Présentation de notre théorie de l’Ordre social de l’inconscient Serge Freydier
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Dans ce blog LA STRATEGIE DU POULPE, nous proposons d’explorer une hypothèse située au croisement de la sociologie , de la psychanalyse et de la philosophie : la théorie de l’ordre social de l’inconscient, qui débute avec le conatus pour aboutir au Modus Octopus.
L trajectoire d’un individu n’est jamais uniquement le produit d’une volonté consciente, mais le résultat d’un double nouage : d’une part, l’inscription symbolique du sujet dans le langage et la loi (Lacan), et d’autre part, l’incorporation pratique des structures sociales au travers des champs et des capitaux (Bourdieu).
Ces deux logiques ne s’additionnent pas simplement : elles s’entrelacent pour produire un ordre invisible qui oriente les désirs, distribue les places, et conditionne les formes du lien social bien avant que les sujets ne croient “choisir”.
l’inconscient n’est pas seulement structuré comme un langage, il est structuré comme un langage socialement hiérarchisé.
Introduction – Le surgissement du conatus spinozien
Tout individu naît animé d’une énergie fondamentale, une persévérance d’être : le conatus selon Spinoza.
Avant toute inscription symbolique dans le langage et dans les structures sociales, l’humain est un faisceau d’affects orientés vers la conservation, l’accroissement et la poursuite de sa puissance d’exister.
Le conatus constitue donc le socle pré-social, pré-symbolique de la subjectivité :
→ il tend à se maintenir et à se déployer
→ il cherche des agencements favorables à sa puissance d’agir.
C’est sur cette énergie première que se greffe ensuite la structure psychique et sociale.
I. Lacan – L’entrée dans l'imaginaire et le symbolique - Site de SES -Serge-FREYDIER
II. Bourdieu – Habitus et Champs - Site de SES -Serge-FREYDIERIV. Dernier Lacan + Deleuze & Guattari - Site de SES -Serge-FREYDIER
Ce que nous avons nommé l’Ordre social de l’inconscient désigne la manière dont les individus se construisent à l’intersection de quatre strates :
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le conatus et l’altercialité (Spinoza + Lahire), qui définissent l’élan vital et les matrices précoces d’attachement ;
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l’entrée dans le symbolique (Lacan), qui structure le désir via le signifiant, le manque, les discours et les formes de jouissance ;
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l’inscription dans les champs sociaux (Bourdieu), où habitus, capitaux, illusio et doxa définissent les possibles objectifs d’une trajectoire ;
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les processus d’émancipation singuliers (dernier Lacan + Deleuze/Guattari), qui permettent parfois de déborder les déterminismes via le sinthome et les agencements.
L’individu humain n’est donc pas un atome libre, ni un produit mécanique. Il est un nœud dynamique, traversé par des forces biologiques, symboliques, sociales et désirantes. L’ordre social de l’inconscient n’est pas une contrainte supplémentaire : il révèle les articulations profondes entre ce qui nous détermine et ce que nous pouvons transformer.
C’est au point d’articulation entre structure et invention qu’émerge la figure du Modus Octopus, sujet capable de redistribuer ses tentacules là où d’autres ne voient que des murs. Il ne s’agit pas d’un idéal héroïque, mais d’une possibilité réelle : celle d’habiter ses déterminations tout en ouvrant des lignes de création. Face au poids croissant des appareils sociaux, économiques et technologiques qui quadrillent nos existences, la pensée du Modus Octopus propose une éthique du mouvement, de la pliure, de la recomposition.