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La Stratégie Du Poulpe -Serge-FREYDIER
14 juin 2026

Gérard Jugnot, le funambule du rire et du chagrin

Aujourd'hui un petit selfie avec un visage que l'on connait bien.
Gérard Jugnot naît le 4 mai 1951 à Paris, dans le 12ᵉ arrondissement, un quartier populaire où l’on apprend très tôt que la vie est une comédie dont il faut savoir rire pour ne pas pleurer. Enfant curieux, timide mais observateur, il développe très jeune ce regard tendre et ironique sur le monde qui deviendra sa signature.
Adolescent, il découvre le théâtre comme on découvre une respiration nouvelle. Il y trouve un refuge, une liberté, une manière d’exister autrement. C’est au lycée qu’il rencontre ceux qui deviendront ses compagnons de route : Thierry Lhermitte, Michel Blanc, Christian Clavier, et bientôt Josiane Balasko. Ensemble, ils forment le noyau du Splendid, cette bande qui révolutionnera la comédie française des années 70 et 80.
S’il nous touche tant, c’est parce qu’il ne triche pas. Il porte en lui nos failles, nos maladresses, nos petites lâchetés, mais aussi nos élans, nos sursauts, nos bontés inattendues. Gérard Jugnot, c’est l’homme qui n’a jamais oublié d’où il venait.
Ce qui frappe chez Jugnot, c’est sa capacité à tenir ensemble le rire et la tristesse. Il joue comme on marche sur un fil : un pas du côté du burlesque, un pas du côté du drame. Il sait que la vie n’est jamais pure comédie ni pure tragédie, mais un mélange instable où l’on rit parfois pour ne pas pleurer.
Par exemple: dans Les Bronzés, il est l’homme transparent, dans Le Père Noël est une ordure, il est l’homme perdu. Dans Les Choristes, il devient l’homme qui répare. Dans Monsieur Batignole, il est celui qui découvre, trop tard, qu’il peut être courageux.

 

12 juin 2026

Henri Émile , dans l'ombre de l’Équipe de France

Aujourd'hui dans les tentacules de la Stratégie Du Poulpe un footeux rarement mis en avant que nous avons eu la chance de croiser. 

Henri Émile, né en 1943 à Montpellier, est l’une des figures les plus marquantes de l’encadrement de l’Equipe de France de football. Bien qu’il n’ait jamais été un joueur professionnel de premier plan, il a consacré l’essentiel de sa carrière à la Fédération française de football (FFF) et aux sélections nationales.
Il rejoint la FFF en 1972 et devient sélectionneur des Espoirs avant d’être nommé adjoint de Michel Hidalgo en 1980. Il participe alors à l’une des périodes les plus glorieuses du football français, avec la victoire à l’Euro 1984. Henri Émile reste ensuite membre du staff des Bleus sous plusieurs sélectionneurs, notamment Aimé Jacquet et Roger Lemerre. Il contribue aux succès majeurs de l’équipe, dont la victoire à la Coupe du monde de football 1998 et à l’UEFA Euro 2000.
Souvent présenté comme l’« intendant » des Bleus, son rôle dépassait largement les tâches administratives. Il était un lien essentiel entre les joueurs, le staff technique et la fédération. Plusieurs témoignages soulignent son importance dans la cohésion du groupe France.
Après son départ du staff en 2004, il a continué à travailler pour la FFF dans différents projets liés au développement du football, avant d’effectuer un retour auprès des Bleus comme coordinateur sportif sous Laurent Blanc. Grâce à sa longévité et à sa participation aux plus grands succès du football français, Henri Émile est considéré comme l’un des artisans de l’histoire moderne de l’Équipe de France.
Quelques citations: 
« Ça a été l’image que j’ai toujours accepté de laisser. J’étais l’adjoint technique d’Aimé Jacquet. »
« Gagner, on ne le programme pas. Aller loin, on peut le programmer par la force collective de l’équipe. »
« Cette équipe de France appartient à l’ensemble des Français. »
« Je n’ai pas peur de la nouvelle génération. »
« Zidane a appelé une seule personne pour dire qu’il revenait en équipe de France. Et cette personne, c’était moi-même. »
« La chose la plus forte en tant qu'homme sur toute ma carrière, ce sont toutes ces relations que j'ai pu avoir. »
« Gagner, on ne le programme pas. Aller loin, on peut le programmer par la force collective de l’équipe. »

 

12 juin 2026

Peut-on jouer à Lyon après avoir joué à Saint-Étienne ? Le cas de Grégory Coupet

C'est avant un match pour l'association Stef Cares disputé à Andrézieux que j'ai vu Greg Coupet.   
Dans le football français, la rivalité entre l’AS Saint-Étienne et l’Olympique Lyonnais est l’une des plus intenses. Ces deux clubs historiques représentent deux villes voisines dont l’opposition sportive s’est construite au fil des décennies. Dans ce contexte, le passage d’un joueur d’un club à l’autre est souvent perçu comme un événement marquant.

Pourtant, en théorie rien n’interdit à un joueur de poursuivre sa carrière à Lyon après avoir porté les couleurs stéphanoises. 
Formé à l’AS Saint-Étienne, Grégory Coupet fait ses débuts professionnels avec les Verts au début des années 1990. Il dispute 101 matchs officiels sous le maillot stéphanois avant de rejoindre l’Olympique Lyonnais en 1997. Durant son passage à Saint-Étienne, il joue notamment 66 matchs en première division et réalise 15 clean sheets (matchs sans encaisser de but).

 

Le transfert de Grégory Coupet de Saint-Étienne vers Lyon en janvier 1997 a provoqué de nombreuses réactions. À Saint-Étienne, certains supporters ont vécu son départ comme une trahison, d’autant plus qu’il était issu du centre de formation du club. Toutefois, la situation financière difficile de l’ASSE avait poussé les dirigeants à vendre plusieurs joueurs importants. À Lyon, l’accueil ne fut pas plus simple. Coupet arrivait pour succéder à Pascal Olmeta, gardien très apprécié des supporters lyonnais. Selon les témoignages de l’époque, des tags hostiles étaient visibles sur les murs du centre d’entraînement, parmi lesquels : « Olmeta président, Breton titulaire, on ne veut pas d’un sale Vert ». Le gardien a également raconté avoir été insulté lors de certains entraînements et après les mauvais résultats de l’équipe. Il a déclaré plusieurs années plus tard qu’il avait dû être « costaud » mentalement pour supporter cette pression. Malgré ces débuts difficiles, ses performances sportives lui ont progressivement permis de gagner le respect des supporters lyonnais, jusqu’à devenir l’une des plus grandes légendes de l’histoire du club.
Les statistiques de Coupet à Lyon sont remarquables. Il compte 467 matchs de Ligue 1 avec l’OL et réalise 170 clean sheets au cours de sa carrière en championnat de France. 
L’exemple de Grégory Coupet démontre qu’un joueur peut parfaitement réussir dans le club rival. Mais son exemple n'est pas forcément généralisable à tous les cas. 

11 juin 2026

Michel Platini : la nostalgie qui marque du pied droit

Je ne pensais pas un jour rencontrer Monsieur Platini. En 2019 il est venu dédicacer son livre à Saint-Etienne.

 
Michel Platini est une mémoire vivante, un fil tendu entre ce que nous étions et ce que nous croyons avoir perdu. Il est ce pont émotionnel vers une époque où tout semblait plus simple, plus vrai, plus vibrant — une époque où le football n’était pas encore un spectacle calibré, mais une respiration collective.
Parler de Platini, c’est rouvrir un album photo que le temps n’a jamais vraiment refermé.

On y retrouve les crampons vissés qui raclaient la terre comme des outils d’artisan, les ballons Tango qui tournoyaient sous les projecteurs comme des planètes familières, les radios qui grésillent dans les cuisines où l’on écoutait les matchs sans voir les images, les posters punaisés dans les chambres d’ado...
C'est un football qui ne cherchait pas à séduire mais à émouvoir, un football où l’on jouait pour la beauté du jeu autant que pour la victoire. Il y avait dans sa manière de frapper le ballon une forme de certitude tranquille, presque insolente.
Un coup de pied droit qui ne forçait rien, mais qui savait tout. Un geste qui semblait dire : regardez, le football peut être simple, le football peut être clair, le football peut être une évidence. Et c’est peut-être pour cela que Platini nous touche encore. Parce qu’il incarne un temps où l’on croyait que le talent suffisait, que la joie suffisait, que le jeu suffisait.
Un temps où l’on ne parlait pas de data, de branding, de storytelling, mais de passe, de vision, de panache.

Platini, c’est la nostalgie qui marque du pied droit. Et qu’au fond, ce que nous regrettons, ce n’est pas seulement Platini. C’est nous, devant la télé ou dans les cours d’école. 

 

11 juin 2026

Cantona footeux rebelle

Une belle prise pour la Stratégie Du Poulpe: Monsieur Cantona !


Éric Cantona occupe une place singulière dans l’histoire du football européen. Ni simple joueur, ni simple personnalité médiatique, il incarne une forme de rebellion charismatique, qui dépasse largement le cadre sportif. Son image publique se construit à la croisée de la performance athlétique, de la provocation verbale et d’une posture d’indépendance radicale.
La carrière de Cantona est marquée par une série d’actes transgressifs : altercations, déclarations provocatrices, refus de se conformer aux normes institutionnelles. Ces gestes, loin d’être anecdotiques, participent à la construction d’une identité publique fondée sur la rupture.La transgression fonctionne comme marqueur de singularité.
Elle permet à Cantona de se positionner contre les logiques disciplinaires du football professionnel. Elle inscrit son parcours dans une tradition de figures rebelles du sport, où l’individu s’oppose à la machine institutionnelle. 
Dans cette perspective, Cantona n’est pas un “mauvais élève”, mais un acteur qui réaffirme la primauté de l’individu sur l’organisation.
Cantona développe aussi une relation particulière aux médias. Ses interventions publiques, souvent brèves et énigmatiques, relèvent d’une véritable performativité discursive.
L’exemple le plus célèbre — la métaphore des “mouettes et du chalutier” — illustre cette capacité à produire un discours à la fois opaque, poétique et subversif.
Ce type d’énonciation lui permet : de déjouer les attentes médiatiques, de construire une aura d’imprévisibilité, de déplacer le football vers le champ symbolique, en lui donnant une dimension quasi philosophique.
Cantona transforme ainsi la conférence de presse en scène artistique, et le joueur en acteur de sa propre mythologie.

Enfin le style de jeu de Cantona — puissant, créatif, parfois brutal — participe également à son image de rebelle. Son corps n’est pas seulement un instrument de performance : il devient un vecteur d’expression. Le col relevé, devenu emblème, fonctionne comme un signe visuel d’insubordination. Sa posture sur le terrain, droite, presque théâtrale, affirme une présence souveraine. Ses gestes techniques, souvent imprévisibles, expriment une liberté créatrice incompatible avec la standardisation croissante du football moderne.

Cantona incarne ainsi une forme de romantisme moderne, où l’individu refuse de se laisser absorber par les logiques institutionnelles. La figure d’Éric Cantona ne peut être réduite à ses performances sportives. Elle relève d’une construction complexe, articulant transgression, performativité médiatique et symbolique corporelle.


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10 juin 2026

Didier Six, un footballeur à part

Quand, enfant, je regardais les Bleus lors de la Coupe du monde 1978 en Argentine, je n'imaginais pas qu'un jour je rencontrerais Didier Six. Des décennies plus tard, le destin allait pourtant me permettre de croiser la route de cet ailier talentueux, l'un des joueurs les plus atypiques et attachants de sa génération.
À l'époque, l'équipe de France n'avait pas encore atteint les sommets qu'elle connaîtrait quelques années plus tard. Mais déjà, Didier Six attirait les regards par sa vitesse, son sens du dribble et son audace. Avec sa silhouette élancée et son jeu imprévisible, il incarnait un football fait d'inspiration et de liberté.

Parmi les joueurs qui ont marqué le football français des années 1970 et 1980, peu présentent un parcours aussi singulier que celui de Didier Six. Ailier gauche spectaculaire, dribbleur instinctif et aventurier du football avant l'heure, il a construit une carrière loin des chemins classiques.
Né à Lille le 21 août 1954, Didier Six débute très jeune à Valenciennes FC. Son style de jeu séduit rapidement : vitesse, qualité technique, capacité à éliminer son adversaire et sens du but. Ses performances attirent l'attention du sélectionneur Michel Hidalgo, qui lui offre sa première sélection en équipe de France en 1976, lors d'un match où débute également Michel Platini. Avec les Bleus, Didier Six compte 52 sélections et 13 buts. Il participe aux Coupes du monde 1978 et 1982 et fait partie de l'équipe qui remporte le Championnat d'Europe 1984, premier grand titre de l'histoire du football français.
Mais ce qui distingue surtout Didier Six, c'est son parcours de globe-trotter. À une époque où les joueurs français quittent rarement leur championnat, il évolue dans plusieurs pays : France, Belgique, Allemagne, Angleterre et Turquie. Il porte notamment les couleurs d'Olympique de Marseille, d'Aston Villa, de VfB Stuttgart et de Galatasaray.
Son aventure turque est particulièrement originale. Afin d'être considéré comme joueur national, il obtient la nationalité turque et adopte le nom de « Dündar Siz ». Avec Galatasaray, il remporte le championnat et la coupe de Turquie en 1988.
Joueur talentueux mais parfois jugé irrégulier, Didier Six n'a jamais eu la notoriété de Platini ou de Giresse. Pourtant, son influence dans le jeu et son caractère indépendant ont marqué toute une génération. Ailier moderne avant l'heure, il privilégiait l'audace et le dribble à une époque où le football français était souvent plus rigide.
Après sa carrière de joueur, il devient entraîneur et dirige notamment les sélections nationales du Togo, de Maurice et de la Guinée.


Didier Six reste ainsi une figure à part du football français : champion d'Europe, voyageur infatigable, pionnier de l'expatriation et joueur de tempérament, dont la carrière atypique mérite d'être redécouverte.

10 juin 2026

Splendidement Chazel !

Pas de chance au niveau de la météo pour les deux fois où j'ai vu Marie-Anne Chazel à Saint-Étienne. Le froid était au rendez-vous et l'actrice était emmitouflée dans des vêtements chauds, portant même un chapeau qui la rendait presque méconnaissable au premier regard. Malgré cela, son sourire et sa présence chaleureuse restaient bien reconnaissables.

Son parcours est étroitement lié à celui de la troupe du Splendid, qui a profondément marqué le cinéma et l'humour français...
                  Les débuts d'une troupe légendaire
L'histoire commence au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine où Marie-Anne Chazel rencontre Christian Clavier, Michel Blanc, Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte. Avec l'arrivée de Josiane Balasko, ils fondent en 1974 la troupe du Le Splendid. Ce collectif de jeunes artistes commence dans les cafés-théâtres parisiens avant de conquérir un public toujours plus large.

   Marie-Anne Chazel, une actrice au talent comique unique

Née à Gap en 1951, Marie-Anne Chazel se distingue rapidement par son énergie, son sens du rythme comique et sa capacité à interpréter des personnages hauts en couleur. Son premier grand succès arrive avec le film Les Bronzés, dans lequel elle incarne Gigi, une jeune secrétaire naïve et attachante. Le film devient un phénomène populaire et propulse toute la troupe sur le devant de la scène.
                     Les succès cultes du Splendid

 

Au fil des années, la bande du Splendid enchaîne les succès. Après Les Bronzés et Les Bronzés font du ski, les comédiens connaissent un nouveau triomphe avec Le Père Noël est une ordure. Marie-Anne Chazel y interprète Zézette, un personnage excentrique dont les répliques sont encore citées aujourd'hui.
La troupe poursuit son ascension avec des œuvres comme Papy fait de la résistance et d'autres comédies devenues des classiques du cinéma français. Leur humour, fondé sur l'observation des comportements humains et le sens de l'autodérision, séduit un public très large.

8 juin 2026

La valse des entraîneurs à Saint-Etienne

À peine a-t-on le temps de faire une photo avec le nouvel entraîneur qu'il ne tarde déjà plus à rendre les clés du centre d'entraînement. Le dernier en date, Philippe Montanier, n'aura effectué qu'un bref passage dans le Forez. Arrivé pour tenter de relancer la machine stéphanoise, il préfère déjà filer vers un projet de Ligue 1, laissant une nouvelle fois l'ASSE à la recherche d'un nouveau visage pour diriger son équipe première.
Cette situation est devenue une habitude. Depuis le départ de Christophe Galtier en mai 2017, le banc stéphanois est entré dans une période d'instabilité chronique. En neuf ans, pas moins de dix entraîneurs se sont succédé, sans compter les intérims. Une véritable valse qui empêche le club de s'inscrire dans la durée.
Le contraste avec l'ère Galtier est saisissant. Resté en poste durant 7 ans et 5 mois, le technicien marseillais demeure une exception dans le football moderne. Depuis son départ, aucun entraîneur n'a réussi à dépasser les 2 ans et 2 mois de Claude Puel. Jean-Louis Gasset et Laurent Batlles suivent avec 1 an et 6 mois chacun, tandis qu'Olivier Dall'Oglio n'aura tenu qu'une saison. Plus récemment, Eirik Horneland a quitté le banc après seulement 1 an et 2 mois, et Philippe Montanier après quelques mois à peine.
             Le classement de longévité est révélateur :  
Christophe Galtier : 7 ans et 5 mois
Claude Puel : 2 ans et 2 mois
Jean-Louis Gasset : 1 an et 6 mois
Laurent Batlles : 1 an et 6 mois
Eirik Horneland : 1 an et 2 mois
Olivier Dall'Oglio : 1 an
Pascal Dupraz : 6 mois
Philippe Montanier : 5 mois
Óscar García : 5 mois
Ghislain Printant : 4 mois
Julien Sablé : 1 mois
Ces chiffres montrent à quel point Galtier fait figure d'exception. À lui seul, il représente près de la moitié du temps cumulé passé sur le banc stéphanois depuis 2009. Plus frappant encore, les dix entraîneurs qui lui ont succédé totalisent en moyenne à peine une année de présence chacun.Cette rotation permanente a forcément des conséquences. Chaque changement entraîne une nouvelle méthode de travail, une nouvelle philosophie de jeu, de nouveaux choix de recrutement et parfois même une remise en question de l'effectif. Dans ces conditions, construire un projet cohérent sur plusieurs saisons devient particulièrement difficile.
Bien sûr, les résultats sportifs expliquent en partie cette instabilité. Mais ils ne suffisent pas à eux seuls. Depuis plusieurs années, l'ASSE semble enfermée dans une logique d'urgence où l'entraîneur devient la variable d'ajustement dès que les résultats se dégradent. Le temps long, qui avait permis à Galtier de bâtir une équipe compétitive et respectée, paraît désormais appartenir à une autre époque.
Alors que le club s'apprête une nouvelle fois à nommer un nouvel entraîneur, une question se pose : l'ASSE saura-t-elle enfin redonner du temps à son futur coach pour construire, ou la valse des entraîneurs continuera-t-elle de tourner au rythme des saisons stéphanoises ?

Le 8 juin 2026 c'est Ian Cathro qui succède à Montanier. C'est un écossais de 39 ans. Après avoir dirigé les Canarinhos d’Estoril pendant deux ans (les menant aux 8e et 10e places du championnat), l’ancien adjoint de Nuno Espirito Santo à Valence s’apprête donc à relever un nouveau défi dans le Forez, il a voyagé  entre l’Écosse, l’Angleterre, l’Espagne et l’Arabie saoudite.

7 juin 2026

Quand Robert Pirès devait « muscler son jeu »

 

 

Aujourd'hui dans les tentacules de la Stratégie Du Poulpe: un champion du monde.
Certaines séquences ont marqué à jamais l'histoire du football français. Parmi elles figure ce célèbre échange entre Aimé Jacquet et Robert Pirès, immortalisé dans le documentaire Les Yeux dans les Bleus lors de la préparation de la Coupe du monde 1998.

Face à son milieu offensif, alors âgé de 24 ans, le sélectionneur de l'équipe de France prononce une phrase devenue culte : « Muscle ton jeu, Robert ! » Un conseil qui résume à lui seul les interrogations entourant le joueur à cette époque. Malgré un talent technique reconnu de tous, Pirès est parfois jugé trop discret dans l'engagement physique et les duels.

Jacquet souhaite alors voir son protégé gagner en intensité afin de franchir un nouveau cap au plus haut niveau. Un message qui s'inscrit dans la philosophie de l'entraîneur français, convaincu que le talent seul ne suffit pas pour s'imposer sur la scène internationale.

 

Pourtant, avec le recul, Robert Pirès reconnaît volontiers n'avoir jamais véritablement suivi cette recommandation. L'ancien international français a souvent expliqué qu'il était resté fidèle à sa nature de joueur, privilégiant la technique, l'intelligence de jeu et la créativité plutôt que le combat physique.

Un choix qui ne l'a pas empêché de connaître l'une des plus belles carrières du football français. Champion du monde en 1998 puis champion d'Europe en 2000 avec les Bleus, Pirès s'est également imposé comme l'un des joueurs majeurs d'Arsenal au début des années 2000 sous les ordres d'Arsène Wenger.

En Angleterre, son élégance balle au pied, sa qualité de passe et son sens du collectif font merveille. Membre incontournable de l'équipe des « Invincibles », sacrée championne d'Angleterre sans la moindre défaite en 2004, il devient l'un des symboles du jeu offensif prôné par Wenger.

Près de trois décennies après cette scène devenue mythique, la formule d'Aimé Jacquet continue d'accompagner Robert Pirès. Régulièrement interrogé à ce sujet, l'ancien milieu offensif répond avec humour qu'il n'a jamais réellement « musclé son jeu ».

Une manière de rappeler que dans le football de haut niveau, il existe plusieurs chemins vers l'excellence. Celui de Robert Pirès s'est construit sur la finesse et le talent, bien plus que sur la puissance physique.

7 juin 2026

Bernard Cazeneuve appelle les Français à ne pas céder au dégagisme

Présent au congrès national du Parti Radical de Gauche (PRG) qui s'est tenu à Lyon le 6 juin, j'ai pu écouter avec attention l'intervention de Bernard Cazeneuve. Dans un contexte politique marqué par la défiance, la montée des populismes et l'affaiblissement de la confiance envers les institutions, l'ancien Premier ministre a délivré un message qui mérite d'être entendu : les Français ne doivent pas céder à la tentation du dégagisme.

Le mot n'est pas nouveau. Depuis plusieurs années, il traduit une forme de rejet généralisé de la classe politique et de ceux qui exercent des responsabilités. À chaque échéance électorale, la colère s'exprime et conduit certains électeurs à vouloir sanctionner systématiquement les dirigeants en place, parfois davantage par exaspération que par adhésion à un projet alternatif.

Bernard Cazeneuve a mis en garde contre cette logique qui consiste à croire que le simple fait de remplacer les responsables actuels suffirait à résoudre les problèmes du pays. La colère est compréhensible. Les difficultés du quotidien, les inégalités persistantes, le sentiment de déclassement et les inquiétudes face à l'avenir nourrissent une demande de changement. Mais le changement n'a de sens que s'il repose sur un projet solide, cohérent et réaliste.

L'expérience récente de nombreuses démocraties montre que les votes de rejet peuvent parfois conduire à de nouvelles désillusions. Chasser les uns sans examiner sérieusement les propositions des autres n'est pas une garantie d'amélioration. 

C'est dans cet esprit que Bernard Cazeneuve défend une gauche républicaine, sociale-démocrate et européenne. Une gauche qui ne renonce ni à la justice sociale ni à l'ambition de transformation, mais qui refuse les promesses irréalisables et les postures de rupture permanente. 

Il  s'est donc placé comme un meneur d'une «coalition des volontaires» désireux non pas de renverser mais «redresser» la table.  «Mais ce n'est pas une détermination pour moi-même. Ce n'est pas une détermination destinée à expliquer que je suis indispensable», a-t-il ensuite nuancé devant les membres du PRG réunis en congrès afin de réélire pour un troisième mandat à leur tête Guillaume Lacroix.

7 juin 2026

Dominique de Villepin : une figure de l’art oratoire

Aujourd'hui nous capturons dans les tentacules de la Stratégie Du Poulpe: un ancien premier ministre candidat à la présidentielle de 2027. Il était en déplacement à Saint-Etienne.


L’art oratoire est l’art de convaincre, d’émouvoir et de captiver un auditoire par la parole. Depuis l’Antiquité, les grands orateurs ont marqué l’histoire grâce à leur capacité à défendre des idées avec éloquence, maîtrise du langage et force de persuasion. Un bon orateur ne se contente pas de transmettre des informations : il sait donner du sens à son discours, utiliser des arguments solides et toucher les émotions de son public.
Parmi les figures contemporaines souvent citées pour leurs qualités oratoires figure Dominique de Villepin. Diplomate, écrivain et homme politique français, il est reconnu pour son style d’expression raffiné, sa culture littéraire et sa maîtrise de la rhétorique. Son discours prononcé devant le Conseil de sécurité des Nations unies en 2003 contre l’intervention militaire en Irak demeure l’un des exemples les plus marquants de l’art oratoire dans la politique française contemporaine. Par la force de ses arguments et l’élégance de son expression, il a su défendre une position diplomatique qui a marqué les esprits bien au-delà des frontières françaises.

 

6 juin 2026

À Lyon, Jean-Louis Borloo dénonce la « France des contrôleurs »

Invité par Guillaume Lacroix au congrès du Parti radical de gauche, ce samedi 6 juin à Lyon, Jean-Louis Borloo a livré une critique sévère de l'organisation administrative française. Multiplication des contrôleurs, empilement des agences, dilution des responsabilités et manque de diversité dans les centres de décision : l'ancien ministre appelle à une profonde simplification de l'action publique.
 

Devant les militants, élus et responsables politiques (dont Bernard Cazeneuve) réunis pour l'événement, Jean-Louis Borloo a développé une réflexion qu'il porte depuis plusieurs années : celle d'une France qui, à force d'accumuler les procédures, les agences et les organismes de contrôle, risque de perdre sa capacité à agir efficacement.     

        

            « Nous sommes devenus un pays de contrôleurs »


Pour l'ancien ministre, le problème ne réside pas dans l'existence des contrôles eux-mêmes, indispensables au bon fonctionnement d'un État moderne. Ce qu'il critique, c'est leur multiplication continue.
Selon lui, chaque projet public semble désormais entouré d'une multitude d'intervenants : coordinateurs, inspecteurs, agences, comités de suivi, comités de pilotage ou encore autorités administratives spécialisées.
Cette superposition de structures finit par produire un système où les responsabilités se diluent. Lorsqu'une décision tarde à être prise ou lorsqu'un projet se bloque, il devient souvent difficile d'identifier clairement qui décide réellement et qui doit rendre des comptes.
Jean-Louis Borloo estime que cette évolution a progressivement transformé une partie de l'administration en machine de contrôle davantage qu'en outil d'action.


     La « pollinisation », clé d'une administration plus ouverte. 

Mais au-delà de la critique institutionnelle, Jean-Louis Borloo a insisté sur ce qu'il considère comme un problème plus profond : le manque de diversité des parcours au sein des centres de décision.

 Il utilise pour cela une expression qu'il affectionne particulièrement : la « pollinisation ».
Par cette métaphore, il désigne la circulation des idées, des expériences et des compétences entre différents univers professionnels. Selon lui, les grandes administrations françaises gagneraient à s'ouvrir davantage aux entrepreneurs, aux scientifiques, aux ingénieurs, aux médecins, aux agriculteurs ou encore aux acteurs associatifs.
Pour Borloo, une organisation qui recrute essentiellement dans les mêmes filières et les mêmes parcours finit inévitablement par développer des réflexes communs et une vision parfois éloignée des réalités concrètes.

              La question reste donc entière : comment préserver ces garanties tout en redonnant à l'action publique la souplesse et l'efficacité dont elle a besoin ?


 

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