COACH COURBIS et la faconde du sud
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J’ai eu la chance de rencontrer Roland Courbis avant un match entre Saint-Étienne et Montpellier. L'équipe faisait la traditionnelle promenade devant l'hôtel.
C'est l'occasion de revenir sur la faconde du sud. Exubérante, imagée, chaleureuse : la faconde du Sud ne se limite pas à un accent. Elle raconte une manière d’être au monde, de créer du lien et de faire vivre la parole. . On raconte, on amplifie, on rit, on interpelle. La faconde, ce flot verbal parfois débordant, s’impose comme une signature culturelle aussi reconnaissable que le chant des cigales ou les places de village animées.
La faconde du Sud se nourrit de l’oralité. Elle se construit dans les marchés, les cafés, les repas de famille. Ici, la conversation est un spectacle partagé, où l’exagération n’est pas mensonge mais couleur, où l’anecdote vaut souvent plus qu’un long raisonnement.
Souvent réduite à une intonation chantante, la faconde est surtout une posture sociale. Elle traduit un rapport direct aux autres, une volonté de capter l’attention, de séduire, parfois de provoquer. Parler, c’est exister dans le groupe.
Avec Courbis, le football ne se résume jamais à un schéma tactique ou à une feuille de match : c’est une histoire racontée, une parole qui déborde, un accent qui chante.
Courbis, c’est d’abord une voix. Une voix du Sud, solaire, gourmande, qui roule les mots comme on roule une cigarette ou comme on fait durer un café en terrasse. Une voix qui rassure autant qu’elle amuse, capable d’expliquer un hors-jeu douteux avec la sagesse d’un vieux sage provençal et l’humour d’un conteur de bar du Vieux-Port.
Sa faconde est devenue sa signature. Là où d’autres s’abritent derrière la langue de bois, lui préfère la métaphore, l’anecdote, la formule qui claque.
Mais derrière le verbe, il y a le fond. Un amour sincère du jeu, une connaissance intime des vestiaires, et cette conviction très méridionale que le football est avant tout une affaire d’hommes, de caractère et de confiance. Courbis n’a jamais renié cette vision charnelle du sport, où l’émotion compte autant que la tactique.
Dans un monde du football de plus en plus aseptisé, formaté pour les conférences de presse et les éléments de langage, Roland Courbis fait figure de résistance culturelle. Il incarne un Sud qui parle fort, qui exagère parfois, mais qui ne triche jamais. Un Sud où le football est une conversation permanente, un prétexte à refaire le match, à philosopher, à rire.
Finalement, Courbis, ce n’est pas seulement un entraîneur ou un consultant. C’est une ambiance. Une manière d’être. Une faconde qui rappelle que le football, avant d’être un business, reste une histoire de passion, racontée avec l’accent et le cœur.