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La Stratégie Du Poulpe -Serge-FREYDIER
4 avril 2013

Après l'affaire Cahuzac, questions sur le mensonge à Boris Cyrulnik

91euba23 Le 26 mars 2013, Jérôme Cahuzac a avoué qu'il détenait un compte en Suisse, sur lequel il avait déposé 600.000 euros. Plus que le blanchiment de fraude fiscale, c'est le mensonge de l'ancien ministre du Budget qui choque.

   Cyrulnik2004presse_DRFP_200 Il est intéressant d'écouter l'analyse du mensonge par le psy Boris Cyrulnik.

La culpabilité, la honte , la peur sont  des mobiles du mensonge, mais existe-t-il pour autant, dans certaines circonstances, un droit de mentir ou, plus encore, un devoir de mentir ?

Boris Cyrulnik :  Oui, bien sûr, il existe un devoir de mensonge, puisque c’est une preuve d’empathie. Le mensonge est certainement « la » virtuosité intellectuelle humaine. Mentir, c’est savoir qu’avec un mot, un scénario, une mimique, un sourire, une posture, je vais pouvoir modifier les représentations de l’autre et entrer dans son monde intime. C’est une performance intellectuelle extrême qui exige que moi, menteur, je puisse me représenter les représentations de l’autre. Pour cela, il faut non seulement que je sois très intelligent, mais surtout que je sois respectueux de l’autre. Les pervers, les psychotiques ne mentent pas parce qu’ils se moquent des autres. Le pervers dit ce qu’il pense et, si c’est blessant, tant pis, aucune importance ; quant au psychotique, de toutes les façons, pour lui, l’autre n’existant pas, il dit ce qu’il pense sans se poser de question. En résumé, chez le psychotique, il n’y a pas du tout de représentations de l’autre et chez le pervers, il n’y a pas de respect des représentations de l’autre. Et mentir, c’est respecter l’autre.

D’autre part, il est vrai que très souvent le mobile du mensonge est la protection. Si ma vie est en jeu, il suffit que je me taise pour la protéger J’ai donc également un droit de mensonge pour me protéger (c’est de la légitime défense). en manipulant les représentations de l’autre afin de les rendre conformes à mon désir. 

Un individu qui ne mentirait jamais ne serait-il pas plutôt considéré comme un inadapté social que comme un saint ?
Mentir, c’est respecter l’autre, c’est ne pas lui faire de mal, mais c’est aussi le préparer tout doucement à la vérité quand il faut la lui dire. Lorsque j’étais jeune médecin, nous croyions qu’il fallait préserver les malades en ne leur disant pas la vérité. Mais ensuite la maladie évoluait, la famille n’avait pas pris ses dispositions et, en plus, on avait trompé le malade. Dès lors nous avons changé de stratégie. Par conséquent, maintenant certains disent la vérité comme on envoie un coup de poing dans la figure… Je l’ai vu… Dans ce cas-là, dire la vérité devient une forme de non-respect de l’autre. Il y a une attention à l’autre qui exige qu’on le mène à la vérité.

Pour s’acheminer vers plus de maturité face à la vérité, l’humanité doit faire preuve de plus de raffinement encore dans l’art de mentir ?
En ce qui concerne l’homme, le mensonge (l’inadaptation) est indéniablement une défense qui permet l’innovation. Mais il n’est pas question d’affirmer : « Il ne faut pas dire la vérité », car, en fait, nous disons toujours la vérité, soit brutalement, soit plus subtilement ; par le « dit » ou par le « para-dit ». Seules les stratégies diffèrent. Toutefois, dire la vérité par le « dit » n’est possible qu’au sein d’une situation psychosociale, affective ou familiale qui le permette, ce qui est rare. C’est pourquoi notre culture pousse au mensonge et, par là, nous contraint à l’innovation, à la poésie, à l’œuvre d’art, au roman...

21 avril 2013

Coupe de la ligue Brandao notre collier d'immunité Victoire en finale

831828__637x0_1f9d958d12792b20b1cf93246417ba278_620_414_Apparu en 2011 dans Koh Lanta, le collier d’immunité s’est imposé rapidement comme l’un des nouveaux éléments stratégiques du jeu. Le candidat qui le trouve ne peut pas etre éliminé par les autres.

 Nous aussi à Saint-Etienne nous avons un collier d'immunité brandaesque. Brandao a soulevé deux fois le trophée avec l’OM en 2010 et en 2012.   

Une coupe c'est parfois la loterie ! Mais avec notre collier d'immunité brandaesque on peut faire basculer le sort !

brandao

 

 

Et...victoire en FINALE le 2O avril  1-O contre Rennes But de BRANDAO!

528419_597268066950012_177161877_n Buteur décisif de la finale de la Coupe de la Ligue remportée par les Verts, Brandao a été élu homme du match par les journalistes et a reçu son trophée des mains d’Olivier Berthe (président des Restos du Cœur). La saison passée déjà, le Brésilien avait inscrit le but de la victoire en finale de la Coupe de la Ligue. Pour Brandao, ce premier trophée d’homme du match s’ajoute à une 4e victoire consécutive dans la compétition, après le triplé réussi avec l’OM. En Coupe de la Ligue, Brandao reste invaincu et compte neuf buts en 13 rencontres!


 

6 avril 2013

Douda expose Isabelle Poli Galerie Reminiscences

005 IMG_1070 Il est fort Douda..Un artiste très pointilleux que j'ai rencontré lors du vernissage à la galerie Isabelle Poil (17 rue Pierre Bérard - 42000 St Etienne) Son univers rond, pop, coloré, le temps d'un retour vers le futur....Des "madeleines de Proust" qui font SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZZZZ !
 

 003 Sur son site Isabelle Poli  présente Douda.  C'est un Artiste stéphanois marqué très tôt par les expériences des pointillistes que sont Seurat et Signac puis plus près de nous, dans les années 60, inspiré par le travail d'artistes comme Alain Jacquet, Douda revisite la thématique du point en le considérant comme entité propre aussi bien qu'élément générateur d'un tout. Jouant sur la taille et sur la valeur chromatique de chaque pastille qu'il imprime sous plexiglas, il restitue des formes qui nous donnent plusieurs lectures.

 480261_318372468274872_1131087501_n Selon que l'on se trouve près de l'oeuvre ou qu'on s'en éloigne, qu'on la regarde de face ou de biais, les perceptions visuelles basculent et l'esprit peut s'arrêter librement à chacune d'entre elles. Tout aussi bien, il peut reconstituer par extrapolation des scènes figuratives quasi photographiques. Ainsi le travail de Douda oblige à suivre le cheminement bien connu du "visiteur de musée" qui s'approche de la toile à l'effleurer du visage, pour en apprécier le "détail" puis qui recule de quelques mètres pour en saisir toute l'ampleur. Le besoin de percevoir les formes invite le spectateur à "bouger".

 004 Avec Reminiscences il m'a dit vouloir faire renaitre de bons souvenirs de différentes époques. Regardez bien les points, ils ne sont pas de la même dimension et leur forme n'est pas régulière. Comme un souvenir confus qui ressurgit de lui-même ou que l'on fait remonter à la mémoire.

14 mars 2013

La slameuse TATA MILOUDA au Nouveau Théatre de Beaulieu de Saint-Etienne

tata_Milouda 028 C'était chouette une telle énergie, Tata Milouda est un vrai phénomène !
Jamel Debbouze et Grands Corps Malade l'ont repérée pendant une soirée slam au Café Culturel de Saint-denis et ont immédiatement eu un coup de cœur pour elle ! Le Nouveau Théâtre Beaulieu et la Médiathèque de Saint Etienne avaient le plaisir d’accueillir TATA MILOUDA pour une rencontre et représentation le Jeudi 21 Mars 2013.  017

  030 

 029La rencontre est lancée par  Nora KHENNOUF Conseillère Municipale et Farid Bouabdellah, Directeur Adjoint du Nouveau Théâtre Beaulieu. L'échange de Tata avec la salle est plein d'humour, de vitalité et d'émotions.

 Connaissez-vous l'histoire de Tata Milouda? Arrivée en France en 1999 après avoir quitté le Maroc . Illétrée, elle decide d'apprendre le français à l'age de 56 ans gràce à des cours d'alphabétisation donnés par des associations de quartier. Son cahier et son stylo vont devenir ses  armes pour se cultiver et s'émanciper. Milouda Chaqiq a appris le français grâce aux ateliers socio-linguistiques d’Epinay.

Elle va travailler son français, apprendre à lire, à écrire et remplir petit à petit  ses cahiers d'ecolier,  tout  en faisant des ménages. Un jour elle va rencontrer le Slam au Café culturel de St Denis et va tomber immédiatement amoureuse de cette discipline. Elle finit par mettre sa plume au service du Slam et ainsi raconter son histoire, son vécu, sa vie et surtout son desir de liberté.

 529518_478757428803012_2064291969_nRevanche sur la fatalité, elle reçoit à la mairie d'Epinay sur Seine, des mains même du prince du Slam, Grand corps malade, la médaille de l'Ordre des Chevaliers des Arts et des Lettres. 


Décoration de Tata Milouda par Grand corps... par LaurentJacqua

 

 

 

Le mot slam désigne en argot américain "la claque", "l'impact", terme emprunté à l’expression to slam a door qui signifie littéralement « claquer une porte ». Dans le cadre de la poésie orale et publique, il s’agit d’attraper l’auditeur par le col et de le  claquer  avec les mots, les images, pour le secouer, l’émouvoir.

Poésie vivante issue des performances des poètes de la Beat Generation (Kerouac, Ginsberg, Burroughs, Cassady), puis appropriée par les poètes de la rue, les rappeurs voulant sortir du cadre du Hip-Hop, il fut initié au début des années 1980 par Mark Smith, à Chicago, sous forme de lectures publiques, pour gagner en popularité et traverser l’Atlantique dans le milieu des années 1990. Le slam est un moment à l’occasion duquel on va dire de la poésie dans toutes ses formes : rimées ou pas, métrées ou pas, issues de n’importe quel courant poétique.


14 mars 2013

Inauguration de la Biennale du Design 2013 avec Aurélie Filippetti -- L’empathie ou l’expérience de l’autre

elsa_francesLa 8e Biennale Internationale Design Saint-Étienne se tient du 14 au 31 mars 2013. Le thème en sera:                                   "L’empathie ou l’expérience de l’autre".

 

 

 

Selon Elsa Francès, directrice de l’évènement (photo) on ne peut être designer si on n’est pas capable de se mettre à la place de l’autre. C’est le propre du designer de créer des objets socialement utiles. N'oublions pas les neurones miroirs! http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/neurones-miroirs-i-une-decouverte-48805

                                          
Biennale_du_design_2013_300x199 Face aux menaces écologiques et un renouveau économique attendu, philosophes, sociologues, intellectuels estiment aujourd’hui qu’il est urgent de repenser la société et de fonder un nouveau contrat social sur des bases plus respectueuses de la communauté humaine. La construction d’une société nouvelle basée sur l’empathie - mécanisme par lequel un individu peut éprouver les sentiments et les émotions d’autrui - est l’une des voies ouvertes par ces penseurs. Thématique de cette nouvelle édition de la Biennale Internationale Design Saint-Étienne 2013, L’empathie ou l’expérience de l’autre est à la fois l’ouverture d’une réflexion qui rassemble tous les champs de la société, mais elle est aussi très directement liée au design en tant qu’activité de conception. Qu’il s’agisse de se mettre à la place de l’usager pour comprendre et anticiper ses besoins ou de permettre et d’accompagner des formes nouvelles de lien social, l’empathie est au coeur de la discipline depuis ses origines. "À travers la 8e Biennale Internationale Design Saint-Étienne 2013, nous explorerons donc les différents enjeux portés par une société empathique et sa capacité à reconstruire le monde, ce qu’elle projette mais aussi des dérives dont elle est porteuse", écrit Elsa Francès, directrice et commissaire général de la Biennale.

 BFQJNEjCYAEAJruCette Biennale est inaugurée par la Ministre de la Culture, Aurélie Filippetti. La visite d'un ministre entraine toujours un cortège impressionnant de photographes ...

pC'était sympathique de revoir Madame Filipetti, que j'avais déjà croisé à Saint-Etienne lors de la campagne présidentielle de 2012.       


 

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10 mars 2013

Vernissage Une pièce de Vaclàv Havel au Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne

 vernissage Quelle surprise une pièce de théâtre au Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne. Avec la compagnie parisienne Le Tamanoir http://www.letamanoir.fr/spip/spip.php?article28

(Photo avec les 3 personnages Véra, Michaël et Ferdinand)

Lorsque le metteur en scène Adrien de Van découvre il y a quelques années les textes de vaclàv Havel, il est aussitôt "séduit par leur force comique et le témoignage qu'ils portaient sur ces heures sombres de l'Europe de l'Est". D'où cette envie mûrie de se saisir de cette pièce miniature pour trois comédiens. Ferdinand et Michaël ont autrefois milité ensemble. Depuis, Michaël s'est marié avec Véra et mène une vie épanouie : appartement soigné, bonne situation, enfant modèle, bonheur conjugual... Ferdinand, lui, écrivain censuré, garde encore les stigmates du passé. Pendant le dîner auquel il est convié par Véra et Michaël, ces deux derniers ne vont avoir de cesse de le convaincre de leur réussite et de son échec. Mais l'attitude impassible de Ferdinand va avoir l'effet d'un cataclysme pour le jeune couple et faire exploser toutes les barrières20130310_RDV_SPECTACLE_vernissage_vaclav_havel_535x124

 Ce couple qui dit avoir  "réussi" est figé dans des normes. Il semble avoir perdu toute authenticité.
Face à eux, Ferdinand ne peut que contempler la coupure entre sa vie et celle des autres, la solitude réservée par la majorité à ceux qui n’intègrent pas la société. Mais il est à sa façon un turlupin capable de faire exploser les certitudes du couple. En restant impassible il va les entrainer dans une surenchère délirante.                                                  logo6

                                           CRITIQUES PRESSE

"Un spectacle au dispositif scénique passionnant permettant une connivence entre les spectateurs conviés malgré eux à cet horrible dîner. Le public est agréablement terrifié et en ressort conquis. La mise en scène et la direction d’acteur d’Adrien de Van tient du génie." - Toutelaculture.com

"Le lieu insolite et la naturelle finesse des comédiens soulignent la qualité et l’actualité de ce texte rarement monté." Les Trois coups

"Vernissage est un chef d’œuvre d’humour." Télérama 


 

2 mars 2013

Laura Kibel fait des pieds et des mains

 011Avec l'équipe du petit journal du Festival des Arts burlesques de Saint-Etienne, j'ai rencontré une artiste italienne très surprenante. Le théâtre de pieds de Laura Kibel est un théâtre de marionnettes dans lequel les pantins sont extraordinairement vivants. Avec une souplesse déconcertante, elle utilise ses pieds, ses mains, ses genoux qu'elle habille en créatures fantastiques qui aiment, souffrent et font rire les spectateurs de tout âge. Dans des histoires courtes sans parole, les semelles des pieds deviennent des visages expressifs et un genou écorché devient un contremaître comique dans une série de drames ironiques, poétiques et irrévérencieux. Son nouveau spectacle, à travers plusieurs épisodes qui s'enchaînent sur un rythme effréné, fait revivre Charlie Chaplin, un orchestre de mariachis mexicains, le Boléro de Ravel, les différentes religions du monde, une geisha, l'univers de la corrida ou la fabuleuse histoire de Pinocchio. Ce théâtre visuel, sur fond de musiques expressives, permet aux marionnettes d'aborder des sujets tels que la stupidité, le jeu, la peur, la violence, la poésie, le pouvoir... avec humour et légèreté.
 002 Laura Kibel crée tous les éléments de la scène - le nez, les masques, les costumes et les accessoires. Elle collabore régulièrement avec les télévisions suisses et italiennes. Elle a également participé à l'émission de Patrick Sébastien, "le plus grand cabaret du monde", mais surtout elle tourne dans le monde entier avec chacun de ses spectacles.

7 mars 2013

Pep Bou réenchante le monde!

014 Enfant on a tous fait des bulles avec un peu de savon et de l'eau. Un souffle et l'enchantement était possible. Avec Peb Bou cela devient un art.

 Merci Pep pour ta volonté de réenchanter le monde! Avec ton armée de lumière tu casses la routine et tu nous dis que ce qui compte c'est la magie éphémère de l'instant. En effet selon le sociologue Max Weber le monde moderne est marqué par un processus de désenchantement. Le désenchantement du monde est le recul des croyances religieuses ou magiques comme mode d’explication des phénomènes, il s’accompagne d’une perte de sens du monde, dès lors qu’il peut être scientifiquement expliqué. En effet, si tout est explicable, on ne cherche plus le sens caché des choses. 

Tu avais toute ta place dans le cadre de la compétition du Festival des Arts Burlesques de Saint-Etienne !


 

pep

 

 

 

 

 

      EMS_2011_Pep_Bou_05 http://www.pepbou.com/                       

 

 


 

4 mars 2013

Jean-Pierre Pernaut Quand le net n'est pas net !!

perJ'ai conscience que mon article est un paradoxe, il est publié sur un blog et il évoque les dangers du Net. Mais la vie est ainsi! Selon Jean Pierre Pernaut: "Le développement d'Internet peut semer la zizanie dans la vie publique et privée. Avec la mise en ligne de phrases coupées ou sorties de leur contexte, de vidéo lancées juste pour faire mal et qui font le buzz. Du coup, ces fausses infos non vérifiées sont reprises en chœur par les réseaux sociaux. Ce phénomène de société est inquiétant. Autrefois, vous aviez les corbeaux dont la médisance ne dépassait pas le cadre des villages. Avec Internet, il n'y a plus de frontières. À mon sens, ce mode de communication est dangereux".

20185413Piège à Matignon, pièce co-écrite par Jean-Pierre Pernaut, son épouse Nathalie Marquay-Pernaut et le dramaturge Jean-Claude Islert raconte l'histoire suivante: un homme politique de renom, en lice pour Matignon, se fait piéger par un photographe à la sortie d'une soirée déguisée. La photo, aussitôt diffusée sur Internet, ruine tous ses espoirs de carrière.

vz_b10ff46f_8bf4_4757_b00e_8ca48c3333f7La pièce a été écrite en 2011, donc avant l'affaire Strauss-Kahn. Cette comédie burlesque (jouée justement lors du festival de Saint-Etienne) parle des ravages des rumeurs et des images volées qui font et défont les carrières de bien des personnalités. Les nouvelles technologies de l'information (internet, portable, réseaux sociaux) transforment la sphère de l'information et court circuitent les médias traditionnels ( tv, radio, presse). Au départ la pièce ne s'intitulait pas "Pièges à Matignon" mais "Magouilles.net". 

 sr J'ai bien aimé les deux seconds rôles de la pièce Marie-Laure Descoureaux et Sébastien Chartier.

http://www.sebastienchartier.com/accueil.cfm/371556_sebastien_chartier.html  http://www.cinefil.com/star/marie-laure-descoureaux-2

 

 013

24 janvier 2013

Lucile Haute et le toucher de l'avatar

avatarAvec Le Toucher de l’Avatar il s’agit d’éprouver et manifester le lien entre soi et son image, nos doubles numériques, nos avatars qui parfois se matérialisent. Après une immersion narcissique entre la plateforme Second Life et les studios de quelques photographes, Lucile Haute (http://lucilehaute.fr/) met à distance cette image. L’ambiguïté du « toucher » est mise en exergue : si l’impossibilité de rapport physique (et donc de toucher sensitif) est réparée, l’émotion ou le sentiment seront-ils présents ?  Plutôt que de copier un modèle, l'image le révèle, le crée. Que le modèle se place face à l'image et aussitôt, une fonction lui est assignée: incarner à son tour un inatteignable. L'avatar des espaces simulés vise aussi, à sa manière, l'actualisation d'un absent. Un lien se tisse du av2double photographique. La réversibilité de ces relations est l'objet du Toucher de l'Avatar.

L'exposition de Lucile Haute est présentée jusqu'au 2 février à la Serre (ancienne école des Beaux-Arts de Saint-Etienne)

318082_4903702724663_1388535125_nLucile Haute est plasticienne et performeuse. Elle est doctorante en Arts Plastiques (CIEREC) et chargée de cours en Arts Numériques, Pratiques Plastiques et Dessin. Elle rejoint en 2010 le groupe de recherche EnsadLab/EN-ER de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. Ses recherches portent sur la performance en environnement mixte, un champ d’étude courant de l’installation interactive au théâtre ou à la danse augmenté. Après quatre années en Arts Plastiques à l’université de Saint Étienne, elle complète son Master à l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne. Elle aborde la question du récit de soi, la production du sujet et de ses représentations à travers différents médiums. Il s’agit d’habiter différents dispositifs pour en éprouver l’autorité ou la plasticité. Sous la notion de téléperformance – soit, selon une définition factuelle : une performance faisant appel à des outils de télécommunication -, elle étudie et réalise des installations hybrides, ouvrant des passages entre, par exemple, une plateforme 3D temps réel et un espace tangible. Une réconciliation s’esquisse de la performance corporelle et d’un événement numérique. Le devenir des sujets habitant ces environnements mixtes reste à explorer.

 

le Toucher de l'Avatar - vernissage

24 juin 2016

Luis Fernandez Souvenirs du CARRE MAGIQUE

004Toujours aussi en forme Luis! Sur RMC comme sur le terrain...C'était sympa de le rencontrer. On a tant de souvenirs de son énergie déployée sur le terrain. Et n'oublions pas le fameux carré magique!!

Au début des années 80, Le carré magique en football, désigne le milieu de terrain à quatre techniciens, instauré par Michel Hidalgo dans les années 80. Il était composé de Michel Platini, Jean Tigana, Alain Giresse et Bernard Genghini, il a évolué par l'arrivée de Luis Fernandez à la place de Genghini, en effet Luis Fernandez, 23 ans, réussit à chiper la place de Bernard Genghini dans le quatuor . "Champions du monde des matchs amicaux", les Bleus ne parviennent pas à remporter un seul trophée avant l'arrivée du sélectionneur Michel Hidalgo (1976-1985).

lC'est lui qui trouve la formule magique en alignant, au milieu de terrain, quatre joueurs aussi techniques qu'offensifs. Lors de l'Euro 1984, le carré magique bis fait étalage de son talent. Lors de la phase de poule, l'équipe de France inscrit 9 buts en seulement 3 matchs.

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24 avril 2013

Marithé et François Girbaud Musée d’Art et d’Industrie de St-Etienne L’autre jean

jean_designMarithé et François Girbaud exposent au musée d'art et d'industrie de Saint-Etienne jusqu'en mai 2013 .l_autre_jean

Intitulée  « L’autre jean », l'expo retrace 40 ans de collaboration   entre industrie textile, technologies et créativité...Au fil de nombreuses salles, elle dévoile 40 années de leur travail. Aujourd’hui, les deux créateurs sont internationalement reconnus.Ce sont eux qui, dès les années 60, ont réinventé  le jean. Pourtant, ils ont tout réalisé de manière empirique.

 

 Lui est né à Mazamet dans une famille d’ouvriers textiles. Il travaillait le cuir. Il a rencontré Marithé en 64. Ils ont alors œuvré pour faire du jean un produit alliant technologie et créativité. http://www.girbaud.com/fr/

Dans cette belle expo on découvre leurs premiers procédés de délavage (au départ, le stone wash, par l’emploi de pierres ponces), puis les innovations technologiques qui ont marqué leur histoire : l’utilisation des fibres élastomères, le procédé « Blue eternal » pour rendre un jean indélavable ou, depuis 2003, le « Wattwash », à partir du laser.

Leur démarche a toujours lié créativité, industrialisation et jeu sur les matières. Mais surtout, elle est citoyenne. Ainsi, François Girbaud s’est-il exclamé : « Nous sommes des rebelles, pas des criminels ». En effet, conscients que leurs précédentes méthodes nuisaient à la qualité environnementale et « qu’ils sont responsables de toutes les rivières du monde », ils pensent « qu’on peut sauver l’eau avec le laser ». Un beau lien intergénérationnel avec la biennale dont le thème , en mars, sera « l’empathie ou l’expérience de l’autre ». L’autre jean, c’est quoi ? C’est avant tout « refuser les codes du jean traditionnel » selon François Girbaud. S’éloigner du schéma conventionnel du denim en employant « des matériaux improbables », ou en créant « des mélanges de vêtements » et de styles dans un même jeans. M+F Girbaud, c’est la réappropriation française du rêve américain.  

http://www.girbaud.com/girblog/             ll

 

 

 

422979_10152260187775055_632669378_nLautreJean_Affiche302891_10152260187395055_175195000_n552325_10152223420915055_362837773_n

154277_10152221403445055_1892088412_nMF_Girbaud_croquis L’apport considérable de ces designers avant l’heure (lire  historique de la marque Marithé + François Girbaud), aujourd’hui mondialement reconnu, est le fruit d’une remise en question permanente : « revenir sur l’idée, continuellement, réinventer », dans une démarche qui caractérise finalement tous les artistes.


Marithé & François Girbaud exposent plus de 40... par afp-mode

17 février 2012

Le conatus de Spinoza

Spinoza

Le conatus de l’individu humain, en tant que celui-ci connaît sa propre nature, se résume à cette seule formule: connaître et connaître pour connaître. Tel est le fondement de l’existence humaine selon Spinoza. Il doit nous permettre de réaliser notre nature même et nous permettre la joie, joie qui résulte de la réalisation de notre nature permise par la connaissance de cette nature. Parce que vivre est à soi-même sa propre fin et parce que la raison n’est pas autre chose que nous-mêmes, nous voulons persévérer dans notre être, ce qui revient à dire dans la pensée de Spinoza, connaître. Pour Spinoza, l’effort de comprendre n’est autre que le conatus parvenu à son plus haut degré d’efficience, le désir de connaître étant la vérité du désir d’être.

Toute chose qui existe effectivement ou « réellement et absolument » fait l'effort de persévérer dans son être ; Spinoza nomme conatus la puissance propre et singulière de tout « étant » à persévérer dans cet effort pour conserver et même augmenter, sa puissance d'être. Le conatus est un terme dont l'extension à tout étant-existant singulier est universelle et si, par restriction, on en limite seulement l'application à tout être « vivant » alors, il prend le nom, moins abstrait, d'« appétit » qui se manifeste nécessairement sous les deux manières d'êtres indissociables dont s'exprime l'être à la raison « commune » des hommes : la matière (en tant que puissance d'agir et donc de produire des effets) et l'esprit (en tant que puissance de penser).

« Chaque chose, autant qu'il est en elle, s'efforce de persévérer dans son être. »

— Éthique III, Proposition VI

« L'effort par lequel toute chose tend à persévérer dans son être n'est rien de plus que l'essence actuelle de cette chose. »

— Éthique III, Proposition VII

 

Le concept de conatus est lié, chez Spinoza au couple constitué de deux affects joie et tristesse. Tout « facteur » qui vient augmenter notre puissance d'exister, et donc favoriser notre conatus, provoque inévitablement en nous un affect de joie. Inversement, tout facteur réduisant notre puissance d'exister provoque immanquablement de la tristesse.

Comme l'écrit Spinoza dans Éthique III : « On ne désire pas une chose parce qu'elle est bonne, c'est parce que nous la désirons que nous la trouvons bonne ». C'est donc bien le désir qui produit les valeurs et non l'inverse.

 Le conatus est une stratégie dynamique qui dépend du degré d'activité : toute chose s'efforce de persévérer dans son être, c'est-à-dire dans la direction de l'affirmation de soi qui lui est propre, pour accroître sa puissance. Le conatuschez l'individu (et le conatus peut quasiment être identifié à un « principe d'individuation » et peut-être même de subjectivation) se traduit donc par l'activité, la recherche de ce qui va accroître sa puissance.

C'est là qu'interviennent les passions, actives ou passives, tristes ou joyeuses, soit la « tristesse » et la « joie ». Une passion joyeuse, comme une rencontre heureuse avec une chose (aliment) ou un être, va inciter à renouveler ce sentiment heureux, et va, par conséquent, avoir un rôle moteur chez l'individu : il devient dynamique, c'est la manifestation du conatus. Il va à présent rechercher des situations heureuses pour renouveler ce sentiment de puissance et en même temps, l'accroître.


Résumé de la partie III de l’Ethique – extrait de Steven Nadler

Ce qui est vrai de la volonté (et, bien sûr, de notre corps) est vrai de tous les phénomènes de notre vie psychologique. Spinoza croit que c’est là quelque chose qui n’a pas été suffisamment compris par les penseurs qui l’ont précédé et qui semblent avoir voulu placer l’être humain sur un piédestal à l’extérieur (ou au-dessus) de la nature.

« Ceux qui ont écrit sur les Affections et la conduite de la vie humaine semblent, pour la plupart, traiter non de choses naturelles qui suivent les lois communes de la Nature mais de choses qui sont hors de la Nature. En vérité, on dirait qu’ils conçoivent l’homme dans la Nature comme un empire dans un empire. Ils croient, en effet, que l’homme trouble l’ordre de la Nature plutôt qu’il ne le suit, qu’il a sur ses propres actions un pouvoir absolu et ne tire que de lui-même sa déterminations. » (Ethique III, préface).

Descartes, par exemple, croyait que, pour préserver la liberté de l’être humain, il fallait que l’âme échappât aux lois déterministes qui règlent l’univers matériel.

L’objectif de Spinoza dans ce qui constitue, dans la version publiée, les troisième et quatrième parties est, ainsi qu’il le dit dans la préface à la troisième partie, de rétablir l’être humain et sa vie affective et volitive à leur juste place dans la nature. Car rien n’est extérieur à la nature, pas même l’esprit humain.

« [La Nature] est toujours la même en effet; sa vertu et sa puissance d’agir est une et partout la même, c’est-à-dire les lois et règles de la Nature, conformément auxquelles tout arrive et passe d’une forme à une autre, sont partout et toujours les mêmes; par suite, la voie droite pour connaître la nature des choses, quelles qu’elles soient, doit être aussi une et la même; c’est toujours par le moyen des lois et règles universelles de la Nature. »

Nos affections – , colère, . envie, orgueil, jalousie, etc. – « suivent de la même nécessité et de la même vertu de la Nature que les autres choses singulières ». Spinoza explique donc ces – aussi déterminées dans leur occurrence que le sont un corps en mouvement ou les propriétés d’une figure mathématique – tout comme il expliquerait toute autre chose dans la nature. « Je traiterai donc de la nature des Affections et de leurs forces, du pouvoir de l’Âme sur elles, suivant la même Méthode que dans les parties précédentes de Dieu et de l’Âme, et je considérerai les actions et les appétits humains comme s’il était question de lignes, de surfaces et de solides. »

Nos se divisent en actions et en passions. Quand la cause d’un événement réside dans notre propre nature – plus particulièrement, notre connaissance ou nos idées adéquates – alors il s’agit d’un cas où l’esprit est actif. D’autre part, quand quelque chose arrive en nous dont la cause est extérieure à notre nature, alors nous sommes passifs. Habituellement ce qui se passe, aussi bien quand nous sommes actifs que quand nous sommes passifs, c’est un changement dans nos capacités mentales ou physiques, ce que Spinoza nomme « un accroissement ou une diminution de notre puissance d’agir » ou de notre « puissance à persévérer dans notre être ». Tous les êtres sont naturellement doués d’une telle puissance ou d’une telle propension. Ce , sorte d’inertie existentielle, constitue « l’essence » de tout être. « Chaque chose, autant qu’il est en elle, s’efforce de persévérer dans son être. » (III, 6). Un affect est tout simplement un changement dans cette puissance, pour le meilleur ou pour le pire. Les affects qui sont dits actions sont des changements dans cette puissance qui ont leur source (ou leur « cause adéquate ») dans notre nature seule ; les affects qui sont dits passions sont les changements de cette puissance qui viennent de l’extérieur.

Ce que nous devrions nous efforcer de faire, c’est de nous affranchir des passions – ou, cela n’étant guère possible, apprendre au moins à les modérer et à les restreindre – et devenir des êtres actifs et autonomes. Si nous parvenons à faire cela, alors nous serons « libres » dans la mesure où tout ce qui nous arrivera résultera non de nos relations aux choses qui nous sont extérieures, mais de notre propre nature (comme cela découle des attributs de Dieu, c’est-à-dire de la substance dont notre esprit et notre corps sont des modes, et comme cela est finalement et nécessairement déterminé par ces attributs). Nous serons alors véritablement libérés des pénibles hauts et bas affectifs de cette vie. Pour y parvenir il nous faut accroître notre connaissance, notre trésor d’idées adéquates et éliminer autant que faire se peut nos idées inadéquates qui ne viennent pas de la nature de notre âme seulement mais du fait qu’elle est une expression de la façon dont notre corps est affecté par d’autres corps. En d’autres termes, nous devons nous libérer de notre dépendance à l’égard des sens et de l’imagination, car une vie des sens et des images est une vie passive et conduite par les objets qui nous entourent, et nous devons nous fier autant que nous le pouvons à nos facultés rationnelles.

À cause de notre propension innée à persévérer dans notre être – ce qui, chez l’être humain, s’appelle « volonté » ou « appétit » – nous recherchons naturellement les choses qui, croyons-nous, nous profiteront en accroissant notre puissance d’agir et nous évitons ou fuyons les choses qui, croyons nous, nous nuiront en diminuant notre puissance d’agir. Cela fournit à Spinoza un fondement pour dresser un catalogue des passions humaines. Car les passions sont toutes fonction de la manière dont les choses extérieures affectent notre puissance et nos capacités. La , par exemple, est simplement le mouvement ou le passage vers une capacité plus grande d’action. « Par j’entendrai donc [ ... ] une passion par laquelle l’Âme passe à une perfection plus grande. » (III, 11 scolie) En tant que passion, la joie est toujours occasionnée par un objet extérieur. La , d’autre part, est le passage à un degré de perfection moindre, occasionné également par un objet extérieur. L’Amour est simplement la Joie qu’accompagne la conscience de la cause extérieure qui apporte le passage à une perfection plus grande. Nous aimons l’objet qui nous avantage et nous procure de la joie. La Haine n’est qu’une « qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure ». L’Espoir n’est qu’une « Joie inconstante née de l’image d’une chose future ou passée dont l’issue est tenue pour douteuse ». Nous espérons une chose dont la présence, encore incertaine, apportera de la joie. Nous craignons, par ailleurs, une chose dont la présence, également incertaine, apportera de la . Quand la chose dont l’issue était tenue pour douteuse devient certaine, l’espoir devient sécurité tandis que la crainte devient désespoir.

Toutes les émotions humaines, en tant que passions, sont constamment dirigées vers l’extérieur, vers des objets et vers leurs capacités à nous affecter d’une manière ou d’une autre. Mus par nos passions et nos désirs, nous recherchons ou fuyons les objets qui, croyons-nous, provoquent de la joie ou de la tristesse. « Tout ce que nous imaginons qui mène à la Joie, nous nous efforçons d’en procurer la venue; tout ce que nous imaginons qui lui est contraire ou mène li la Tristesse, nous nous efforçons de l’écarter ou de le détruire. » (III, 28). Nos espoirs et nos craintes fluctuent selon que nous considérons que les objets de nos désirs ou de nos aversions sont éloignés, proches, nécessaires, possibles ou improbables. Mais les objets de nos passions, parce qu’ils nous sont extérieurs, échappent complètement à notre contrôle. Aussi. plus nous nous laissons contrôler par eux, plus nous sommes soumis aux passions et moins nous sommes actifs et libres. Le résultat est une image plutôt désolante d’une vie embourbée dans les passions et poursuivant ou fuyant les objets changeants et éphémères qui les causent : « Nous sommes mus en beaucoup de manières par les causes extérieures, et, pareils aux vagues de la mer mues par des vents contraires, nous sommes ballottés, ignorant ce qui nous adviendra et quel sera noire destin. » (III, 59 scolie). Le titre de la quatrième partie de l’Éthique révèle avec une clarté parfaite le jugement que Spinoza porte sur une telle vie pour l’homme : « De la Servitude de l’homme, ou des Forces des Affects ». Il explique qu’il appelle « Servitude l’impuissance de l’homme à gouverner et réduire ses affects ; soumis aux affects, en effet, l’homme ne relève pas de lui-même, mais de la fortune, dont le pouvoir est tel sur lui que souvent il est contraint, voyant le meilleur, de faire le pire. » C’est, dit-il, une espèce de « maladie de l’âme » de ressentir un amour excessif pour une chose « soumise à de nombreux changements et que nous ne pouvons posséder entièrement » (V, 20 scolie).

Steven Nadler, Spinoza, Bayard, 2003, p. 281-284.


Résumé de la partie III de L’Ethique – extrait de Pierre-François Moreau

La troisième partie de l’Éthique est explicitement consacrée à la nature et à l’origine des . Ceux-ci sont de deux sortes : actions et . Les nous font ressentir impuissance et déchirement – c’est probablement là l’expérience fondamentale de ce que le spinozisme nomme la servitude. La recherche de la liberté consistera donc à découvrir les remèdes aux et la puissance de la Raison. On sait que Spinoza ne reprend pas à son compte l’opposition cartésienne par laquelle ce qui est passion dans le corps est action dans l’âme et réciproquement. Au contraire, selon le principe que les commentateurs appellent improprement parallélisme, et qui consiste en fait dans l’unité des attributs, donc aussi de l’âme et du corps, toute augmentation de la puissance d’agir du corps correspond à une augmentation de celle de l’âme : l’Ame et le corps sont actifs ensemble lorsqu’ils sont cause adéquate, passifs ensemble lorsqu’ils sont cause inadéquate. Le passage à l’activité implique donc une connaissance de la vie des affects, et c’est ici que Spinoza rencontre le discours commun des tel qu’il est tenu partout au XVIIe siècle – où presque tous les philosophes se doivent d’intégrer à leur doctrine une théorie des et où théologiens, politiques et théoriciens du théâtre les rejoignent sur ce terrain. Ce qui ne signifie nullement que Spinoza reprend ce discours commun sous la forme où tout le monde l’énonce. L’auteur de l’Éthique décrit les passions mais surtout il les reconstruit génétiquement. Cela implique non seulement qu’il les classe selon un ordre rationnel, mais d’abord que cet ordre est celui de leur production. Il doit donc, avant de parler de telle ou telle passion, mettre en évidence des mécanismes d’engendrement, c’est-à-dire d’abord montrer ce que sont les passions primitives, ensuite indiquer quels phénomènes les diversifient, les associent, les transforment. Les trois passions primitives, formes premières prises par l’effort pour persévérer dans son être et par les modifications de la puissance d’agir, sont le désir, la et la . Le désir, qui est tendance à persévérer dans son être ; la joie. qui est l’augmentation de notre puissance d’agir ; la , qui est la diminution de notre puissance d’agir. Quant aux transformations subies par ces passions primitives, elles rentrent dans deux grandes catégories : on pourrait dire que la vie humaine s’organise finalement selon deux sortes de passions – celles qui sont fondées sur les enchaînements objectaux et celles qui sont fondées sur la similitude, domaine où se développera l’ des affects. En effet, une première série de propositions explique comment se produit le mécanisme d’objectivation (III, 12, 13 et scolie : on passe de joie et tristesse à et : désormais les passions fondamentales se sont donné des objets: c’est à partir de la relation avec ceux-ci que vont se mettre en œuvre les autres mécanismes) ; puis sont analysés les mécanismes d’association (III, 14-17) et de temporalisation (III, 18, sur l’espoir et la crainte, qu’il faut compléter par la proposition 50 sur les présages) ; enfin les mécanismes d’identification (III, 19-24 : nous aimons ceux qui aiment la, chose que nous aimons, nous haïssons ceux qui la haïssent ; à partir de la proposition 22 le raisonnement fait intervenir un tiers qui n’est pas autrement déterminé). Mais, à partir de la proposition 27, on voit surgir un tout antre univers passionnel ; et autant Spinoza est classique, en un sens, tant qu’il s’occupe des relations objectales – quitte à les unifier et les recomposer, puisqu’il cherche à déchiffrer un petit nombre de tendances servant à elles seules à éclairer l’ensemble des comportements humains ; quitte aussi à renverser ou réélaborer certaines des relations traditionnelles – autant désormais il est révolutionnaire. Il s’agit maintenant de reconstruire toute une partie du comportement sur une propriété fondamentale qui n’a rien à voir avec l’objet : l’imitation des affects. Il décrit en effet des passions qui naissent en nous non pas à propos d’un objet externe, mais à partir de la conduite de quelque chose ou, plutôt, de quelqu’un d’autre à l’égard de cet objet ; et la racine de cette production est le fait que ce quelqu’un ou ce quelque chose nous ressemble. Nous avons donc une seconde série de passions qui constituent comme une sphère de la similitude. La proposition 27 introduit l’expression désormais principielle de « chose semblable à nous » – et, du coup, nous remarquons que dans tout ce qui précède jamais il n’avait été fait référence à l’homme – les objets de nos passions, comme nos rivaux ou nos  complices, étaient cités sur un registre général, sans mention de leur qualité d’hommes – les objets pouvaient être des choses inanimées, ou des bêtes, ou le pouvoir ou la gloire. Les tiers qui intervenaient auraient pu être des groupes ou des animaux. Les uns et les autres peuvent évidemment aussi être des hommes, mais cette qualité n’entrait pas en ligne de compte. Ici, au contraire, c’est bien de cela qu’il s’agit. Et Spinoza, qui ne définit jamais ce qu’est un homme, estime au contraire que nous reconnaissons spontanément ce qu’est cette « chose semblable à nous ».

La proposition 27 énonce : « Si nous imaginons qu’une chose semblable à nous et à l’égard de laquelle nous n’éprouvons d’affect d’aucune sorte éprouve quelque affect, nous éprouvons par cela même un affect semblable. » L’important est évidemment que rien ne vient ici prédéterminer l’affect. Suit une série de propositions qui tirent les conséquences logiques de cette efficacité de la similitude ; notons en particulier la proposition 31 qui marque les effets de renforcement ou d’affaiblissement des sentiments : si nous imaginons que quelqu’un aime ce que nous-même aimons, ou hait ce que nous-même haïssons, alors par ce fait même notre amour ou notre haine seront renforcés. Encore une fois il ne s’agit ni d’un calcul rationnel, ni d’une association comme celles qui sont repérées dans les propositions 14 et suivantes : le simple fait qu’une chose semblable à nous éprouve un sentiment (ou plutôt que nous nous représentions qu’elle l’éprouve) suffit à engendrer ce sentiment en nous – et, s’il existait déjà, à en augmenter la force, puisqu’à sa puissance originaire s’ajoute la puissance issue de la similitude ; au contraire, si nous imaginons que quelqu’un a en aversion ce que nous aimons, alors la puissance originaire entre en contradiction avec la puissance issue de la similitude ; aucun des deux affects ne suffit, toutes choses égales par ailleurs, à supprimer l’autre ; nous nous trouvons donc dans une phase de fluctuatio animi. Le corollaire et le scolie de cette proposition 31 indiquent le moyen par lequel nous nous efforçons dès lors de préserver la constance de nos sentiments : si nous sommes tellement influençables par les sentiments d’autrui, ou par l’opinion que nous en avons, le mieux alors serait une situation où autrui aurait d’emblée les mêmes sentiments que nous ; et si ce n’est pas le cas d’emblée, nous allons faire notre possible pour qu’il en soit ainsi ; donc cette caractéristique si cruciale pour la morale et la politique spinozistes (notamment en matière de religion) qui est que les hommes ont toujours le désir de voir vivre les autres selon leur propre ingenium, s’enracine bien dans cette « propriété de la nature humaine » qu’est l’imitatio affectuum. De même, la proposition 32 tire de la proposition 27 une conséquence qui montre les effets parfois néfastes de la psychologie de la similitude : si nous imaginons que quelqu’un (de semblable à nous) tire de la joie d’une chose, aussitôt, par imitation de son affect, nous aimerons cette chose, même si nous ne l’aimions pas antérieurement ; mais s’il s’agit d’une chose qu’un seul peut posséder, le même mouvement par lequel nous nous mettrons à l’aimer fait aussi que nous serons portés à en déposséder celui-là même à l’image duquel nous la désirons. D’où le scolie : par la même propriété de la nature humaine, nous sommes conduits à la commisération envers les malheureux (parce que spontanément nous partageons leur tristesse) et à la jalousie envers les heureux (parce que, comme on vient de le voir, nous ne pouvons partager complètement leur joie tant qu’ils en possèdent l’objet en exclusivité).

Ainsi, ce principe de similitude apparaît, en tant que règle générale de fonctionnement de la nature humaine, comme un facteur puissant d’explication des relations interindividuelles. Il nous fait passer d’un univers où nos passions se donnent des objets, à un monde où elles se compliquent de nos relations avec nos semblables. Une double règle génétique explique donc la psychologie spinoziste : le jeu des passions primitives et l’imitation des affects. Si la première dimension peut nous faire penser à Descartes ou à Hobbes, bien que la liste des affects soit différente, et la teneur des passions primitives modifiée, la seconde dimension suffit à séparer Spinoza des autres philosophes de l’époque. On peut donc mesurer son originalité à trois traits : l’explication par les causes qui considère l’objet comme secondaire par rapport à la force – on serait tenté de dire : l’énergie – de l’affect ; l’imitation des affects fondée sur la similitude ; enfin, une insistance particulière sur le fait que le mécanisme des affects nous est opaque nous-mêmes, y compris lorsque nous croyons maîtriser nos actions.

Pierre-François Moreau, Spinoza et le spinozisme, PUF, 2003, p. 80-84


 

Dieu n'est rien d'autre que le Tout, la Nature, c'est-à-dire l'univers : le spinozisme est un panthéisme. Cet univers est constitué d'individus : un individu est un rapport de mouvement et de repos (ex : un homme, une cellule, une étoile). Les individus sont imbriqués les uns dans les autres : un homme est un organisme constitué d'organes, eux-mêmes constitués de cellules, elles-mêmes constituées de molécules, elles-mêmes constituées d'atomes, etc. L'individu suprême, qui contient tous les autres, est Dieu, c'est-à-dire l'univers entier.

Cette substance unique a une infinité d'attributs (de dimensions), mais nous n'en connaissons que deux : l’étendue et la pensée. Ainsi, de même que l'homme a un corps et une âme, toute chose est à la fois matière et esprit. Le spinozisme est un animisme. Cela dit, l'esprit de chaque chose (son idée) varie considérablement selon la nature de la chose : il est d'autant plus élaboré que la chose peut agir et être affectée de multiples manières.

Le désir est l’essence de toute chose : toute chose s’efforce de persévérer dans son être. Le degré de puissance de tout être varie au gré des rencontres et des interactions avec les autres corps. Tout affect (sentiment) est une variation de puissance : si notre puissance s’accroît, nous ressentons plaisir et joie ; si elle diminue nous ressentons douleur et tristesse.

Le but de la vie est d’augmenter notre puissance pour ressentir joie, plaisir et bonheur. Cet objectif n’oppose pas les hommes mais devrait au contraire les réunir, car l’union fait la force, et rien n’est plus utile à un homme qu’un autre homme : l’homme est un Dieu pour l’homme.

Le but de l’éthique sera donc d’être toujours mû par des affects de joie plutôt que par des passions tristes (tristesse, haine, peur, etc.) : c’est possible par l’amour de Dieu, c’est-à-dire de la Nature, dont nous faisons tous partie et d’où nous tirons tout notre être et notre puissance. Au niveau politique, il s’agit de faire en sorte que les hommes obéissent aux lois par la raison et non par la peur de la punition (passion triste).

Selon Spinoza, tout est déterminé. L’homme ne se croit libre que parce qu’il ignore les causes qui le déterminent à désirer et à agir. La liberté n'est pas à chercher dans le libre arbitre (une telle liberté n’existe pas) mais dans l’obéissance à la raison.

Enfin, le mal n'est rien de positif, il n'est que faiblesse ou bêtise, c'est-à-dire un manque. De même, l'erreur est une idée incomplète et non une idée fausse à proprement parler.

Biographie

Baruch Spinoza (1632-1677) est un philosophe juif d’origine portugaise émigré aux Pays-Bas. Son panthéisme et sa philosophie entraîneront son excommunication de la communauté juive. Héritier de la révolution cartésienne (il est le contemporain de Descartes), il développe le cartésianisme et le transforme radicalement pour constituer une philosophie très cohérente qui associe le mathématisme (conception mathématique de la nature) et une éthique stoïcienne dans laquelle l’acceptation du destin prend la forme de l’amour de la Nature.

Dans ce qui suit, les références entre parenthèses renvoient toutes à l’Ethique de Spinoza.

Ontologie

La substance

Spinoza est panthéiste : Dieu, c’est le Tout, la Nature, l’Univers, la Substance. Cette Substance infinie est la seule chose qui existe, et tout ce qui existe – hommes, animaux, planètes – en fait partie, en est une partie.

Les attributs

Cette Substance a une infinité d’attributs, c’est-à-dire d’aspects sous lesquels on peut la percevoir. Toutefois, nous autres, êtres humains, ne percevons que deux de ces aspects : l’étendue et la pensée. Nous pouvons percevoir ou imaginer chaque chose dans l’espace, comme corps physique, ou alors la concevoir dans la pensée, comme simple idée abstraite. Par exemple, nous pouvons imaginer une pierre, c’est-à-dire nous la représenter dans l’espace, mais nous pouvons aussi la concevoir par la raison, comme une certain nombre d’atomes agencés d’une certaine manière.

Individu

Spinoza appelle individu chaque corps organisé. Un individu est donc un certain rapport de mouvement et de repos. (II, Définition centrale) L’individu reste le même aussi longtemps que ce rapport reste le même. Une cellule vivante, un organe, un organisme, une société organisée, un système solaire, constituent autant d’exemples d’individus. Un individu peut donc être constitué de plusieurs individus, et cet emboîtement peut aller à l’infini. La Nature entière est l’individu suprême, qui contient tout et ne change jamais (II, Lemme 7, scolie).

Conatus

Chaque chose s’efforce de persévérer dans son être (III, 6) et cet effort (conatus) est l’essence (la nature profonde, essentielle) de cette chose (III, 7). Chaque chose – pierre, grenouille, homme, planète – est essentiellement un effort, un désir : le désir de persévérer dans son être. Ce désir consiste à conserver le rapport de mouvement et de repos qui caractérise et constitue l’individu. Chaque chose est, au fond, une partie de la puissance de Dieu (c’est-à-dire de la Nature).

Chose et idée (corps et esprit)

A chaque chose correspond une idée. L’esprit de l’homme n’est rien d’autre que l’idée de son corps. De même pour chaque chose : l’esprit de la chose est l’idée de cette chose. Donc chaque chose a un esprit. On peut dire que Spinoza est animiste. Mais cet esprit est plus ou moins développé selon que le corps dont il est l’idée peut être affecté de manières plus ou moins nombreuses. Ainsi l’esprit de l’homme est plus riche que l’esprit d’une grenouille ou d’une pierre, car le corps humain est susceptible de réagir de très nombreuses manières (il ne faut jamais oublier que le corps inclut le cerveau). (II, 13, scolie)

Spinoza saisit les choses à partir de leur capacité d’être affectées plutôt qu’à partir de leur constitution interne. De ce point de vue baleines et dauphins sont à rattacher aux poissons plutôt qu’aux autres mammifères. De même, du point de vue de la capacité d’être affecté un cheval de trait ressemble plus à un bœuf qu’à un cheval de course.

L’esprit suprême est l’esprit de Dieu, c’est-à-dire de la Nature entière. Cet esprit contient les esprits de chaque être, il est la somme de tous ces esprits. L’esprit de chaque homme est une partie de l’esprit de Dieu (ou esprit du monde).

Connaissance

La conséquence de cette métaphysique en termes d’épistémologie est la suivante : une perception est une affection de notre corps par le monde extérieur. Par conséquent cette affection nous révèle autant, voire davantage, la nature de notre corps que la nature de la chose qui l’affecte. Par exemple, quand je perçois le soleil comme un disque jaune, je perçois en réalité une modification de mon œil ; cette image révèle davantage la nature de mon œil que celle du soleil. Par conséquent toute connaissance est subjective.

Mais on peut soustraire la partie subjective de la connaissance : il suffit pour cela de considérer les rapports entre les perceptions. En effet les différences et les similitudes entre les perceptions ne peuvent venir de mon corps, donc elles viennent des choses : elles sont purement objectives. Que l’herbe soit verte est une vérité subjective qui dépend de ma constitution, mais que l’herbe soit de la même couleur que les feuilles des arbres est une vérité objective qui révèle l’existence d’une propriété commune entre ces êtres. (II, 29, S)

Déterminisme et liberté

Le monde est déterminé. Tout dans la Nature se produit nécessairement. Il n’y a pas de liberté au sens du libre arbitre. Mais on peut être déterminé de deux manières : par soi-même, ou par autre chose. Spinoza appelle liberté le fait d’être déterminé par soi-même. (I, Définition 7) Seul Dieu est parfaitement libre en ce sens (tout en étant déterminé) : car toute partie est toujours déterminée par le monde extérieur.

Libération

Néanmoins l’homme peut être plus ou moins actif ou passif. Il peut accroître sa liberté, notamment par la compréhension. Quand nous comprenons ce qui nous arrive, cela cesse d’être une passion (passive) car nous ne nous y opposons plus (puisque nous en comprenons la nécessité). (V, 3)

Affections

Chaque chose est affectée par les autres choses. On parle d’affection. Par exemple, si je vois le soleil, cela me réchauffe : cela modifie mon corps. C’est une affection, une modification de mon corps.

Affects

Certaines affections ne modifient pas ma puissance. Ce sont les modifications insignifiantes de mon corps. Par exemple, si je croise dans la rue une personne qui m’est indifférente. (III, Postulat 1)

En revanche, certaines affections modifient ma puissance d’agir. Spinoza appelle affects ces affections particulières. (III, Définition 3) Par exemple, si je mange un mauvais champignon, cela produit en moi une affection qui diminue ma puissance d’agir (elle me donne mal au ventre, m’affaiblit, et peut même me tuer). Au contraire, si c’est un bon champignon, il me nourrit et me donne des forces (car je m’approprie son énergie par la digestion) : il accroît donc ma puissance.

Joie et tristesse

Ces variations de puissance que sont les affects se manifestent dans notre conscience par des sensations agréables ou désagréables. Il existe deux catégories d’affects : ceux qui expriment une augmentation de notre puissance, et ceux qui expriment une diminution de notre puissance. Les premiers sont ressentis agréablement, les seconds désagréablement. Spinoza parle d’affects de joie et d’affects de tristesse. La joie, le plaisir, l’amour, la gaieté, l’allégresse, sont autant d’affects joyeux qui révèlent un accroissement de notre puissance. A l’inverse, la tristesse, la souffrance, la colère, la haine, la pitié, expriment tous une diminution de notre puissance.

Passion et action

Il y a une autre distinction : celle qui oppose les passions aux actions. Certaines affections sont actives, d’autres sont passives, selon qu’elles sont causées par nous ou par le monde extérieur.

Toute action augmente nécessairement la puissance de l’être dont elle est l’action. En effet, chaque chose s’efforce de persévérer dans son être. La mort vient toujours de l’extérieur. Un être ne se nuit jamais à lui-même. Spinoza rejette radicalement l’idée d’une pulsion de mort (ce concept n’existe pas à son époque, il sera introduit par Nietzsche et le terme sera introduit par Freud).

En revanche, toute passion ne diminue pas nécessairement ma puissance. Si je suis dans un incendie, sur le point de mourir, et qu’une tornade arrive, me soulève dans les airs et me dépose en douceur dans un champ à dix kilomètres de là, c’est une passion, mais elle accroît ma puissance d’agir. De même, pour donner un exemple moins exotique, si quelqu’un m’aide, par exemple me soigne d’une maladie.

Ethique

A partir de cette ontologie, Spinoza élabore une éthique de la vie, de la puissance et de la joie. La beauté de l’éthique de Spinoza est qu’elle supprime toute tension entre soi et les autres, entre égoïsme et altruisme : l’égoïsme bien compris est naturellement altruiste, affirme Spinoza. Soyez égoïstes, mais soyez intelligents : alors vous serez en même temps altruistes.

Rechercher la joie et la puissance

Puisque l’essence de toute chose est de persévérer dans son être, cet objectif sera le but de l’éthique. Nous devons essayer d’accroître notre puissance, donc rechercher le plaisir et autres affects joyeux. Au contraire, il faut fuir toutes les passions tristes, si souvent érigées en vertus par le christianisme : la souffrance, la haine, et même l’humilité, la pitié, le repentir, n’ont rien de bon, puisque ce sont des tristesses, et doivent être évitées. Cette manière de voir les choses fait de Spinoza un révolutionnaire par rapport à la tradition morale européenne.

La raison

Mais comment faire, pour atteindre ce but, pour accroître notre puissance et expérimenter la joie ? Le seul moyen d’y parvenir est la raison. La raison, on l’a dit, permet de transformer toute passion en action.

L’amour de Dieu

La raison nous permet essentiellement de prendre conscience du fait que nous sommes une partie du Tout, un instrument dans la main de Dieu. Cette conscience nous permet de nous réjouir de cet Être infini, éternel et parfait dont nous émanons et dont nous tirons toute notre puissance. Dieu est l’idée par excellence d’une chose qui accroît notre puissance, et c’est pourquoi il est l’objet suprême de notre amour (rappelons la définition de l’amour : une joie, c’est-à-dire une augmentation de puissance, qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure). De plus, par la logique des passions, tout notre bonheur dépend de ce qui arrive à l’objet de notre amour. Si cet objet est à l’abri de tout accident, alors notre bonheur le sera aussi. Aimer Dieu, c’est-à-dire la Nature, est donc la clé d’un bonheur infini, éternel et parfait.

Le mal n’est rien de positif

A partir de cette idée que notre intérêt véritable n’est pas en contradiction avec celui d’autrui, Spinoza peut affirmer, comme Socrate, que nul n’est méchant volontairement, et même que le mal, comme l’erreur, n’est rien de positif : il ne provient pas d’une véritable méchanceté mais seulement d’une faiblesse, d’une impuissance. Si nous faisons parfois le mal c’est parce que nous ne sommes pas assez intelligents pour comprendre où se situe notre véritable intérêt. Il n’est jamais dans notre intérêt véritable d’être injuste envers autrui. Le mal procède d’une étroitesse de vue.

La société

Si nous utilisons la raison pour rechercher ce qui nous est véritablement utile (notre utile propre), nous nous rendrons compte que la chose qui nous est la plus utile, ce sont les autres hommes. L’homme raisonnable s’associe donc avec les autres pour constituer une société ou un Etat, avec des lois qui en assurent le bon fonctionnement. La société, si elle est rationnelle, visera à accroître la puissance et le bonheur de chacun. L’amour de Dieu prôné par Spinoza est lui-même éminemment social (et ne peut donner lieu à aucune guerre de religion) puisqu’il consiste en réalité à aimer le Tout, c’est-à-dire le monde entier.

L’éternité

Voici le point le plus difficile de toute la philosophie de Spinoza : l’éternité. Spinoza affirme que celui qui atteint cet amour de Dieu né de la connaissance adéquate du monde est éternel. Il s’explique en distinguant l’imagination de l’entendement : les idées qui naissent de l’imagination n’existent que dans la mesure où la chose considérée existe ; en revanche, les idées qui naissent du seul entendement sont indépendante de l’existence des choses et sont éternelles.

Voici un exemple pour illustrer cela. Je vois passer une bulle de savon dans le ciel de printemps. Si je m’en tiens à cette image, mon idée est périssable, car elle naît de l’existence de la bulle de savon. Quand la bulle de savon éclate, je ne la vois plus ; au mieux je m’en souviens, tant que mon cerveau conserve l’empreinte de cette image. Mais à ma mort, ce souvenir disparaîtra à jamais. Mais si la bulle de savon et l’image qu’elle provoque en moi sont périssables, en revanche l’idée de sphère et la loi qui explique la formation et l’existence de la bulle de savon sont, elles, éternelles. Si donc je parviens à connaître la bulle de savon par mon entendement plutôt que par mon imagination, l’idée qui se trouve alors dans mon esprit est une idée éternelle. Donc cette partie de mon esprit est éternel.

[L]a part éternelle de l’Esprit est l’entendement, seule partie par laquelle nous soyons actifs ; cette part dont nous avons montré au contraire qu’elle périt est l’imagination elle-même, seule partie de l’Esprit par laquelle nous soyons passifs.
Ethique, Partie V, Proposition 40, Corollaire

Conclusion

L’éthique consiste donc à cheminer, par la raison, vers la compréhension du monde et l’amour de la Nature entière. Ce chemin est difficile, reconnaît Spinoza. Mais les belles choses sont difficiles. L’Ethique se termine par cette phrase : « tout ce qui est précieux est aussi difficile que rare. »

1 octobre 2012

Michel Cymes-----Trickster le fripon--le turlupin

1Y7A3275 (2)

Michel Cymes le médecin présentateur de la 5 est un sacré turlupin. C'est le roi de la blague dans l'émission...Un sacré turlupin(exemple sur You tube--> http://www.youtube.com/watch?v=cLpQPIV7XsU)

C’est Paul Radin qui a rendu célébre le Trickster, (littéralement « farceur ») , petit personnage mythique présent dans toutes les cultures.

Le Trickster est par exemple l’équivalent du lutin dans la culture des indiens des amériques. Le trickster, « fripon divin », fait des tours pendables, possède une activité désordonnée incessante, une sexualité débordante, etc., il est selon Paul Radin (1956) un miroir de l’esprit, un « speculum mentis ». Ce qui donna lieu grâce à son co-travail avec Carl Gustav Jung au développement du concept d’enfant intérieur, mais aussi d’une pratique psychothérapeutique.

Le Trickster est à la base une divinité chaotique à la fois bonne et mauvaise, c’est une forme de médiateur entre le divin et l’homme. Il passe avec facilité d’autodérision au sérieux le plus total ; mourir, renaître, voyager dans l’au-delà et conter sont certains de ses attributs. Il est indispensable à la société : sans lui, elle serait sans âme.

Phallic_kokopelliLe Trickster est une sorte d’individualiste solitaire contemplant les institutions telles des entités étrangères. Ne laissant personne indifférent, l’humour est son arme de prédilection, même si celui-ci peut être cruel. L’anthropologie, nous révèlerait que « Nous avons tous un enfant en nous même » et que de nombreux peuples ont exprimé ce fait.

La perspective Jungienne, au travers de l’ouvrage « le fripon divin : le mythe indien », envisage l’existence d’un processus qui renvoie à un archétype présent, dans chaque être humain, quelle que soit sa culture. Cette universalité, se retrouverait, au travers du Fripon divin. Le fripon divin est la figure de la petite créature mythique des légendes mais plus encore il est aussi une composante de notre âme. Attention cependant la notion de Trickster et d’enfant divin ne se recouvrent que partiellement. Et d’une certaine manière le Trickster est le double, l’ambivalence, la part d’Ombre de l’enfant divin etc. : L’ombre et la lumiére en somme.

« L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais. »

« Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection mais de la plénitude. Sans imperfection, il n’y a ni progression, ni ascension. »

in C.G. Jung « L’Âme et la vie », LGF – Livre de Poche, 1995 (ISBN 2-253-06434-3). L’ouvrage L’Âme et la vie est constitué de textes essentiels de Carl Gustav Jung, réunis et présentés par Jolande Jacobi, introduits par Michel Cazenave

Paul Radin, co-auteur de l’ouvrage « Le mythe du Fripon » écrit :

Il n’est guère de mythe aussi répandu dans le monde entier que celui que l’on connaît sous le nom de « mythe du Fripon » dont nous nous occuperons ici. Il y a peu de mythes dont nous puissions affirmer avec autant d’assurance qu’ils appartiennent aux plus anciens modes d’expression de l’humanité ; peu d’autres mythes ont conservé leur contenu originel de façon aussi inchangée. (…) Il est manifeste que nous nous trouvons ici en présence d’une figure et d’un thème, ou de divers thèmes, doués d’un charme particulier et durable et qui exercent une force d’attraction peu ordinaire sur l’humanité depuis les débuts de la civilisation.

fripon_profil01_600Il s’agit d’un être fruste et rusé, plein d’innocence et de convoitise, qui enfreint toutes les règles, commet toutes les maladresses, déclenche toutes les catastrophes et tombe dans tous les pièges, y compris ceux qu’il a tendus lui-même. Le parcours du trickster est celui d’un apprentissage par l’absurde, en quelque sorte.

Comme Till l’espiègle, personnage de saltimbanque malicieux et farceur de la littérature populaire du Nord de l’Allemagne. (Son nom a la forme Till Eulenspiegel en allemand). Ce nom est à l’origine de l’adjectif espiègle : il fut emprunté en français dès le XVIe siècle sous la forme Till Ulespiegle qui donna lieu à toute une littérature.

Il peut passer une partie de son existence sous forme animale, ou encore le personnage peut être décomposé en plusieurs rôles dont certains sont tenus par des animaux comme la Corneille, le Renard, en Amérique le Coyote, etc…, qui ne sont pas sans faire penser à un recueil de récits médiévaux français des XIIe et XIIIe siècles ayant pour héros des animaux agissant comme des humains : Le Roman de Renart.

Le trickster est à vrai dire tellement divers, tellement polymorphe qu’il est parfois difficile de lui conserver une réelle individualité.

Prolongements inattendus

 

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Till Eulenspiegel

C’est au terme de cet apprentissage qu’il deviendra un être humain, ce qu’il n’était pas, ou pas toujours, au départ. Et cette dernière notion est importante car elle évoque une évolution, un passage à l’état d’adulte, à celui d’homme ou de femme mature.

Ce que précisément Carl Gustav Jung a découvert aussi dans son concept d’individuation.

Ces travaux autour du Trickster permirent à Carl Gustav Jung de développer le concept d’enfant intérieur, (enfant divin ou fripon divin), en apportant donc sa contribution à l’étude de la psychologie du fripon.

Cela eut aussi un développement a priori inattendu, celui de la notion d’enfant intérieur, utilisé en psychothérapie pour adulte. C’est-à-dire quand un homme ou une femme parvenus à ce que l’on nomme la seconde partie de la vie décident d’entreprendre un chemin de développement personnel.

Perspective de psychopathologie

Dans ses manifestations les plus évidentes, l’image du trickster est une représentation fidèle de la plus totale indifférenciation de la psyché humaine, à peine sortie du stade animal.

En psychopathologie, l’image du trickster se manifeste dans la psyché de la personnalité dissociée à l’intérieur de laquelle s’active une personnification collective de traits meilleurs ou pires que le moi.

Chez l’homme normal, la figure du trickster est représentée par des contre-tendances inconscientes apparaissant chaque fois que l’homme se sent à la merci d’incidents apparemment malveillants ; ce trait de caractère est l’ombre ; on explique que le mythe du trickster a été préservé et développé pour son effet thérapeutique : afin de lui rappeler son passé, le niveau primitif intellectuel et moral inférieur est maintenu face à la conscience de l’individu plus développé.

Le trickster est comparé à l’ombre individuelle : ils ont tous deux un but commun, la recherche du sens. Bien que l’ombre apparaisse négative, certains de ses traits ou associations peuvent parfois indiquer une résolution positive du conflit.

Références bibliograpiques

C.G. Jung « L’Âme et la vie », LGF – Livre de Poche, 1995 (ISBN 2-253-06434-3). L’ouvrage L’Âme et la vie est constitué de textes essentiels de Carl Gustav Jung, réunis et présentés par Jolande Jacobi, introduits par Michel Cazenave.

Radin, The Trickster: A Study in Native American Mythology, 1956 (ISBN 978-0805203516)

Carl Gustav Jung, Le Fripon divin : un mythe indien, ouvrage collectif avec Radin et Kerényi, éditions Librairie de l’Université, Georg et Cie, 1958.

9 décembre 2015

Michel TERESTCHENKO soyons altruiste !

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Une barbe de mousquetaire, un élégance flegmatique, on pourrait dire de Michel Terestchenko qu’Il n’y a point d’enfer dans le feu de sa forge, ni de fange dans l’eau de son moulin. Il prône la Bienveillance comme vertu humaine. Il note, combien le « dogme » de l’égoïsme entre en contradiction avec les conduites effectives de tas de bénévoles, donateurs anonymes etc.,

Dans Un si fragile vernis d'humanité, banalité du bien, banalité du mal Michel Tereschenko s'interroge, entre autres choses, sur la capacité qu'ont les hommes à se soumettre ou bien au contraire à se rebeller face à des ordres absurdes.

Ses analyses portent sur des situations critiques comme celle de la seconde guerre mondiale, ou encore comme l'expérience de Milgram. Pourquoi certains, sans être des sadiques et bien conscients des normes morales, acceptent-ils de torturer, de tuer lorsqu'un pouvoir le leur demande tandis que d'autres se rebellent face à de telles absurdités?

 

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Et Michel Terestchenko de revenir sur l’expérience de Stanley Milgram, par ailleurs relatée dans le film" I comme Icare". L’expérience, menée dans les années 70 aux Etats-Unis, faisait appel à des citoyens ordinaires. Ceux-ci acceptaient de contribuer au succès d’une expérience scientifique stipulant que la punition favorisait la capacité d’apprentissage. Ces anonymes faisaient passer des tests de mémoire à d’autres cobayes, attachés à une chaise électrifiée, et situés derrière une vitre. L’opération était encadré par des chercheurs en blouse blanche. A chaque mauvaise réponse, l’examinateur devait infliger au cobaye une décharge électrique, dont l’intensité devait être augmentée au fur et à mesure. En réalité, les rôles étaient inversés : les chercheurs étaient des acteurs, tout comme les victimes de choc électriques, qui, elles, mimaient la douleur. Les vrais cobayes étaient en fait les volontaires. Les résultats furent effarants. Selon les procédures choisies, entre 10 et 90 % des cobayes acceptèrent d’électrocuter leur semblable, par des chocs électriques s’étalant de 15 à 450 volts.

La psychologie des individus n’est pas à mettre en cause : la grande majorité n’obéissent pas par sadisme, mais simplement par esprit de soumission. Le facteur décisif c’est la présence d’une personne qui "fasse autorité" et qui détienne cette autorité : ici, les pseudos-chercheurs en blouses blanches. "On sait pourquoi les tiers obéissent à des ordres criminels. Par contre, on ne sait toujours pas pourquoi un tiers refuse." conclue Michel Terestchenko.

terestchenko

"De façon presque constante, les témoignages de l'enquête Oliner font état de l'affection qui liaient les sauveteurs à leurs parents et la nature de l'éducation non répressive et non autoritaire qu'ils avaient reçue, permettant ainsi l'émergence d'une personnalité libre et autonome, capable de faire des choix qui ne sont dictés ni par les normes sociales en vigueur ni par le besoin d'obtenir l'approbation d'autrui, capable également d'agir avec endurance et courage sans voir dans l'éventualité de l'échec (voire de sa propre mort) un obstacle dirimant." (Deux universitaires américains, Samuel et Pearl Oliner (The Altruistic Personality, 1992), ont enquêté de façon rigoureuse en interrogeant plus de 400 Justes, qui avaient sauvé des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Il était ressorti de cette enquête que toutes ces personnes avaient en commun le fait d'avoir reçu une éducation respectueuse, affectueuse, non autoritaire et non répressive)
Cette phrase extraite du livre de Michel Tereschenko nous a beaucoup donné à penser. Il semble que la "présence à soi" caractéristique des personnalités altruistes soit en partie liée à une éducation non autoritaire (ce qui ne signifie pas laxiste).
Tereschenko souligne aussi qu'une éducation fondée à l'inverse sur la sanction et la peur de la punition contribue à former des individus obéissants et vivant dans la crainte de déplaire au maître. La présence à soi est un sentiment absolument individuel et qui est composé tout à la fois de force de caractère, de sentiment de la justice et d’esprit de résistance, peut hisser l’individu à cette posture qui est respect de l’humanité en soi....


Le système scolaire en vigueur aujourd'hui en France aide-t-il ou au contraire empêche-t-il la formation de personnalités altruistes?

Dans quelle mesure la scolarité, la vie à l'école, au collège ou au lycée peut-elle favoriser la formation de personnes altruistes, confiantes en elles et non habitées par la peur? Comment envisager dans ce cas le rapport à l'étude, le rapport au savoir, le rapport au maître, à l'évaluation? Comment concevoir le rapport des élèves entre eux pour que la solidarité, la coopération et la démocratie ne soient pas de vains mots mais correspondent en effet à des pratiques?
Voici les questions auxquelles en tant que professeurs et éducateurs il nous incombe de refléchir. 

10 novembre 2015

Allons nous aimer le nouveau M?

  Ou étiez vous encore fourré ?
- Je profitais de ma mort. Double zéro sept au rapport madame.londres_099

 

Depuis SKYFALL elle n'est plus là, donc on ne la verra pas dans SPECTRE...Rendons donc hommage à Judi Dench qui a apporté une crédibilité et une sensibilité à un personnage qui marquera durablement la saga. (Après sa mort, elle est remplacée par Gareth Mallory,incarné à l'écran par Ralph Fiennes....)

Le personnage de M s’illustra surtout dans les 3 derniers films par la relation maternelle qui se met en place avec Bond. Elle était déjà devenue un personnage plus impliqué dans les aventures de l’agent, elle devient maintenant un être humain. On nous la montre à plusieurs reprise dans son appartement et dans son intimité (au lit, ou dans sa salle de bain). 

Skyfall

Elle devient une femme ostensiblement mariée, puis veuve.

Parallèlement, Bond se comporte vis à vis d’M, non comme un agent insouciant, mais comme un gamin perturbant. Les réunions avec M sont moins des briefings que des leçons de conduite. Bond ne rend d’ailleurs pas compte de ses missions, mais s’adresse personnellement à M.

Cette relation Mère-fils se consolide au fil des épisode, chaque final des film réunissant Bond et sa Mère devant une leçon de vie après avoir été séparés par les péripéties. Il est loin le temps où la patronne du Mi6 concluait le film en découvrant l’impertinent agent au lit avec l’espionne d’en face.

4 juin 2024

Chapitre 11: Quelles inégalités sont compatibles avec les différentes conceptions de la justice sociale?

PARTIE1: Définitions et mesures des inégalités.
1.1 Qu'est-ce-qu'une inégalité?


Il y a des inégalités quand les normes d'une société indiquent que des individus bénéficient d'avantages ou supportent des désavantages.

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Une différence devient une inégalité quand on peut hiérarchiser ce dont on parle. Exemple: j'ai un chien, cela devient une inégalité si c'est un signe de prestige d'avoir un chien.

Donc si l'accès à un chien est une ressource pour avoir du prestige, ne pas en avoir est une inégalité. (inégalité dans l'accès aux ressources)


Les inégalités économiques portent sur les revenus, le patrimoine entre catégories.
Les inégalités sociales, liées à l'appartenance à un groupe sont liées à la possession de ressources et à l'accès de pratiques comme le pouvoir, les diplômes ou certains loisirs.

Il faut donc se demander des inégalités de quoi?
exemple: la santé
des inégalités entre qui et qui?
exemple: entre hommes et femmes

                      Dans cette vidéo: l'obésité par PCS

Les inégalités sont multiformes et cumulatives. Cela veut dire que les inégalités peuvent s'entretenir les unes et les autres.
Exemple: Un problème de manque de diplôme--> risque de chômage -> problèmes de santé-> isolement social -> difficulté à retrouver un emploi.

Dans cette vidéo on classe les inégalités en AVOIR, SAVOIR, POUVOIR.

Inégalité dans les revenus   <---> inégalité de patrimoine <----> inégalité d'accès au diplôme 

 

-----> 
Encore pire: des personnes, des groupes peuvent avoir un traitement différent des autres. En raison d'un critère comme le sexe, l'origine, l'âge ils ne peuvent pas accéder à une ressource comme un emploi, un logement. Ce sont des discriminations. Elles vont renforcer les inégalités et provoquer leur cumul.

                                                Connaissez-vous les discriminations? (source)

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                                                       A noter:   

discriminations

      

Pour un oral de 5 minutes vous présenterez les différentes inégalités présentes dans ces extraits:

 

                                       

2. La mesure des inégaltés économiques:


Les outils statistiques les plus souvent utilisés:
1-Le rapport inter-quantiles, pour mesurer combien de fois les plus riches reçoivent ce dont les pauvres disposent en divisant la population en groupes de tailles égales.

Les 5-quantiles sont appelés quintiles ; Les 4-quantiles sont appelés quartiles. Les 10 quantiles ci-dessous sont les DECILES.

inter

 

  • le rapport des déciles D9/D1 met en évidence l'écart entre le haut (9e décile) et le bas de la distribution (1er décile) ;
  •  
  • le rapport D9/D5 compare le haut de la distribution à la valeur médiane ;
  • le rapport D5/D1 compare la médiane au bas de la distribution.


2-La courbe de Lorenz, représente graphiquement la répartition des richesses dans une population.

                                   

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3-Le coefficient de Gini

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Il indique par un nombre compris entre O et 1 si une richesse est plus moins également distribuée. 

0 = égalité parfaite entre tous les participants dans une population quelconque
1 = Une seule personne fait tous les revenus de la population

Le coefficient de Gini est en fait le résultat de l’équation suivante:

= Aire A / (Aire A + Aire B)

gini

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   EXERCICES DECILES cliquez!

 

Dernier outil: 


4-Le top 1%, montre si l'on découpe la population en 100 parts égales, la part la plus favorisé. Le top 1% qui détient le plus de revenu et patrimoine.             

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En 2017, 1 % des salariés du secteur privé percevait plus de 8 680 euros nets par mois (Insee).

Cela correspond à 7,5 fois le Smic.

Ce top 1 % comprend 163 000 salariés, avec majoritairement des hommes de plus de 50 ans et très souvent travaillant à Paris ou dans les Hauts-de-Seine, ils occupent principalement des postes de direction ou de cadres dans les entreprises et les banques. 

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On peut donc évaluer les inégalités à une date donnée (outils de mesure statiques), mais ils ne faut pas oublier d'évaluer les inégalités de façon dynamique quand elles se transmettent d'une génération à une autre. Par exemple avec la CORRELATION entre les REVENUS des PARENTS et des ENFANTS.

 

EXERCICE:  OLIVIER DASSAULT (cliquez) est mort le dimanche 7 mars 2021, à bord d'un hélicoptère qui s'est écrasé, peut-on dire que son parcours est lié à sa famille?                                                                      

1.3 L'évolution depuis le XXème siècle

Durant le XXème siècle, les inégalités économiques ont beaucoup régressé. Le % du revenu et du patrimoine détenu par les plus riches a constamment diminué jusqu'aux années 1980. Mais elle recommence à augmenter. 

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PARTIE2: Les différentes conceptions de la justice sociale.

L'égalité est une situation dans laquelle deux individus ou des groupes sont dans des positions identiques ou équivalentes.
Elle est multiforme:
-égalité de droit: tous les individus suivent les mêmes règles juridiques.
-égalité des chances: tous les individus peuvent accéder aux positions sociales les plus valorisées.
-égalité des situations: tous les individus disposent d'avantages économiques et sociaux identiques.


Tout le monde n'a pas la même façon de voir les inégalités.  


1 La conception utilitariste considère que ce qui est juste, est ce qui permet le bien-être du plus grand nombre de personnes, même si certains perdent en bien-être.
Selon Jeremy Bentham (1748-1832) chacun de nous cherche à diminuer sa soufffrance et à augmenter son bonheur. De même pour la société.
https://www.youtube.com/watch?v=XRk2VeL0icU


2 Le libertarisme est contre l'intervention de l'Etat (impôts), la justice c'est simplement l'égalité des droits. Il suffit alors que les individus agissent librement et profiter du résultat de leur travail.
Selon Hayek (1899-1992) est juste tout ce qui résulte des actions libres d'individus égaux en droit.


3 L'égalitarisme propose:

Quand il est strict une égalité des situations totale.
Quand il est libéral , selon John Rawls (1921-2002):

- Toute personne a droit à un grand ensemble de libertés compatible avec un ensemble semblable de libertés pour tous.
- Les inégalités éco et sociales doivent:
1. être au plus grand bénéfice des individus les moins avantagés.
2. être attachées à des fonctions accessibles par égalités des chances.

 

                                                      Pour résumer:

La justice sociale c'est donner plus à ceux qui en ont le plus besoin, donc partager les ressources de façon équitable.

Cependant :

L'utilitarisme considère qu'une société juste est celle qui maximise la satisfaction du plus grand nombre.
Le libertarisme considère que l'égalité des droits suffit à rendre une société juste avec des individus libres.
L'égalitarisme libéral vise l'égalité des chances, en tolérant des inégalités si leur suppression a pour effet de dégrader la situation des défavorisés.
L'égalitarisme strict vise la suppression totale des inégalités.


 

EXERCICE Afin de discuter de la pertinence des visions de la justice, l'économiste Amartya Sen propose d'utiliser la querelle entre 3 enfants au sujet d'une flûte. L’idée générale que cherche à développer Sen à travers l’exemple de la flûte est qu’il n’est pas facile de récuser d’emblée comme infondée l’une ou l’autre des revendications des enfants.

Qui est Sen? : Amartya Sen - Repenser l'inégalité

 Notez quelques notions de la vidéo:  

Après la présentation de SEN on peut voir l'exemple ci-dessous;

Sen

 

A qui attribueriez-vous la flûte? Pourquoi?
                      Enfant 1      Enfant 2   Enfant 3
                         Anne        Carla             Bob
Nombre d'élèves

 

 

  

                                                                       ANALYSE COURTE:

L'exemple que met en valeur Amartya Sen est intéressant parce qu'il montre que différentes logiques peuvent  donner un sentiment complètement différent de ce qui semble égal et qui ne l'est pas, de ce qui semble juste et injuste. Anne fait valoir au fond un principe utilitariste : il est plus utile à nos oreilles qu'Anne se mette à jouer de la flûte, les deux autres nous casseront à tous les coups les oreilles s'ils se mettent à jouer de cet instrument ! Bob fait valoir un principe d'égalitarisme social : il est juste d'aider ceux qui n'ont pas eu de chance dans l'existence, qui sont défavorisés par un système social inique. Enfin, Carla met en avant la valeur du travail et fait valoir que l'on a le droit de jouir des fruits de son travail (LIBERTARISME).


 

Exercice vidéo :Quelle théorie souhaitez vous utiliser face à la situation de Thierry? Analysez leur situation. Trouvez-vous que l'on peut parler d'une société injuste envers eux?

ORAL ENTRAINEMENT
Rédiger une petite argumentation
Concernant Elisabeth Vous direz si ses difficultés à obtenir la ressource logement traduit une société injuste ou non.

 

PARTIE3: Comment les pouvoirs publics peuvent-ils agir pour la justice sociale?

3.1 Par la redistribution :

3.1.1 LES PRELEVEMENTS OBLIGATOIRES:    

    En France c'est l'ensemble des impôts, taxes et cotisations sociales pour financer une politique de réduction des inégalités.

Ex: l'impôt sur le revenu, la TVA, l'impôt sur les sociétés, impôts locaux....

        Cotisations sociales sur les salaires.

 L'INTERVENTION des ADMINISTRATIONS PUBLIQUES REPOSE sur:

      l’administration centrale, avec les dépenses des ministères.

      l’administration locale, avec les dépenses des mairies, départements, régions.

      les caisses de sécurité sociale; avec le versement de prestations sociales. 

Leur fonction principale est de produire des biens et services non marchands ou d'effectuer des opérations de redistribution des richesses nationales et dont les ressources proviennent majoritairement de contributions obligatoires (impôts,taxes  et cotisations) versées par les ménages et, entreprises.

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La redistribution doit permettre la reduction des inégalités 

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3.1.2. Ne pas confondre redistribution verticale et horizontale

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La redistribution horizontale désigne les flux de transferts sociaux au bénéfice des ménages ou des individus victimes des risques sociaux.


 Les individus cotisent et peuvent recevoir des prestations liées à la maladie, la vieillesse, le chômage, la famille.

La redistribution verticale vise à corriger les inégalités au nom d’un principe de justice sociale. Avec des impôts progressifs par lesquels plus le revenu augmente et plus le tauxl de l’impôt progresse.

C’est aussi dans le cadre de cette redistribution verticale qu’existe une logique assistancielle : de nombreuses prestations ne nécessitent pas d’avoir cotisé auparavant. C’est le cas du RSA par exemple. 

Quel est le barème de l'impôt sur le revenu ? | Service-Public.fr__________________________________________________________________________________________________________

 

 Par exemple en 2016 la protection sociale visant la solidarité  représentait (714,5 milliards d'euros).

prestations_sociales

 

  •  

Dans cette vidéo on voit que Gaelle reçoit des aides sociales (min 15+ min 45)

 

 

3.2 La fourniture de services collectifs:
Ils sont financés par les prélèvements obligatoires et fournis gratuitement ou presque à tous (non rivalité et non exclusion).
On peut citer les transports collectifs, le système scolaire, les équipements scolaires et sportifs...

Par exemple les mairies ont en charge l'éclairage et leurs rues:

eclairage

 

 Comme contre exemple en Afrique au Libéria, l'Etat ne développe pas assez les routes. Quelles conséquences?

Les Routes de l'impossible - Liberia : Aux boues de l'enfer

 

 On comprend donc que sans une intervention de l'Etat, qui fait une redistribution des revenus et produit des biens et services publics; il est difficile de réduire les inégalités. Donc d'obtenir une société plus juste en redistribuant les richesses.

 

Mais il faut aussi une égalité des droits:

3.3 La lutte contre les discriminations:
L'Etat peut mettre en place des lois ou des mesures telles que des quotas.

EXEMPLE/ Sur le principe de discrimination positive :la loi du 11 février 2005 relatives aux personnes handicapées. Cette loi fixe des quotas obligatoires pour les employeurs et vise à favoriser l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap.

 

PARTIE 4: Les limites de l'intervention des pouvoirs publics.

4.1. Les problèmes de financement:
Avec la faible croissance économique et l'augmentation de la dette publique il est plus difficile pour l'Etat de financer ses actions.
De plus le vieillisement de la population entraine la hausse des dépenses de protection sociale.

La dette au sens de Maastricht, ou dette publique notifiée, couvre l'ensemble des administrations publiques au sens des comptes nationaux : l'État, les organismes divers d'administration centrale (ODAC), les administrations publiques locales et les administrations de sécurité sociale.

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 À la fin du troisième trimestre 2023, la dette publique au sens de Maastricht s’établit à 3 088,2 Md€, soit une augmentation de 41,3 Md€, après +34,5 Md€ au trimestre précédent. Exprimée en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), elle s’établit à 111,7 %. 

 

dette

 

 

« Un pognon de dingue » est une expression extraite d'une petite phrase prononcée par le président de la République française Emmanuel Macron au palais de l'Élysée le soir du 12 juin 2018,

« La politique sociale, regardez : on met un pognon de dingue dans des minima sociaux, les gens ils sont quand même pauvres. On n’en sort pas. Les gens qui naissent pauvres, ils restent pauvres. Ceux qui tombent pauvres, ils restent pauvres. On doit avoir un truc qui permette aux gens de s’en sortir. »

En Mars 2024 


4.2.Perte de légitimité de l'Etat:
L'intervention de l'Etat est parfois contestée dans la population, cela se traduit par des critiques et un moindre consentement à l'impôt.----------> contestation de l'impôt vu comme de + en + injuste et de - en - utile.

 

   Ce sondage pose des questions aux français sur leur perception des effets pervers du système de redistribution, c'est donc selon eux des effets négatifs non voulus mais provoqués:

 

 

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Les désincitations des individus à agir sous le poids de l'Etat sont qualifiées d'effets pervers. Pourquoi travailler plus si l'individu paye plus d'impôts? Cette logique d'économistes libéraux est basée sur la comparaison coût/avantage.

Pour les libéraux qui conteste l'intervention de l'état: la "trappe à pauvreté" est par des dispositifs d'assistance, qui enferment les gens dans le chômage et la pauvreté.  Avec cette théorie par exemple, une famille qui touche le RSA, l'allocation logement, etc., n'est pas incitée à prendre un emploi payé au SMIC. 

Mais considérer que les aides sociales démotivent de travailler abouti à un autre effet pervers: la stigmatisation des pauvres, comme dans l'émission La rue des allocs: 

Dans la même logique coût/avantage, trop d'impôts démotiverait de travailler plus. Cela expliquerait la stratégie de fuite devant l'impôt des plus riches avec l'évasion fiscale.

 

4.3. un manque d'efficacité de l'Etat:
Les inégalités entre régions, la pauvreté, la fracture numérique sont des exemples qui montrent que l'Etat est parfois inefficace.

 

En France, le seuil de pauvreté est de 965 euros ou de 1 158 euros par mois, selon qu’il est fixé à 50 % ou à 60 % du niveau de vie médian. Une personne est considérée comme pauvre lorsque ses revenus sont inférieurs à ces montants.

 

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La France compte 5,3 millions de pauvres si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian et 9,1 millions si l’on utilise le seuil de 60 %. 

Le taux de pauvreté remonte en France depuis le début des années 2000. En 15 ans (de 2004 à 2019) le taux de pauvreté a progressé de 7 % à 8,2 % au seuil situé à 50 % du niveau de vie médian, et de 12,7 % à 14,5 % au seuil à 60 %. 

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La crise financière de la fin des années 2000 marque une cassure. La montée du chômage touche les classes moyennes dont le niveau de vie ne progresse plus. La période 2008-2018 est marquée par une stagnation du niveau de vie médian. Faute de croissance, la France entre dans une période longue de stagnation. 

 

Selon les régions on remarques des écarts dans les taux de pauvreté

 

 

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                                             A RETENIR     

EGALITE/ INEGALITE/ DISCRIMINATION /   QUANTILES /DECILES/  COURBE DE LORENZ/ INDICE de GINI/  TOP 1%

/REVENU DISPONIBLE/ PATRIMOINE (somme des propriétés) / REVENU DU TRAVAIL (exemple: salaire)/ REVENU de la PROPRIETE '>ex louer son appartement/ REVENU DE TRANSFERT (ce que verse l'Etat)/ Revenu disponible= revenu du travail+revenu de la propriété+revenu de transfert- (impôts+cotisations sociales+taxes)

IMPôTS/ COTISATIONS SOCIALES/ Prélèvements obligatoires/ Budget de l'ETAT/ Déficit budgétaire/ Dette/ Consentement à l'impôt/

REDISTRIBUTION (l'Etat prélève pour redistribuer)/ seuil de pauvreté/

Les minimas sociaux ---> Ces prestations sont non contributives, c'est-à-dire versées sans contrepartie de cotisations. -->Le revenu de solidarité active (RSA), l'allocation aux adultes handicapés (AAH), l'allocation spécifique de solidarité (ASS) et l'allocation spécifique aux personnes âgées (Aspa) 

UTILITARISME/ LIBERTARISME/ EGALITARISME

 

 

Exercice final: En utilisant les notions du cours vous décrirez la situation de Christophe et Alexa à Marseille. 

Minutes 22  57 1H14  1H28

 

Ce document vidéo repose sur le témoignage d'un ménage, il est impossible de faire une représentation de la courbe de Lorenz et de calculer l'indice de Gini pour mesurer les inégalités à Marseille.

Christophe, Alexa et leur petit garçon Océan viennent s'installer à Marseille. Le couple n'a qu'un seul revenu du travail: Christophe est smicard avec 1200 euros (SMIC net après cotisations sociales).

C'est donc leur revenu disponible, ils n'ont aucun patrimoine ni aide de l'Etat. (ils espèrent obtenir l'Aide Personnalisée au Logement).

En vivant à trois sur ce seul salaire ils sont donc sous le seuil de pauvreté. Il sont  dans le décile des 10% les plus pauvres et pas dans le top 1% qu'on peut peut-être trouver dans une grande villa avec piscine de Marseille ou de la région.

Le couple vit dans la précarité depuis des années.

En achetant des aliments ils payent la TVA. Difficile pour eux de trouver une location à + de 500 euros par mois (revenu de la propriété pour le propriétaire de l'appartement). Le couple trouve injuste que les propriétaires imposent des loyers si élevés. Ils se sentent stigmatisés par leur niveau de vie précaire.

On le sait L'Etat avec le budget (en déficit et avec des dettes) des ministères, des collectivités locales et de la sécurité sociale, prélève sur les français pour lutter contre les inégalités et les imprévus de la vie. Il redistribue, il assure le service public mais il est impossible d'obtenir une égalité parfaite entre les ménages au niveau de leur revenu et  patrimoine.

Un penseur utilitariste dirait que la situation difficile de Christophe ne traduit pas une société injuste car l'essentiel est que la majorité de la population ne souffre pas. Cependant on sait que la pauvreté est très présente à Marseille, de vieux immeubles du centre se sont effondrés il y a quelques mois. Les quartiers nord doivent aussi être réhabilités. A Marseille, 200.000 personnes sont considérés comme pauvres. Un égalitariste ne peut supporter ces chiffres.

Un libertariste dirait que les propriétaires ont le droit de louer à des prix élevés et qu'ils n'ont pas à se soucier des locataires qui sont libres de refuser.

Christophe et sa famille vont quitter Marseille. On peut se demander si Christophe en souffrant de sa situation ne va plus consentir à l'impôt. Il a peut-être quelques mois plus tard rejoint les gilets jaunes pour contester les taxes sur le carburant et les inégalités de niveau de vie.

3 avril 2024

Arnaud Montebourg le démondialisateur

Avec ce nouveau selfie nous avons capturé dans les tentacules de notre blog La Stratégie Du Poulpe  le « DÉMONDIALISATEUR » Arnaud Montebourg,  fidèle à ses idées de démondialisation. 
Selon ses dires, la crise climatique ne peut qu’aboutir à sa véritable décroissance, signalant par là même l’avènement d’un Nouveau Monde. Ce « rétrécissement du monde » pour le citer est absolument irrésistible, les trente années d’internationalisation à tout crin ne vont plus dans le sens de l’histoire. Circuit court, réindustrialisation, reconstruction doivent être les nouvelles priorités. Cohérent dans sa démarche, il s’applique à lui-même ce discours de par ses choix entrepreneuriaux.
L’ancien ministre a commencé par une initiative qui ne pouvait que séduire, l’apiculture et les abeilles, dont la survie est en jeu. Et pour être parfaitement clair, il a dénommé son entreprise Bleu, Blanc, Ruche, une autre façon de mettre en avant ses idées, comme lorsqu’il avait porté sa fameuse marinière. Avec une autre de ses initiatives, la naissance de la marque « La Mémère » pour des glaces naturelles et biologiques, l’idée mise en avant est de privilégier le circuit court, voire ultra-court.

Avec la Compagnie des Amandes et son offre écoresponsable et équitable, le nouvel entrepreneur poursuit en s’associant avec des agriculteurs qui restent propriétaires des terrains dans le but commun de parvenir à recréer une filière de l’amande française. Il ne s’agit pas de ses uniques initiatives, la dernière porte d’ailleurs sur un autre terrain que l’alimentaire.

Ferromobile est son dernier coup de coeur. Imaginez un véhicule électrique de série placé sur rail, une innovation dans laquelle a investi Arnaud Montebourg. Il s’agit de trouver une solution pour transporter les citoyens sur les petites lignes TER qui ne trouvent plus leur public.
Cette sorte de taxi ferroviaire est appuyé par des partenaires tels que Stellantis ou Alsthom. Un test doit intervenir dans le Sud-Ouest.

 BIOGRAPHIEBBIOGRAPHIE

BIOGRAPHIE

Arnaud Montebourg, né à Clamecy dans la Nièvre le 30 octobre 1962, est le fils d’un fonctionnaire des impôts et d’une professeure d’espagnol. Après son baccalauréat, il s’inscrit en fac de droit à Dijon (1980). C’est à la même époque qu’il adhère au Parti Socialiste.

Il continue ses études à la Sorbonne puis à Sciences Po Paris. Il passe également le concours pour entrer à l’ENA, mais est recalé. Il débute une carrière en tant qu’avocat et plaide dans plusieurs affaires médiatiques. Mais c'est la politique qui l’attire et il entame sa carrière en étant élu député de Saône-et-Loire en 1997, siège qu’il occupe jusqu’en 2012. Parallèlement, il est nommé premier secrétaire de la fédération départementale de Saône-et-Loire du PS.

En 2006, il soutient Ségolène Royal dans sa candidature à l’élection présidentielle de 2007 et devient son porte-parole. Après la défaite des socialistes, il se représente aux législatives et est réélu. À la même période, il devient premier vice-président du groupe PS à l’assemblée. Continuant son ascension, il est est nommé président du conseil général de Saône-et-Loire (2008–2012). Lors des primaires socialistes de 2011, il réalise une percée en arrivant en troisième position et par la suite va soutenir François Hollande lors de sa campagne.

Après l’élection de ce dernier, Arnaud Montebourg rejoint le gouvernement comme ministre du Redressement productif. Suite à cette nomination il démissionne de son poste de Président du conseil régional. Puis, deux ans plus tard, lors de la réorganisation ministérielle, il se voit confier le portefeuille de l’Economie, du Redressement productif et du Numérique. Mais n’étant plus en accord avec la politique du gouvernement, Arnaud Montebourg remet sa démission à Manuel Valls et quitte ses fonctions en août 2014.

Après son départ, il suit une formation de 4 semaines, fonde son entreprise Les Equipes du Made in France (2015). En mars 2015 il rejoint le conseil de surveillance de la société Habitat. Mais petit à petit il revient à la vie politique avant d’annoncer en août 2016, sa candidature à la primaire de gauche en vue des élections présidentielles de mai 2017.

Le 19 janvier 2022, il annonce qu'il se retire de la présidentielle de 2022.

3 mars 2024

Durkheim et la série Un si grand soleil

La série de France 2 repose sur une multitude de personnages qui ont des rôles sociaux.
Par exemple j'avais réalisé cette photo avec Nadia Fossier qui joue Alix et Bibi Tanga pour le rôle d'Hugo Touré.
La première gère un galerie d'art à Montpellier et le second un médecin légiste.
Selon Emile Durkheim la solidarité  correspond aux liens invisibles qui relient les individus entre eux et qui font que la société « tient » : la solidarité est le « ciment » de la société. Elle peut prendre deux formes celle fondée sur la similitude des comportements des individus et des valeurs de la société (c’est la solidarité mécanique) et celle fondée sur la complémentarité des activités et des fonctions des individus (c’est la solidarité organique).


Dans les sociétés modernes la solidarité organique, est une cohésion sociale fondée sur la complémentarité des activités et des fonctions des individus. La cohésion sociale repose donc sur la coopération nécessaire entre individus ; la spécialisation fait que chacun a besoin des autres ce qui se traduit par un système de droits et d’obligations les uns vis-à-vis des autres. C’est la cohésion qui devrait exister dans des sociétés dans lesquelles la division du travail est très importante (très grande diversité des fonctions exercées par les individus) c’est-à-dire dans les sociétés développées. La conscience individuelle peut donc s’exprimer.
 Par conséquent ce qui fait la cohésion de la société n’est plus le partage de valeurs communes mais la coopération de nombreux individus différents mais utiles les uns pour les autres.


Si la division du travail s’accompagne d’une interdépendance accrue entre individus et donc de plus de coopération, elle s’accompagne aussi d’une plus grande diversité des situations au sein de la société. Or, cette diversité peut être source de problèmes divers : développement de l’individualisme et donc absence de valeurs communes, hiérarchie sociale pas forcément acceptée, etc. Ce sont les fondements de la cohésion sociale qui peuvent être altérés et conduire au développement de l’anomie (perte de repères).
Ainsi l'enjeu de la série sera de voir si les personnages coopèrent où non, ce qui sera la clé de multiples intrigues de scénario. 

 

9 février 2026

PARTIE 2 Les causes du chômage

CHAPITRE 3 Comment lutter contre le chômage (suite) 

PARTIE 2 Les causes du chômage

Nous allons distinguer un chômage lié à la conjoncture économique et un chômage lié aux structures du marché du travail. 


2.1 Les fluctuations de l'activité économique et le chômage conjoncturel
Le PIB peut augmenter ou baisser à court terme, ce sont des fluctuations qui peuvent expliquer le chômage conjoncturel. 

 

Selon l'économiste Keynes (1883-1946), le chômage est involontaire, il vient de l'insuffisance de la DEMANDE GLOBALE. Durant la crise de 1929 il est l'adversaire des économistes libéraux qui eux préfèrent laisser fonctionner la loi de l'offre et de la demande sur les marchés.  


Selon Keynes si les entreprises anticipent une faible demande en consommation et en investissement, elles fixent un faible niveau de production ce qui réduit le niveau d'emploi et augmente le chômage. Il y a donc une relation entre emploi, chômage et fluctuations de la croissance.

Vidéo Keynes De la crise de 1929 à celle de 2008

minute 24-->38


Baisse de la demande anticipée- > baisse de la production->baisse de l'emploi->hausse du chômage. 
Hausse de la demande anticipée->hausse de la production->hausse de l'emploi->baisse du chômage. Dans ce cadre la hausse des salaires n'est pas l'ennemi de l'emploi car elle permet la hausse de la consommation.  

            A illustrer par les statistiques!

Relever Tx croissance PIB en 2011 2014 2017

             Tx de chômage 

Peut-on parler d'une corrélation entre les 2 variables?
___

Selon Arthur Okun (1962), une hausse de 3 % de la production aux Etats-Unis est associée à une baisse du taux de chômage américain d’un point de pourcentage. Toutefois, il ne suffit pas que le PIB augmente pour que le chômage diminue : ce n’est qu’à partir d’un certain taux de croissance que le chômage diminue ; en-deçà, le chômage peut augmenter, et ce même si la croissance est positive.

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Cependant on peut nuancer le lien croissance->emploi, en effet nous allons voir que des rigidités sur le marché du travail peuvent inciter les entrepreneurs à valoriser la productivité plutôt que l'embauche. Ce qui provoque du chômage structurel.


2.2 Les causes du chômage structurel

Nous allons voir tous les problèmes structurels du marché du travail qui selon certains économistes favorise le chômage.

2.2.1 Un coût salarial trop élevé peut favoriser le chômage structurel 

A) Le chômage classique des libéraux

Pour les économistes libéraux adversaire de Keynes on parle de chômage classique pour qualifier le chômage lié au coût du travail trop élevé. Ils considèrent que le marché du travail doit fonctionner selon la loi de l’offre et de la demande avec des offreurs et demandeurs très nombreux donc en concurrence.

Les offreurs de travail sont les individus, les demandeurs les entreprises, la marchandise le travail et son prix le salaire. Offreurs et demandeurs sont rationnels ils cherchent à minimiser leur coût et maximiser leur avantage

VIDEO 

 

Selon la vision libérale quand l’offre est supérieure à la demande le prix du travail doit baisser jusqu’à O=D.

Si un offreur refuse de travailler avec ce salaire plus bas c’est qu’il préfère le temps libre, il y a donc un chômage volontaire. 

Dans cette logique un salaire minimum est une institution (lois, règles et normes pour protéger le salarié) qui empêche le libre fonctionnement du marché .

L'offre augmente tant que salaire est > au coût de la perte de loisir. 

La demande augmente tant que coût salarial < à la productivité du salarié. 

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Rappel sur le SMIC

SMIC horaire brut en décembre 2025 :11,88 € brut par heure                                                                 (Net 9,40 € )

SMIC mensuel brut en décembre 2025 ; 1 801,80 € brut                                                                         ( Net 1 426,30 €)

Ces montants correspondent au SMIC en vigueur avant la revalorisation du 1er janvier 2026, qui le fait passer à 12,02 €/h et 1 823,03 €/mois    

 35 heures hebdomadaires, soit 151,67 heures

QUEL OBJECTIF cité dans la vidéo ne prennent pas en compte les libéraux?  -> 

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Bilan: Le chômage classique est l'augmentation du taux de chômage résultant d'un déséquilibre sur le marché du travail. Il se produit lorsque l'offre est supérieure à la demande à cause des salaires trop élevés. Avec des offreurs et demandeurs rationnels. 

Le coût du travail (salaire, cotisations sociales) est donc vu comme un obstacle à l’embauche de la part des entreprises qui souhaitent maintenir leur profit. Elles peuvent donc substituer du capital au travail ou renoncer à embaucher. 

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EXERCICE  Comparaison du coût du travail en 2012

                  Notons le + haut et le + bas

En 2012 le salaire horaire brut du Danemark est de 36 euros contre 1O euros au Portugal.

Le coût salarial global qui prend en compte les cotisations du patron pour le salarié est de 12,5 au Portugal et 42 au Danemark.

Dans une logique LIBERALE on peut se demander si le coût du travail moins élevé au Portugal entraine un taux de chômage portugais plus bas que celui du Danemark?

Notons le taux de chômage dans les 2 pays en 2012

 

Le lien n'est pas confirmé: rédigez la phrase.

EN 2012...

 

Ensuite: Notez taux de croissance du Danemark et Portugal en 2012 

 

Donc pour ce cas la théorie keynésienne est plus utile que la théorie libérale. Rédigez la phrase explicative...

 

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EXERCICE: ​​​​;portraits de quatre chômeurs âgés de 45 à 60 ans-> Georges, Danielle, Jacques, Igor...Ces cas sont-ils liés au chômage classique? Justifiez votre réponse.

 B) Le problème du salaire d’efficience

La détermination d'un salaire d'équilibre sur le marché comme le souhaite les libéraux est remise en cause par l ’asymétrie d’information entre employeur et travailleur.

 L’employeur n’a pas toutes les informations sur le candidat et le salarié (compétence, motivation, productivité).

Cela peut inciter les entreprises à proposer un salaire d’efficience supérieur au salaire d’équilibre sur le marché du travail.

En le payant davantage :

-Cela  évite l'antisélection, c’est-à-dire les mauvais recrutements en attirant les meilleurs candidats

-Cela évite l’aléa moral, c’est-à-dire les démissions et les salariés tire-au-flanc qui flânent dans l’entreprise.

Exemple En 1914, Ford introduisit une autre innovation : le salaire journalier à 5 dollars. Pourquoi? 

 

 Ford cherchait à lutter contre l’aléa moral en motivant ses salariés à rester productifs grâce à un salaire élevé. l'absentéisme diminua et la productivité augmenta. 

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Pourquoi ce salaire d’efficience a des effets sur le niveau du chômage ?

UN EXEMPLE d'EC1 au bac 

 

 

 

Le salaire d’efficience favorise de meilleurs appariements (adéquations) entre l’offre et la demande, les ruptures de contrats pour mauvais appariements sont donc moins fréquentes, ce qui entraine moins de chômage. 

Cependant, en fixant les salaires au-dessus du salaire d’équilibre, les employeurs génèrent un déséquilibre entre l’offre et la demande. En effet, des salaires attractifs augmentent l’offre de travail relativement à la demande, ce qui peut créer du chômage. 0>D

Et les salariés vus comme moins compétents ne sont pas recrutés alors qu'il étaient motivés pour travailler au salaire d'équilibre qui est + bas que le salaire d'efficience. Ils restent donc au chômage. 

Enfin cela augmentent les coûts des entreprises qui risque de limiter le nombre de recrutements. Donc moins de créations d'emplois =  + de chômage. 


2.2.2 Les  règles de protection de l'emploi et le chômage structurel 

Les règles de protection de l’emploi peuvent être favorables à l’emploi dans la mesure où les entreprises ne sont pas incitées à licencier.

Mais selon les économistes libéraux le chômage est favorisé par la rigidité du marché du travail. La loi de l’offre et de la demande est freinée par les institutions. Donc des règles sur les contrats de travail en lien avec les conditions d’embauche et de licenciements .

Par exemple faute de pouvoir licencier librement ou d’embaucher avec des contrats plus souples les entreprises auraient peur d’embaucher. 

Sur cette question un exemple de  2 analyses opposées: le premier ministre Edouard Philippe en 2017 et  l'économiste 

 

 
2.2.3 Les problèmes d'appariements, source de chômage structurel 

Les problèmes d’appariement empêchent l’adéquation, temporaire ou durable de l’offre et de la demande de travail. Ils ont trois origines :

A) les inadéquations spatiales

La répartition des demandeurs et des offreurs d’emplois n’est pas égale dans toutes les régions. Les régions sont plus ou moins dynamiques du point de vue de la production et de la création d’emplois.

EXERCICE: Comparer les statistiques des 2 régions entourées

En 2022 le taux de chômage des Hauts-de-France est plus        que celui d'AURA: une différence de     points.

Dans toutes les catégories d'âge le taux est moins élevé en           .

Par exemple dans les deux régions les        ans ont le taux le plus élevé, mais on note        points de différence à l'avantage d'AURA. 

Enfin concernant les femmes le taux est aussi moins élevé en AURA:    % contre    % en HDF. Même constat pour les hommes:    %  contre    %.   

Les inéquations spatiales se définissent par la présence d'emplois et de candidats à l'emploi qui ne sont pas dans la même région.

Donc dans notre exemple un jeune homme chômeur de Dunkerque (Nord) devrait se déplacer à Lyon (Rhône)

                                            MAIS:

Les chômeurs d’une région ne sont pas forcément en mesure de chercher un emploi dans une autre région : si leur conjoint a déjà un emploi dans la région, ou s’ils sont dans l’impossibilité de se déplacer, ils seront contraints de chercher un emploi sur place.

Si les emplois proposés par des entreprises sont parfois trop éloignés, ou mal desservis par des transports.  

Enfin, dans une autre région le candidat ne bénéficie pas de son réseau social de proximité, donc il n'a pas forcément accès aux informations sur les emplois disponibles.  

Vidéo 1 2019 Video 3 2020 et Video 2 2019

 

B) les qualifications

Un problème d’appariement apparaît lorsque l’employeur ne trouve pas précisément le candidat aux compétences adéquates pour un poste, et réciproquement, quand un salarié ne trouve exactement l’emploi qui correspond à ses attentes et ses compétences.

La Loi du Marché (2015)

 

C) les frictions sur le marché du travail

Les frictions sur ce marché, sont le temps nécessaire aux chômeurs, pour trouver un emploi et aux recruteurs, pour pourvoir un poste. 

Le chômage frictionnel est une situation temporaire où des travailleurs se trouvent sans emploi en raison de la transition d’un emploi à un autre. (Recherche d’un meilleur poste Changements géographiques Évolution de carrière )

               Une solution originale:

 

___________________________________________________________________________________

BILAN: Nous avons vu les éléments qui favorisent le chômage structurel :   un chômage dû à des difficultés  structurelles de l’économie et non conjoncturelles.

 

8 janvier 2020

Adil Aouchiche va faire bouillonner le chaudron

 

adil

En cette période de crise sanitaire, la façon dont va se dérouler la saison de L1 est encore incertaine.

Cependant une nouvelle recrue de l’ASSE durant le mercato est très attentue. C’est Adil Aouchiche un jeune joueur né en région parisienne en 2002.Il était en fin de contrat aspirant avec le PSG le 30 juin. Aperçu à 3 reprises avec l'équipe première du club de la capitale la saison passée, dont 1 en Ligue 1, le milieu de terrain offensif (17 ans) a décidé de signer son premier contrat professionnel chez les VERTS.

Cela a été un coup dur pour le PSG. N’ayant pas réussi à convaincre Adil Aouchiche de signer son premier contrat pro, le club de la capitale a vu son grand espoir filer à l’ASSE. Un gros coup réalisé par le club stéphanois, qui a réussi à battre la concurrence de grosses écuries.

 Responsable du secteur jeunes du Tremblay FC, deuxième club d’Adil Aouchiche en région parisienne (de 2012 à 2014), Salim Bouadla se souvient d’un joueur surclassé en U12 puis en U13 régionaux et « chaque saison au-dessus du lot ». « Il a toujours été beau à voir jouer. On avait une superbe génération 2002 à Tremblay mais il est celui qui a avancé le plus vite. Je ne suis pas surpris par son parcours car il avait déjà la technique, la vision du jeu et les prises de balle. » Les prises de balle sont d’ailleurs l’atout numéro un mis en avant par ceux qui ont côtoyé le grand espoir parisien.

« Sa qualité de première touche a toujours été là pour faire des différences, confirme ainsi Jean-Claude Giuntini, son sélectionneur dans les équipes de France U17 et U18. Avec notamment un gros travail sur la vidéo et une belle ouverture d’esprit, il a acquis des alternatives dans le jeu pour être un peu moins centré sur lui-même. Mais il n’a pas eu à forcer sa nature. Il suffit de voir son volume de jeu, l’intelligence de ses courses et son goût pour la participation aux tâches défensives. »

 

 

31 août 2026

CHAP 8 Comment expliquer l'engagement politique dans les sociétés démocratiques?

 

PARTIE 1: Les différentes formes d'engagement politique

                      Un thème toujours d'actualité

-2021 manifestation contre  l'extension du passe sanitaire, et la vaccination obligatoire 

manifvax

 

     2020 Black lives matter (après la mort de George Floyd). 

manif_genou

2025 Manifestation contre les migrants à Londres. 

L'engagement politique c'est une participation individuelle ou collective à la vie politique. Avec des actions pour influencer les décisions et pour faire évoluer la vie en société selon des valeurs que les individus veulent défendre.

         Nous allons voir des actes d’engagement sous différentes formes :         

1.1 Le vote
La participation électorale se traduit par le vote lors d'une élection. Le suffrage exprimé se porte sur un candidat. Il est non exprimé avec un bulletin blanc ou nul. Mais dans les deux cas le citoyen se manifeste: avec un soutien ou un rejet d'un programme politique.
Que dire de l'abstention politique? Ne pas aller voter est-ce une forme d'engagement politique?
Oui car des citoyens peuvent ainsi exprimer leur mécontentement face à l'offre électorale.
Exemple statistique: Election présidentielle 2017 premier tour:
https://www.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-elections/Election-presidentielle-2017/Election-presidentielle-2017-resultats-globaux-du-premier-tour

1.2 Le militantisme
Un militant a un engagement politique: Il lutte pour une cause, des idées.
-dans un parti politique, pour agir il peut tracter, coller des affiches, être candidat à une élection.
-dans un syndicat, il peut manifester, organiser des grêves.
-dans une association, des actions comme le sit-in, la chaine humaine, des pétitions.

Exemple vidéo de l'activité syndicale: oct. 2022 À la raffinerie TotalÉnergies de Feyzin, les grévistes


1.3 La consommation engagée
Il est possible défendre des idées politiques par des choix de consommation ou des modes de vie. Ce "consom'acteur" a une consommation engagée. Le plus anciens moyen est le boycott, le refus d'acheter un produit pour des raisons sociales ou écologiques.

                                                 Dans cette vidéo, relevez des exemples:
  https://www.youtube.com/watch?v=-SxfU_AT0aY
 


 

 

Nous avons vu que l'engagement peut-être fait par le citoyen, le militant et le consommateur.

 

 

                          Exemple de sujet:

                                              EC1 

 

 

EC3 Le vote est-il la seule forme d'engagement politique?

PARTIE 1: Le vote reste un élément central de l'engagement

1.1 Choisir un candidat, donc une tendance politique.

1.2 Exprimer un refus ex: vote blanc

PARTIE 2: Mais le vote n'est pas la seule forme d'engagement

2.1 Le militantisme dans un parti ou un syndicat

2.2 Et de nouvelles formes: consommation engagée, militantisme associatif parfois plus radical 

ou 2.1 L'engagement individuel par la consommation et la signature de pétition

       2.2 L'engagement collectif dans un parti, une association ou un syndicat.

Illustration/exercice:  Quelle forme d'engagement illustre le mouvement Black Lives Matter?

 

PARTIE2: Les déterminants de l'engagement politique 

Comment expliquer que certaines personnes s'engagent?


2.1 Résoudre le paradoxe d'Olson

D'après ce paradoxe de l'action collective, quand les retombées positives d'une action collective profite à tous, les individus rationnels n'ont pas d'intérêt à y participer. 

Par exemple: pourquoi perdre une journée de salaire avec une grêve? Laissons les autres la faire. C'est la méthode du passager clandestin qui compare les coûts et les avantages de l'action collective.
                                                                      Exemple:

 

tesdoc2

 

 

 

 Relevons ici un exemple de coût de mobilisation lors des manifestations contre la réforme de retraites en 2023 (vidéo 1) et la conséquence liée au paradoxe d'Olson (vidéo 2)  

 Vidéo1 le sacrifice d'une journée de grève

Vidéo2 

 

Donc l'action collective est une mobilisation collective d'individus ou de groupes d'individus pour atteindre un but commun.

Pour certains elle semble irrationnelle: cela prend du temps, de l'énergie, de l'argent. Il semble inutile de s'engager, mieux vaut laisser les autres agir.

Cette logique devrait donc faire disparaître l'action collective.

Voir 3 minutes sur Mancur Olson 

 

Cependant de nombreux individus s'engagent, POURQUOI?

 

On peut donner 3 explications:  relever au brouillon ->(vidéo après ABC ->min3)

A- des incitations sélectives
B- des rétributions symboliques
C- la structure des opportunités politiques

 


A-Les incitations sélectives (selon Olson): mécanisme par lequel une organisation diminue le coût de la participation ou augmente le coût de la non participation. 

Donc aider ceux qui s'engagent ou sanctionner les passagers clandestins.

Exemple d'aide: -Un syndicat peut mettre en place une caisse de grève pour soutenir les grévistes et compenser leur perte de salaire.                 

-soutien juridique par le syndicat en cas de conflit avec l'employeur.

 

Exemples de sanction: pénaliser celles et ceux qui refusent de participer à l’action collective — En cas de non participation un salarié peut-être mal vu par ses collègues (être un « jaune » dans le milieu ouvrier) -> vidéo : 

 

31 déc. 2019
Une conductrice de la RATP, qui souhaitait prendre son service, a dû essuyer insultes et bousculades de la part d'un groupe de grévistes majoritairement masculins. La vidéo filmée à la station Place d'Italie, sur un quai de la ligne 6, et diffusée lundi, a depuis été supprimée par son auteure... mais republiée par de nombreux internautes. Protégée par des agents portant des brassards fluo RATP Exploitation, elle est finalement parvenue à gagner la cabine de conduite sous les huées des opposants à l'universalisation du régime des retraites

Exemple de caisse de grève

 


B-Les rétributions symboliques (selon Gaxie ): ceux qui s'engagent, développent une appartenance, reçoivent du prestige, de la reconnaissance, de la notoriété,  du pouvoir, de l'estime de soi...

C-La structure des opportunités politiques (selon Tarrow): caractéristiques du contexte politique qui influencent les chances d'un mouvement social de réussir.

Selon Sidney TARROW la structure des opportunités politiques dépend de quatre éléments:  

   Voir les 4 (vers minute 7)

 

    

1- du degré d’ouverture du système politique :  Les groupes mobilisés peuvent espérer se faire entendre et voir leurs revendications aboutir si le pouvoir n'est pas fermé et sourd face aux mouvements.
2- du degré de stabilité des alliances politiques : plus les rapports entre partis politiques sont conflictuels, plus les groupes mobilisés peuvent espérer se faire entendre.
3- de l’existence ou non de relais (politiques) : Plus il y a d’élus, de célébrités médiatiques proches du mouvement, plus les groupes mobilisés peuvent espérer se faire entendre.
4- de la capacité d’un système politique à apporter des réponses aux mobilisations : Plus le pouvoir politique a la capacité à mettre en œuvre des actions sous forme de politiques plus les groupes mobilisés peuvent espérer se faire entendre.

Exercice:  Après avoir lu le cours, associez cette vidéo à  la structure des opportunités politiques:

 

   

EXERCICE FINAL: Vous montrerez en utilisant le cours comment cet exemple sur les gilets jaunes (2018) remet en cause le paradoxe de l'action collective

CONSTRUIRE LA REPONSE  

  - présenter le paradoxe d'Olson

  - montrer que pourtant les gilets jaunes ne comptent pas leur temps et dépensent beaucoup d'énergie.

- car ils reçoivent des rétributions symboliques avec les relations qu'ils développent dans leur mouvement.

PARADOXE_ACTION_COLLECTIVE

 

 

                                     EXEMPLE FINAL: COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS l'ENGAGEMENT des BLACK BLOCS?

 

 

 Voir début et vers minute 8

2.2 L'impact des variables sociodémographiques sur l'engagement

Comment expliquer le choix d'un engagement politique? IL faut faire le lien entre l'appartenance d'un individu à une catégorie statistique et son niveau d'engagement.

Ces catégories sont:

  - l'âge

 - la génération

 - le sexe

 - la PCS catégorie sociale

  - le niveau de diplôme ETC...

                                           Voir photocopie

variables_socio

       

Ces catégories sont le reflet de différence de socialisation  entre individus, donc de normes et valeurs différentes qui expliquent leur comportement. De différences de mode de vie, de capital culturel ou économique ou du poids des stéréotypes de genre pour les hommes et les femmes. Enfin chaque génération n'a pas vécue les mêmes évènements.

Donc appartenance à une catégorie--->influence l'engagement -----> Vote, militantisme, consommation engagée?  

 Exemple;

Exercice: L’analyse du profil socio-démographique des engagés

   Vous montrerez que des variables sociologiques peuvent expliquer l'engagement de Clémentine en 2017 (rédiger un paragraphe/ présentez à l'oral):  

 

 Réponse: Clémentine est militante du parti communiste de Normandie (PC) donc elle considère que les capitalistes exploitent les prolétaires (Karl Marx).

Sa grande motivation n'est pas liée à son âge. On ne peut pas citer sa PCS, elle n'est pas active. MAIS:

  1)Sa famille est du milieu ouvrier (socialisation primaire; normes et valeurs milieu populaire)

   2) Elle est étudiante en sociologie (étude des théories sur les inégalités sociales)

   3) Première génération de sa famille à faire des études (elle doit donc se battre pour rendre ce qu'elle a reçu grâce à eux) 

                                           Conséquence --> engagement au PC pour défendre le partage des richesses, l'égalité, la solidarité...

    


PARTIE3: Les transformations de l'action politique

   3.1 L'évolution des objets

Les objectifs, les buts, les enjeux des mobilisations évoluent. 

Dans le passé ils portaient sur les CONDITIONS DE TRAVAIL (salaires, emplois, temps de travail...). Mais à partir des années 1960-1970 des revendications post matérialistes se développent. 

Les nouveaux mouvements sociaux (NMS) sont moins basés sur des revendications matérielles liées à la société industrielle. Ils se tournent sur d'autres valeurs: - l'écologie                                                                                - le féminisme                                                                                - la défense des minorités... etc

  _______________________________________________________

Ces revendications plus qualitatives sont liées à des sujets de société et non à la lutte des classes.

La société a évolué avec la diminution du nombre d'ouvriers, l'élévation du niveau de vie et la hausse considérable du niveau culturel. Attention les revendications matérialistes n'ont pas disparu (exemple les gilets jaunes et le pouvoir d'achat). 

           Evolutions économiques et sociales:--->nouveaux objets de mobilisation 

          3.2 L'évolution des acteurs:

 

Dans le passé les partis politiques et les syndicats encadraient la majorité des mobilisations.

 

Durant le XXème siècle ils sont concurrencés par des associations, des collectifs ou des groupements de citoyens.

   Exemple: L214, Nuit debout (2016),Gilets jaunes (2019)..

 

   

Donc l'influence des partis et des syndicats va se réduire pour d'autres formes de militantisme. Par exemple cela se traduit par une baisse du taux de syndicalisation des salariés:

                   ---> Le taux de syndicalisation se stabilise à un niveau très faible - Centre d'observation de la société (observationsociete.fr)

On remarque aussi que les jeunes vont se détourner des partis politiques pour aller vers les associations:    

     3.3 L'évolution du répertoire:


Un répertoire d'action s'intéresse aux différentes façons de se mobiliser pour atteindre un but.
Dans le monde du travail la grêve constituait le répertoire d'action principal des conflits.

Depuis les années 70, on observe une diminution du nombre de journées non travaillées.
                            Faire une lecture statistique entre 1996 et 2016:

tesgr_ve

A) Dans le travail il y a un déplacement vers d'autres actions. Les pétitions, les manifestations, débrayages, refus des heures supplémentaires, arrêt maladie ..pour se mobiliser sur les salaires ou les conditions de travail.

B) Un nouveau répertoire d'action va se développer avec les NMS:

    B1) des actions spectaculaires, provocantes, parfois non légales pour attirer l'attention des médias et de la population:

Exemples: sit-in, utilisation de peinture, occupation de locaux..

 

      B2) Utilisation des outils numériques pour mobiliser et faire connaitre la mobilisation, parfois au niveau mondial. Exemple #MeToo

 

 

         B3) Appel à des experts (exemple des scientifiques) pour mieux convaincre le pouvoir politique. Exemple utilisation de rapports sur le climat.   Rapport de synthèse du GIEC 

 

______________________________________________________________________________________________________ 

 

repertoires

 

tableau cliquez

repertoire

Exemple final: les zadistes Zone A Défendre

Quel REPERTOIRE?: 

Quel acteur? Quel objet?

 

                  

Acteurs: Militants d'extrème gauche radicaux.

Repertoire: Occupation d'une zone et possible usage de la violence.

Objectifs: contester un projet de construction pour des raisons écologiques.

 

 

 

            --------------------------- --Synthèse  de ce chapitre---------------------------

 

                                                   Reviser avec le programme officiel:
https://cache.media.education.gouv.fr/file/SPE8_MENJ_25_7_2019/82/1/spe253_annexe_1158821.pdf

    

c10

EXERCICE/Vidéo 

Quelle forme d'engagement? Pourquoi des étudiants se mobilisent malgré le coût en temps? Peut-on parler d'une nouvelle forme de mouvement social? (acteur, objet, répertoire). 

 

 

tessynth_se

Méthode EC3

24 septembre 2026

CHAPITRE 9 QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L'ENVIRONNEMENT?

<On peut relier ce chap 9 au chap  sur l'engagement politique 

CHAPITRE 9: QUELLE ACTION PUBLIQUE POUR L'ENVIRONNEMENT?

 

citation_greta_thunberg_ecologie

Un problème public c'est la reconnaissance qu'un thème devient problématique. C'est vrai pour l'environnement (ensemble des éléments naturels) avec la prise de conscience des limites écologiques de la croissance économique. 

 

23 sept. 2019 Dans un discours à l’ONU, la Suédoise Greta Thunberg a condamné « l’inaction des politiques » contre le changement climatique, au début d’un sommet consacré à ce sujet à New York

PARTIE 1 AGIR POUR L'ENVIRONNEMENT: les acteurs


1.1 Entrepreneurs de causes et autres acteurs
Un problème public comme les questions environnementales doit se construire (il n'existe pas de lui même) avec les ACTIONS d'ACTEURS. Ces différents acteurs par leur volonté plus ou moins forte mettent des questions à L'AGENDA POLITIQUE: un processus par lequel des problèmes environnementaux sont étudiés et pris en charge par l'ETAT.
 

+ il y a d'acteurs + il y a de VISIBILITE.

A- Les entrepreneurs de causes: ces acteurs mettent en avant des causes avec un répertoire d'actions (manifestations, médiatisation, judiciarisation, lobbying...).

                                           On peut citer:
A1- Les groupes d'intéret (groupes organisés qui défendent un intèret général):
-ONG-> Organisations Non gouvernementales comme Greenpeace
-Laboratoires d'idées-> Think tank Exemple : FONDATION POUR LA NATURE ET L'HOMME

https://www.fnh.org/think-tank/#header

 


A2 Les mouvements citoyens qui peuvent par exemple s'opposer à un projet. Ils peuvent s'organiser avec des personnalités. Ex: Greta Thunberg.

Sur cette vidéo Des militants écologistes jettent la soupe sur le tableau Les tournesols de Van Gogh à Londres


Les entrepreneurs de cause font exister les problèmes dans le débat public et d'autres acteurs se saisissent des thèmes.


B- Les acteurs divers: 
Les médias reprennent des images et des messages.
Les experts proposent des solutions scientifiques.
Les entreprises intègrent les questions de l'environement avec du recyclage, des économies d'énergie, des produits écoresponsables.
Les partis politiques proposent des solutions dans leur programme.
Les pouvoirs publics (ETAT) mettent ces questions à l'agenda politique et ils mettent en œuvre des actions.

C- Les étapes de la construction du problème public

    Etape 1: il faut nommer le problème (NAMING): exemple: réchauffement climatique

   Etape 2: Reprocher (BLAMING): trouver un responsable, qui émet du CO2 (carbonne)?

   Etape 3; Réclamer (CLAMING): demander des solutions pour réduire émission C02.

      ->  Le but étant que les pouvoirs publics mettent le problème à l'agenda politique.

     

Nous avons les étapes pour arriver à une mise à l'agenda, donc des sujets ou des problèmes qui constituent  les priorités, d'un gouvernement,  sur une période donnée.
Exemple : l'agenda politique du gouvernement pour les six prochains mois.

_____________________________________________________________________

 

1.2 Coopération ou conflits entre acteurs?

Les relations entre acteurs influencent le traitement du problème public. Les acteurs peuvent coopérer en se partageant les actions pour trouver des solutions.

Mais ils peuvent s'affronter, en raison de différences d'idéologie, ils ne pensent pas la même chose. Ils peuvent aussi ne pas avoir les mêmes intérêts. Ils peuvent être en compétition.

Exemple: Notre-Dame-des-Landes : 50 ans de conflit

Après 50 ans de projet, l’Etat décide de ne pas faire cet aéroport controversé, dans une période où Emmanuel Macron se pose en tant que défenseur du climat dans le monde.

Relevons quelques étapes de coopération ou de conflit

  

En 1965 projet d'un second aéroport vers Nantes.
Dans les années 70 première opposition des agriculteurs de céder leurs terres.
Au début des années 2000, projet relancé, mais le parti des VERTS n'en veut pas.
2009, de multiples associations sont contre et occupent le terrain, les forces de l'ordre sont envoyées (opération CESAR).--> beaucoup de blessés--> cela renforce la motivation des ZADISTES.
Pour sortir de l'impasse le gouvernement de F Hollande met en place une commission de dialogue qui valide le projet. Les associations font des recours juridiques.

2016: expulsions des derniers ZADISTES.
Pour calmer, F Hollande demande un référendum local: le OUI au projet s'élève à 55% mais contesté par les militants.
En 2017 E Macron lance une expertise de 6 mois. Puis il décide de mettre fin au projet.

 

Cette vidéo résume l'ensemble du chapitre, mais vers la 9ème minute des exemples de coopération ou conflits. 

 

1.3 Les différents niveaux d'actions: 

Pour terminer il faut voir que l'environnement est un bien spécifique, gérable par différents niveaux politiques:

L'environnement, le climat n'est pas un bien privé c'est un bien commun. A ne pas confondre avec des biens collectifs ou publics.

Un bien collectif (ou public) répond aux deux critères suivants :

un critère de non-rivalité : cela signifie que la consommation de ce bien par un usager n'entraîne aucune réduction de la consommation des autres usagers ;

un critère de non-exclusion : il est impossible d'exclure quiconque de la consommation de ce bien ; il est, par conséquent, impossible de faire payer l'usage de ce bien.

Les marchés peuvent échouer à fournir des biens susceptibles d'être consommés par plusieurs individus en même temps. Ces biens, que les économistes appellent biens publics ou biens collectifs.

----->différents cas

bien_commun

 

 A noter:
La non-rivalité peut être remise en cause en cas de saturation (bien trop utilisé) et la non exclusion quand un droit d’accès empêche certains acteurs d’accéder à la ressource.

La tragédie des biens communs (en anglais tragedy of the commons) un phénomène collectif de surexploitation d'une ressource commune.

 

 

 

Le climat est donc un bien commun, la lutte contre le réchauffement climatique est un bien public (collectif) de dimension mondiale qui nécessite la coopération de tous les pays sans passager clandestin.

 

Par exemple la COP (« Conférence des parties » – les parties désignant les pays ayant adopté la Convention-) est  une conférence mondiale sur le climat, organisée chaque année depuis 1995 sur un continent différent. 

Par exemple 200 pays se retrouvaient le 6 novembre 2022 à Charm el-Cheikh en #Egypte

Conférences des Nations unies sur les changements climatiques — Wikipédia

 

Mais tous les sujets écologiques ne se traitent pas forcément à un niveau mondial. Les acteurs et les pouvoirs publics peuvent intervenir:

-> au niveau local  ->au niveau national  ->au niveau européen.

Ne pas oublier le principe de subsidiarité: Dans la construction européenne, le principe de subsidiarité, est une règle de répartition des compétences entre l'Union européenne et ses Etats membres. En dehors des domaines de compétences qui lui sont propres, l'Union Européenne n'agit que si son action est plus efficace que celle conduite au niveau des Etats ou des régions.

EXEMPLE:Le glyphosate sera-t-il interdit dans l’Union européenne? 

Cette décision est maintenant dans les mains des états membres. L’enjeu porte sur une ré-autorisation (ou non) pour 10 ans.

 La majorité qualifiée est atteinte si elle regroupe au moins 55 % des États membres [c'est-à-dire 15 États] représentant au moins 65 % de la population de l'Union européenne.

Les Etats membres doivent discuter de cette proposition vendredi, puis les Vingt-Sept “devront ensuite la valider à la majorité qualifiée le 13 octobre
Les Etats membres doivent discuter de cette proposition vendredi, puis les Vingt-Sept “devront ensuite la valider à la majorité qualifiée le 13 octobre
Les Etats membres doivent discuter de cette proposition vendredi, puis les Vingt-Sept “devront ensuite la valider à la majorité qualifiée le 13 octobre

Pour rappel, l’UE avait renouvelé en 2023 l’autorisation du glyphosate pour dix ans, soit jusqu’au 15 décembre 2033, estimant qu’il n’existait « aucune justification scientifique ou juridique » pour une interdiction. 

 

--------------------------------------------------------------------------------

 

CONCLUSION: nous avons vu que l'ensemble des ressources naturelles de la planète, l'environnement en tant que bien commun s'est construit progressivement en problème public, avec une mise à l'agenda par les politiques grâce à la mobilisation d'acteurs......

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EXERCICE:  Imaginez une action militante pour défendre une cause écologique 

Vous le savez les activistes ne manquent pas d'idées pour se faire entendre: Des militants L214 déguisés en poulet ont envahi un Burger King à Paris

1-Nom de l'entrepreneur de causes: L214 association de défense des animaux utilisés comme ressources alimentaires

2-L'enjeu: Indiquez le problème que vous souhaitez qu'il deviennent public. Dénoncer les conditions d'élevage des poulets, 

3- Répertoire d'action: Comment allez vous agir pour favoriser une mise à l'agenda?

 

Envahir un Burger King à Paris, près des Halles dans le 1er arrondissement. Agglutinés dans le fast food, debout et portant chacun un masque de poulet. Les participants sont également venus avec des sonos reporduisant les piallements des oiseaux en élevage.

Autre exemple Shein et la fast fashion

 

 

 

Débat final possible: à qui appartient l'AMAZONIE? voir cours BTS

30 mai 2023

Ecole et cinéma

 

topaze     Retrouvez la frise historique de ces films sur l'école et notez des exemples de la fonction de socialisation (normes, valeurs,rôles, langage) de l'école:

 

___     1951___1959___1981____2002__2008___2017____2019_________

 

Les Grands Esprits Film de Olivier Ayache-Vidal 

 Être et Avoir Film de Nicolas Philibert 

Le maître d’école Film de Claude Berri  

Topaze film de Marcel Pagnol

 

Entre les Murs Film de Laurent Cantet

 Les Quatre Cents Coups 

La Vie scolaire est un film français réalisé par Grand Corps Malade et Mehdi Idir, 

12 octobre 2019

Retour au théâtre avec Solo, Page et Boisselier

page

 

 

 

 

Ouf! Enfin on peut retourner au théâtre après des mois de fermeture liés au Covid.

En ce mois d'octobre 2021 c'était donc un plaisir d'aller voir la pièce Dix ans après avec Bruno Solo, Mélanie Page et Julien Boisselier.

Cest un triangle entre les trois personnages où l'on va se poser beaucoup de questions sur les rapports entre homme et femme.

 Faut-il présenter son meilleur ami à la femme qu'on aime ?
Faut-il dîner tous les jeudis soir avec Bernard et Nicole ?
Les gens pauvres s’aiment-ils plus longtemps que les riches ?
Peut-on choisir son successeur quand on quitte sa femme ?
Un écrivain est-il forcément plus drôle qu’un assureur ?
Faut-il rompre avant ou après le dessert?

 

Ce qui domine, c'est qu'à tout moment un sentiment de manque vient perturber les êtres

solo

humains tout le long de leur vie. Et que chacun doit trouver des solutions pour remplir les vides. Ici on verra que les deux amis joués par Bruno solo et Julien Boisselier ont trouvé une méthode surprenante qui va mettre Mélanie Page dans de drôles de situations.

 

 

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