Jean-Michel Larqué : le football a-t-il vendu son âme ?
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Avec l"anniversaire des 50 ans de la finale en coupe d'Europe de l'ASSE, on a souvent croisé Jean-Michel Larqué à Saint-Etienne. Mais quelle est sa vision du foot moderne?
« Le football est devenu une industrie mondiale. » En une phrase, Jean-Michel Larqué résume tout le malaise qu'il éprouve face au football moderne.
Pour l'ancien capitaine des Verts, le football d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec celui qu'il a connu. Hier, les joueurs représentaient une ville, une région, parfois toute une génération de supporters. Aujourd'hui, ils incarnent surtout des marques, des stratégies marketing et des investissements financiers.Le constat de Larqué est brutal : le football a troqué son identité contre sa valeur marchande. Les clubs sont devenus des entreprises mondialisées, les supporters des consommateurs et les joueurs des actifs dont la valeur fluctue au rythme des marchés des transferts.
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À l'époque de Saint-Étienne, personne ne parlait de « projet de marque », d'« engagement digital » ou de « développement international ». On parlait de jeu, de passion et de résultats. Les supporters s'identifiaient à des joueurs qui restaient plusieurs années au club. Aujourd'hui, les effectifs changent au gré des opportunités financières et des montages économiques.
Larqué ne nie pas les progrès du football moderne. Les joueurs sont plus rapides, mieux préparés physiquement et entourés de moyens considérables. Mais à ses yeux, cette évolution a un prix : la disparition progressive de l'authenticité.
Certains répondront que Larqué appartient à une autre époque. Lui rétorquerait probablement que certaines valeurs n'ont pas d'âge : le respect du maillot, le sens du collectif et la primauté du terrain sur le spectacle.