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La Stratégie Du Poulpe -Serge-FREYDIER
17 mars 2024

Booder et le renversement du stigmate

Aujourd'hui dans les tentacules de la stratégie du poulpe le comique Booder avec qui nous avions réalisé un selfie. 
Booder est né le 13 août 1978 à Bouarfa, au Maroc, et a rejoint la France en 1979. Il grandit dans le 10e arrondissement de Paris, dans le quartier de la Grange-aux-Belles. Très tôt, il se découvre une passion pour la comédie et s’inscrit au club de théâtre de son lycée.
Actuellement Booder fait son grand retour à la télévision dans la fiction Le Nounou, diffusée sur TF1. Dans une interview pour Télé Star, le lundi 19 février, l'humoriste est revenu sur sa carrière et sur les moqueries et préjugés liés à son physique dont il est régulièrement victime. L'acteur de 45 ans a affirmé que contrairement à ce que l'on pouvait penser, il n'en a jamais vraiment souffert : "Contrairement à ce qu'on pourrait croire, je n'ai pas subi ces moqueries, parce que j'ai cette chance d'être né avec de la répartie, de l'humour."
L'autodérision a donc permis à Booder de se protéger de remarques qui auraient pu profondément l'affecter : "L'autodérision, c'est d'abord se moquer de la manière dont les gens vous regardent. Ça m'a énormément aidé." En novembre dernier, dans On refait la télé sur RTL l'ami du défunt Wahid Bouzidi, s’était déjà confié sur son rapport à son physique et avait une nouvelle fois mis fin aux rumeurs de maladie : "Je ressemble à mon grand-oncle, qui était un grand homme, respecté dans le village dans lequel je suis né, et je suis très fier d’avoir cette tête-là."
Booder voit comment les gens le regardent et il sait ce qu’ils pensent de lui. Cela dit, l’humoriste ne s’est jamais laissé vexer. Au contraire, cela lui fait rire qu’on le prenne pour « un Martien ». Pour l’humoriste, si une personne ne se sent pas belle, c’est parce qu’elle n’a « pas de chéri » pour la regarder telle qu’elle est.
N’ayant pas de problème avec son apparence, il en a même fait sa force et n’hésite pas à en parler dans ses sketchs.
 

Qu'en dirait le sociologue américain Goffman?

Pour Erving Goffman, il est question de stigmate à partir du moment où il y a une situation dans laquelle un individu est disqualifié et de ce fait empêché d’être pleinement accepté par la société. Le propre de cette disqualification est qu’elle n’est pas ontologique, c’est-à-dire inhérente à l’individu et liée à une incapacité réelle, mais assignée par la société en vertu d’un handicap quel qu’il soit – physique, mental, social – et prenant une portée bien plus grande que la réalité de ce dernier. L’origine de cette pratique est à chercher dans les mythes grecs où le stigmate correspond à une marque corporelle. Ces signes, cicatrices en tout genre, marquent, exposent les criminels, les esclaves, les prostituées ; et adoptent la dimension relationnelle du stigmate par leur signification repoussante : la personne qui dialoguerait avec un stigmatisé provoquerait l’incompréhension de ses pairs et risquerait d’être frappée de la même indignité. D’après Goffman, le stigmate occupe une fonction de contrôle social et constitue un mode de compétition. Il « réduit efficacement et durablement les chances d’une personne » en justifiant ce qui n’est au départ qu’une position de principe : l’infériorité d’autrui

3 mars 2024

Durkheim et la série Un si grand soleil

La série de France 2 repose sur une multitude de personnages qui ont des rôles sociaux.
Par exemple j'avais réalisé cette photo avec Nadia Fossier qui joue Alix et Bibi Tanga pour le rôle d'Hugo Touré.
La première gère un galerie d'art à Montpellier et le second un médecin légiste.
Selon Emile Durkheim la solidarité  correspond aux liens invisibles qui relient les individus entre eux et qui font que la société « tient » : la solidarité est le « ciment » de la société. Elle peut prendre deux formes celle fondée sur la similitude des comportements des individus et des valeurs de la société (c’est la solidarité mécanique) et celle fondée sur la complémentarité des activités et des fonctions des individus (c’est la solidarité organique).


Dans les sociétés modernes la solidarité organique, est une cohésion sociale fondée sur la complémentarité des activités et des fonctions des individus. La cohésion sociale repose donc sur la coopération nécessaire entre individus ; la spécialisation fait que chacun a besoin des autres ce qui se traduit par un système de droits et d’obligations les uns vis-à-vis des autres. C’est la cohésion qui devrait exister dans des sociétés dans lesquelles la division du travail est très importante (très grande diversité des fonctions exercées par les individus) c’est-à-dire dans les sociétés développées. La conscience individuelle peut donc s’exprimer.
 Par conséquent ce qui fait la cohésion de la société n’est plus le partage de valeurs communes mais la coopération de nombreux individus différents mais utiles les uns pour les autres.


Si la division du travail s’accompagne d’une interdépendance accrue entre individus et donc de plus de coopération, elle s’accompagne aussi d’une plus grande diversité des situations au sein de la société. Or, cette diversité peut être source de problèmes divers : développement de l’individualisme et donc absence de valeurs communes, hiérarchie sociale pas forcément acceptée, etc. Ce sont les fondements de la cohésion sociale qui peuvent être altérés et conduire au développement de l’anomie (perte de repères).
Ainsi l'enjeu de la série sera de voir si les personnages coopèrent où non, ce qui sera la clé de multiples intrigues de scénario.