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La Stratégie Du Poulpe -Serge-FREYDIER
6 juin 2026

À Lyon, Jean-Louis Borloo dénonce la « France des contrôleurs »

Invité par Guillaume Lacroix au congrès du Parti radical de gauche, ce samedi 6 juin à Lyon, Jean-Louis Borloo a livré une critique sévère de l'organisation administrative française. Multiplication des contrôleurs, empilement des agences, dilution des responsabilités et manque de diversité dans les centres de décision : l'ancien ministre appelle à une profonde simplification de l'action publique.
 

Devant les militants, élus et responsables politiques (dont Bernard Cazeneuve) réunis pour l'événement, Jean-Louis Borloo a développé une réflexion qu'il porte depuis plusieurs années : celle d'une France qui, à force d'accumuler les procédures, les agences et les organismes de contrôle, risque de perdre sa capacité à agir efficacement.     

        

            « Nous sommes devenus un pays de contrôleurs »


Pour l'ancien ministre, le problème ne réside pas dans l'existence des contrôles eux-mêmes, indispensables au bon fonctionnement d'un État moderne. Ce qu'il critique, c'est leur multiplication continue.
Selon lui, chaque projet public semble désormais entouré d'une multitude d'intervenants : coordinateurs, inspecteurs, agences, comités de suivi, comités de pilotage ou encore autorités administratives spécialisées.
Cette superposition de structures finit par produire un système où les responsabilités se diluent. Lorsqu'une décision tarde à être prise ou lorsqu'un projet se bloque, il devient souvent difficile d'identifier clairement qui décide réellement et qui doit rendre des comptes.
Jean-Louis Borloo estime que cette évolution a progressivement transformé une partie de l'administration en machine de contrôle davantage qu'en outil d'action.


     La « pollinisation », clé d'une administration plus ouverte. 

Mais au-delà de la critique institutionnelle, Jean-Louis Borloo a insisté sur ce qu'il considère comme un problème plus profond : le manque de diversité des parcours au sein des centres de décision.

 Il utilise pour cela une expression qu'il affectionne particulièrement : la « pollinisation ».
Par cette métaphore, il désigne la circulation des idées, des expériences et des compétences entre différents univers professionnels. Selon lui, les grandes administrations françaises gagneraient à s'ouvrir davantage aux entrepreneurs, aux scientifiques, aux ingénieurs, aux médecins, aux agriculteurs ou encore aux acteurs associatifs.
Pour Borloo, une organisation qui recrute essentiellement dans les mêmes filières et les mêmes parcours finit inévitablement par développer des réflexes communs et une vision parfois éloignée des réalités concrètes.

              La question reste donc entière : comment préserver ces garanties tout en redonnant à l'action publique la souplesse et l'efficacité dont elle a besoin ?


 

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