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Site de SES -Serge-FREYDIER
9 février 2026

  II. Bourdieu – Habitus et Champs

 

Avec Bourdieu, les structures symboliques décrites par Lacan trouvent leur prolongement dans le monde social. Le langage n’est jamais neutre : il est pris dans des espaces hiérarchisés que Bourdieu nomme champs. Un champ est un espace de positions et de luttes, doté de règles propres, où se distribuent des enjeux spécifiques. Chaque champ — artistique, politique, économique, académique — impose sa logique, son « sens du jeu ».

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Le sujet n’y entre pas comme une conscience libre, mais avec un habitus, c’est‑à‑dire un système de dispositions incorporées. L’habitus est ce que la société inscrit dans le corps : des manières de percevoir, de sentir, de juger et d’agir qui paraissent naturelles, mais qui sont le produit de conditions sociales déterminées. Il est structuré par le passé social du sujet et structurant de ses pratiques présentes.

 

Les positions dans les champs dépendent des capitaux que le sujet possède : capital économique (ressources matérielles), capital culturel (savoirs, diplômes, goûts), capital social (réseaux), capital symbolique (prestige).

 

Chaque champ valorise certains capitaux plus que d’autres, et c’est en fonction de ces ressources que le sujet peut agir, parler, désirer.

La doxa désigne ce qui va de soi dans un champ : les évidences tacites, les normes implicites, les croyances non questionnées. Elle règle ce qui est pensable, dicible, désirable. L’illusio, enfin, est l’investissement du sujet dans le jeu du champ : le fait d’y croire, d’y investir son désir, d’y engager sa jouissance.

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Ainsi, l’entrée dans le langage lacanienne trouve ici son ancrage social : le sujet parle comme Lacan l’explique, mais il parle dans une structure sociale particulière, dont Bourdieu montre les régularités et les hiérarchies. Le sujet est donc doublement déterminé : par l’inconscient (Lacan) et par les structures sociales (Bourdieu). Ces deux logiques ne s’ajoutent pas : elles s’entrelacent pour produire un ordre invisible qui oriente les désirs, distribue les places et conditionne les trajectoires.

→ Le sujet est donc doublement déterminé : par l’inconscient (Lacan), par les structures sociales (Bourdieu).

Ces deux contraintes s’articulent en un mouvement co-déterminant : l’inconscient n’est pas séparé du monde social ; il s’y incorpore et s’y exprime.

Retour au plan: Présentation de notre théorie de l’Ordre social de l’inconscient Serge Freydier - Site de SES -Serge-FREYDIER

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