la plaisanterie, Heureusement qu’on n’a pas payé, hein ! A l’oreille ma mère me glisse d’une voix suave que je ne lui connais : Tu étais formidable… Elle a dû entendre ça dans les feux de l’amour, de la bouche de Sharon ou d’Ashley Abbott. Elle joue la comédie, rien de grave à ça. » « Femme de ménage, le seul métier qui donne droit au don d’invisibilité. Ceux qui nous emploient commencent par oublier qu’on doit venir, et puis un jour on devient totalement transparente. Une évidence sans corps, sans visage, sans voix. Une présence vide. Dans le meilleur des cas, un prolongement des lieux » « Suis encore comédienne, ou n’en suis-je plus que l’ombre ? Une comédienne qui ne joue pas peut-elle encore prétendre au titre ? Suis-je suspendue de mes fonctions ou suis-je déjà une autre ? Suis-je devenue ma mère ? Suis-je en sursis, ou bien ai-je pris perpète ? Je songe parfois à l’idée de me noyer » « L’odeur des planches. Cette odeur si particulière, si indissociable de ma vie d’avant, si chargée de souvenirs et d’émotion me fait monter les larmes aux yeux. « L’odeur reste longtemps à attendre sur la ruine de tout le reste… » »

16 mai 2015

Monty et Qui c'est les plus forts chez Drucker

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Vous le savez sans doute le film Qui c'est les plus forts tourné à Saint Etienne sort le 3 juin. Toute l'équipe de Charlotte de Turkheim va se retrouver dimanche 17 mai sur le plateau de Vivement Dimanche. (voir tournage)

 

 

C'est l'occasion de revoir Monty avec sa fameuse chanson: Allez les verts...Il est entouré des pétillantes pom pom girls qui avaient créé la surprise lors du tournage au stade Geoffroy Guichard.monty

 

 

 

 

 

 

 

 

Monty déclare: "C’est l’hymne et ça le restera. Les gens me demandaient d’écrire une chanson, je l’ai faite quinze jours avant la finale de Glasgow. Je l’ai écrite en dix minutes, en sortant du stade. Tout est venu d’un seul coup. J’ai écrit ce que je ressentais. Je vais sortir très prochainement un livre sur l’histoire de cette chanson. En Afrique, cette chanson a été numéro 1 partout. On en a vendu 4 millions en France et je suppose que même certains Lyonnais l’ont achetée. J’ai toujours été bien reçu à Lyon, mais si je leur fais une chanson, là je vais me faire tuer à Saint-Etienne. Elle m’a donné la possibilité d’avoir un rendez-vous avec le patron du Cosmos de New York et de la Warner. Il fallait le demander six mois à l’avance, je n’avais pas de cartes de visites et je n’étais pas connu. J’ai demandé à sa secrétaire de lui faire passer un disque d’« Allez les Verts » que j’avais signé. Il est sorti de son bureau vingt secondes après. Une heure plus tard, je rencontrais Kissinger et Pelé. J’avais besoin de Saint-Etienne, besoin de mon stade, besoin de Paris. J’ai vécu à Los Angeles, à New York, surtout. Là-bas, j’ai surtout appris que j’avais besoin de sentir la France. Je viens seulement à Saint-Etienne pour retrouver les frissons de Geoffroy-Guichard. Quand on se retrouve au milieu du stade, qu’il y a 40 000 personnes ! J’en pleure."

Lors du tournage au chaudron j'avais demandé à la responsable de la chorégraphie de nous péciser son rôle:. "Je suis Elise Pompom Girl (http://elisepompomgirl.com), je suis danseuse, chorégraphe et professeur de Pompom Girl (je donne notamment des cours réguliers de danse Pompom à Paris)."

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"Je suis la chorégraphe (et également danseuse) pour le film "Qui c'est les plus forts ?", mon rôle a donc été de créer la chorégraphie que vous avez pu voir au chaudron lors de la mi-temps ASSE-Metz. J'ai notamment eu en charge la préparation des actrices (Alice Pol, Audrey Lamy, Julia Piaton et Barbara Bolotner) pour leurs scènes de pompom girl. J'ai effectué le casting des danseuses afin de constituer la fameuse équipe des PINKS du film."

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"Je suis ravie de faire partie de ce projet qui m'a séduite dès la lecture du scénario, de plus c'est très agréable de travailler avec cette équipe de production, au sein de laquelle j'ai un rôle de "conseillère pompom", avec la fantastique Charlotte de Turckheim. En témoigne la très bonne ambiance qui reigne pendant le tournage !"   

Une question se pose: vont-elles danser comme des poulpes? 

8 mai 2015

Voyage au 10 Downing Street

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 Vous avez sûrement déjà entendu parler de cette adresse : le 10 downing street dans le  quartier de Westminster au centre de Londres . https://www.gov.uk/government/history/10-downing-street

 377430_le_premier_ministre_britannique_david_cameron_devant_le_10_downing_street_a_londres_le_2_aout_2012 Le premier ministre du Royaume Uni David Cameron vit à cette adresse. Celle-ci comprend des salles de réunion, de conférences, de réception et c’est ici que le premier ministre reçoit les chefs d’état et de gouvernement, ambassadeurs des états étrangers.

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6 mai 2015

Hommage à Jean Dasté avec Robin Renucci

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C'est lors d'une lecture de La Scène Natale dans le cadre d’une soirée hommage à Jean Dasté et Jacques Copeau qui avait lieu le mercredi 6 mai à  à la Comédie de Saint-Etienne que j'ai pu rencontrer les comédiens Jean-Claude Penchenat et Robin Renucci (photo) .

Un récit écrit par Evelyne Loew et interprété par Christian Schiaretti, Robert Cantarella, Robin Renucci et Jean-Claude Penchenat. En présence de Catherine Dasté (fille de Jean Dasté) de Evelyne Loew

Jean Dasté et Jacques Copeau, pionniers de la décentralisation, était donc au cœur du spectacle donné à la Comédie de Saint-Étienne avec Robin Renucci. 

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Jean Dasté débute en 1919 au théâtre du Châtelet. En 1922, il entre à l'Ecole dramatique du Vieux-Colombier et suit Jacques Copeau lors de son installation en Bourgogne avec la troupe des Copiaux. Lors de sa dissolution, il revient à Paris et monte avec les anciens Copiaux la troupe des Quinze-Vingt. Au bout de deux ans, l'aventure se termine. S'ensuit une période de crise dont Jean Vigo viendra le délivrer en lui offrant son premier rôle au cinéma.

Artiste des planches avant tout, Jean Dasté a volontairement fixé des limites à sa carrière cinématographique. Il symbolise néanmoins cinquante ans de cinéma d'auteur français. Son regard à lui seul le rend émouvant dans Zéro de conduite (1932) de Jean Vigo, où il incarne un surveillant de collège. Il interprète de préférence des personnages discrets, généreux et bienveillants. Jean Renoir le transforme en étudiant rêveur dans Boudu sauvé des eaux (1932) puis en ouvrier typographe dans Le Crime de Monsieur Lange (1935). Mais son plus beau rôle est celui du marinier jeune marié dans L'Atalante (1933) de Jean Vigo. Son jeu sobre et juste, pratiquement muet de bout en bout, crée une harmonie inoubliable avec le réalisme poétique de l'auteur. Plus tard, sa carrière au théâtre grandit en importance et Jean Dasté n'apparaît plus que pour de petits rôles à l'écran, sans pour autant passer inaperçu. Le mélange d'humanisme et de dureté dont il anime ses personnages apporte une profondeur inattendue aux films de François Truffaut (L'Enfant sauvage, 1969) comme à ceux d'Alain Resnais (Mon oncle d'Amérique, 1979).

Jean Dasté est surtout comédien. Après des formules de théâtre ambulant, il crée la première équipe de décentralisation théâtrale, d'abord à Grenoble en 1945, puis à Saint-Etienne en 1947. A la fois animateur, metteur en scène et conseiller artistique de cette compagnie, il est surtout passionné par son public. Outre Molière, William Shakespeare, Bertolt Brecht, Georges Feydeau, il monte également des pièces d'auteurs modernes, notamment Armand Gatti, Vivaner, Jacques Audiberti, Jean-Paul Sartre, Sean O'Casey, Federico García Lorca ou Des Nô.

Jean Dasté installé à St Etienne insistait sur le rôle joué dans sa vie par le séjour en Bourgogne : « le théâtre m’avait intéressé, le théâtre me passionnait ; mais ce n’était pas de faire une brillante carrière de comédien qui m’intéressait. C’était que ce métier ait un sens. Et le contact que j’ai eu, la vie que j’ai menée avec Jacques Copeau et les copiaus de Bourgogne, les tournées que nous avons faites, les fêtes bourguignonnes auxquelles nous avons participé m’ont fait découvrir un public populaire, un public naïf, un public sain, un public enthousiaste. Et cela m’a énormément marqué. Il est certain qu’il y a beaucoup de chances pour que la décentralisation ne m’ait pas accroché comme elle m’a accroché si je n’avais pas été aux copiaus ».