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La Stratégie Du Poulpe -Serge-FREYDIER

9 février 2026

  II. Bourdieu – Habitus et Champs

 

Avec Bourdieu, les structures symboliques décrites par Lacan trouvent leur prolongement dans le monde social. Le langage n’est jamais neutre : il est pris dans des espaces hiérarchisés que Bourdieu nomme champs. Un champ est un espace de positions et de luttes, doté de règles propres, où se distribuent des enjeux spécifiques. Chaque champ — artistique, politique, économique, académique — impose sa logique, son « sens du jeu ».

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Le sujet n’y entre pas comme une conscience libre, mais avec un habitus, c’est‑à‑dire un système de dispositions incorporées. L’habitus est ce que la société inscrit dans le corps : des manières de percevoir, de sentir, de juger et d’agir qui paraissent naturelles, mais qui sont le produit de conditions sociales déterminées. Il est structuré par le passé social du sujet et structurant de ses pratiques présentes.

 

Les positions dans les champs dépendent des capitaux que le sujet possède : capital économique (ressources matérielles), capital culturel (savoirs, diplômes, goûts), capital social (réseaux), capital symbolique (prestige).

 

Chaque champ valorise certains capitaux plus que d’autres, et c’est en fonction de ces ressources que le sujet peut agir, parler, désirer.

La doxa désigne ce qui va de soi dans un champ : les évidences tacites, les normes implicites, les croyances non questionnées. Elle règle ce qui est pensable, dicible, désirable. L’illusio, enfin, est l’investissement du sujet dans le jeu du champ : le fait d’y croire, d’y investir son désir, d’y engager sa jouissance.

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Ainsi, l’entrée dans le langage lacanienne trouve ici son ancrage social : le sujet parle comme Lacan l’explique, mais il parle dans une structure sociale particulière, dont Bourdieu montre les régularités et les hiérarchies. Le sujet est donc doublement déterminé : par l’inconscient (Lacan) et par les structures sociales (Bourdieu). Ces deux logiques ne s’ajoutent pas : elles s’entrelacent pour produire un ordre invisible qui oriente les désirs, distribue les places et conditionne les trajectoires.

→ Le sujet est donc doublement déterminé : par l’inconscient (Lacan), par les structures sociales (Bourdieu).

Ces deux contraintes s’articulent en un mouvement co-déterminant : l’inconscient n’est pas séparé du monde social ; il s’y incorpore et s’y exprime.

Retour au plan: Présentation de notre théorie de l’Ordre social de l’inconscient Serge Freydier - Site de SES -Serge-FREYDIER

9 février 2026

III. L’Ordre social de l’inconscient — RSI structuré socialement (Lacan / Bourdieu)

L’Ordre social de l’inconscient désigne le mode selon lequel les structures sociales (Bourdieu) s’inscrivent dans le nouage Symbolique–Imaginaire–Réel (Lacan), produisant des formes historiquement situées de subjectivité, de désir et de jouissance.

L’inconscient n’est pas seulement structuré comme un langage, il est structuré comme un langage socialement institué, soutenu par des identifications socialement hiérarchisées, et traversé par un réel social de l’impossible.


1. Symbolique ↔ champs, institutions et capital symbolique

Chez Lacan, le Symbolique est l’ordre de la loi, du langage, de la castration et du Nom-du-Père.
Chez Bourdieu, il trouve son équivalent structural dans :

  • les champs (espaces de positions régis par des règles spécifiques),

  • les institutions,

  • le capital symbolique,

  • la doxa.

Le Nom-du-Père n’est jamais abstrait : il est historiquement et socialement incarné.
L’école, l’État, le droit, la famille sont des formes sociales de la loi symbolique.

Les discours lacaniens correspondent aux modalités symboliques des champs :

  • Discours du Maître → doxa, ordre établi, légitimité dominante ;

  • Discours Universitaire → production et légitimation savante ;

  • Discours de l’Hystérique → mise en crise des hiérarchies ;

  • Discours de l’Analyste → suspension de la doxa, ouverture du singulier.

👉 Le Symbolique est donc le champ social intériorisé comme loi.


2. Imaginaire ↔ habitus, distinctions et identifications sociales

L’Imaginaire est le registre des identifications, de l’image du corps, du moi et des rivalités.
Bourdieu permet d’en penser la structure sociale.

L’habitus peut être compris comme un imaginaire social incorporé :

  • façons de parler, de se tenir, de se projeter ;

  • manières de se percevoir comme « à sa place » ou « illégitime » ;

  • idéaux du moi socialement différenciés.

Les hiérarchies de classe, de genre, de culture s’inscrivent dans l’Imaginaire sous forme de :

  • honte, fierté, distinction,

  • sentiment de mérite ou d’imposture,

  • anticipation des possibles et des impossibles.

👉 L’Imaginaire est le lieu où le champ social devient image de soi.


3. Réel ↔ impossibles sociaux, domination et jouissance

Le Réel est ce qui échappe à la symbolisation, ce qui fait trou, ce qui insiste.
Chaque ordre social produit son Réel spécifique, que Bourdieu décrit comme :

  • impossibilités structurelles (mobilité sociale bloquée),

  • contradictions internes aux champs,

  • violence symbolique méconnue,

  • souffrances sociales non reconnues.

La jouissance est ici centrale :
elle est à la fois canalisée par l’ordre social et entravée par lui.
Le Réel apparaît lorsque les promesses symboliques du champ (mérite, réussite, reconnaissance) échouent.

👉 Le Réel est le point où la domination ne peut plus se dire, mais se subit.


4. Le nouage RSI comme structure sociale incorporée

L’Ordre social de l’inconscient est le nouage socialisé du RSI :

  • Symbolique : champs, institutions, doxa, capitaux symboliques ;

  • Imaginaire : habitus, identifications, classements incorporés ;

  • Réel : impossibles sociaux, jouissance, symptômes.

Ce nouage est incorporé, durable, pré-réflexif.
Il produit des sujets qui :

  • désirent selon leur position dans les champs,

  • s’identifient selon des hiérarchies socialement construites,

  • butent sur un réel de jouissance qui excède toute rationalisation.


5. Définition finale

L’Ordre social de l’inconscient désigne la manière dont les structures sociales (champs, habitus, capitaux) se nouent au Symbolique, à l’Imaginaire et au Réel, produisant des formes historiquement situées de subjectivité.

Le sujet hérite :

  • d’une place symbolique dans les champs,

  • d’une image de soi socialement façonnée,

  • d’un réel de jouissance et d’impossibilité,

  • d’un mode de désir et d’un style d’existence,

avant même de croire choisir.

L’inconscient est ainsi socialement structuré, sans jamais se réduire au social.

9 février 2026

 IV. Dernier Lacan + Deleuze & Guattari

 IV. Dernier Lacan + Deleuze & Guattari

Avec le sinthome, l'agencement et la déterritorialisation : comment sortir de l’ordre social de l’inconscient?

Après avoir décrit comment le sujet est façonné par le symbolique (Lacan) et le social (Bourdieu), il nous faut penser ce qui permet de s’en dégager partiellement — non en s’arrachant au monde, mais en reconfigurant son rapport à celui-ci. Cette ouverture est précisément rendue possible par la rencontre entre le dernier Lacan et Deleuze & Guattari.

Après avoir montré comment le sujet est structuré par le symbolique (Lacan) et par les champs sociaux (Bourdieu), il reste à penser ce qui permet de se déprendre, au moins partiellement, de cet enchevêtrement. Ni fuite mystique, ni liberté illusoire : une reconfiguration du rapport au monde.

Cette ouverture devient possible grâce à la rencontre entre :

  • le dernier Lacan, qui déplace la psychanalyse vers la singularité du sinthome

  • Deleuze & Guattari, qui pensent le désir comme puissance de création, d’agencement et de déterritorialisation

Ces deux pensées, souvent opposées, se rejoignent pourtant sur un point essentiel : il existe un mode d’existence qui échappe aux déterminations dominantes, non en les niant, mais en les reconfigurant.

 1. Le dernier Lacan — Le sinthome comme nouage singulier

Dans son dernier enseignement, Lacan ne cherche plus à interpréter l’inconscient comme un texte. Il s’intéresse à ce qui, en chacun, fait tenir le sujet malgré l’absence de garantie ultime.

C’est le sinthome (avec th) :

  • une organisation singulière de la jouissance

  • un mode de nouage du Réel, du Symbolique et de l’Imaginaire

  • un bricolage existentiel, non interprétable

  • une manière propre de supporter l’être et le monde

  • une invention personnelle, irréductible à la norme

Là où le symptôme demande interprétation, le sinthome demande soutien.

Il n’est pas à dissoudre, mais à apprivoiser. C’est ce qui permet à un Joyce, un artiste, un artisan, un mystique, un marginal, un sportif, de tenir debout malgré — ou grâce à — son étrangeté.

Dans ta théorie, le sinthome est ce qui ouvre une singularité au sein même de l’ordre social de l’inconscient.

 2. Deleuze & Guattari — Agencements, devenirs, lignes de fuite

Chez Deleuze & Guattari, le sujet n’est pas une entité fixe, mais une multiplicité en mouvement. Le désir n’est pas manque (contre Lacan), mais production, flux, puissance d’agencement.

Trois notions sont essentielles :

a) L’agencement

Un agencement est une composition hétérogène : humains, objets, affects, signes, lieux, machines. Il produit un certain fonctionnement, une manière d’être.

b) Le devenir

Le devenir n’est pas imitation, mais transformation : devenir-animal, devenir-femme, devenir-enfant… Ce sont des lignes de variation qui échappent aux identités fixes.

c) La déterritorialisation

C’est le mouvement par lequel un agencement rompt avec ses coordonnées habituelles. Non pas fuite hors du monde, mais changement de mode d’être dans le monde.

Donc, Deleuze & Guattari montrent comment le désir peut bifurquer, inventer, s’échapper des déterminations sociales.

 3. Le point de jonction : Sinthome et Agencement
  • le sinthome est une singularité interne (un nouage propre de la jouissance)

  • l’agencement est une singularité externe (une composition de forces, d’objets, de relations)

Les deux peuvent se répondre.

Le sinthome donne une consistance au sujet.

L’agencement ouvre des possibles dans le monde.

Ensemble, ils permettent :

  • de déplacer les déterminations symboliques

  • de contourner les déterminations sociales

  • de créer des modes d’existence inédits

  • de tracer des lignes de fuite qui ne sont pas des fuites hors du réel

  • de produire une puissance d’agir nouvelle

Là où l’habitus enferme, le sinthome ouvre une singularité.

Là où le champ normativise, l’agencement produit du possible.

Retour au plan: Présentation de notre théorie de l’Ordre social de l’inconscient Serge Freydier - Site de SES -Serge-FREYDIER

9 février 2026

V-Le modus octopus

. La sortie : du sujet déterminé au Modus Octopus

Le Modus Octopus n’est pas un idéal, ni un modèle psychologique, ni un type social. C’est une figure conceptuelle qui désigne un mode d’existence capable de traverser, d’assumer et de reconfigurer l’Ordre social de l’inconscient.

Il ne s’agit pas de s’émanciper du symbolique ou du social — ce serait une illusion. Il s’agit de changer de rapport à ces déterminations, en mobilisant :

  • la puissance vitale du conatus (Spinoza)

  • la structure du désir (Lacan)

  • l’incorporation des champs (Bourdieu)

  • la singularité du sinthome (dernier Lacan)

  • la créativité des agencements (Deleuze & Guattari)

Le Modus Octopus est le sujet qui parvient à faire jouer ensemble ces dimensions.

 1. Traverser l’ordre social de l’inconscient

Le Modus Octopus commence par une traversée :

  • repérer ses déterminations symboliques (castration, manque-à-être, discours)

  • repérer ses déterminations sociales (habitus, capitaux, doxa)

  • comprendre comment son désir a été orienté

  • comprendre comment sa jouissance a été distribuée

  • comprendre comment sa place a été assignée

Ce n’est pas une prise de conscience morale, mais une cartographie : reconnaître les forces qui nous traversent.

Le poulpe ne nie pas les courants : il apprend à les lire.

 2. S’approprier son sinthome

Le Modus Octopus ne cherche pas à se normaliser. Il ne cherche pas à « guérir » son symptôme. Il ne cherche pas à devenir conforme.

Il cherche à soutenir son sinthome : ce nouage singulier de jouissance qui lui permet d’exister.

Le sinthome devient :

  • un point d’appui

  • un style

  • une manière d’être

  • une signature existentielle

  • une consistance propre

Là où l’habitus enferme, 👉 le sinthome ouvre une singularité.

 3. Créer des agencements

Le Modus Octopus ne se contente pas d’une singularité intérieure. Il compose des agencements : des alliances, des connexions, des dispositifs, des pratiques, des milieux.

Il ne cherche pas une identité stable, mais des configurations vivantes.

Comme un poulpe :

  • il change de couleur

  • il change de texture

  • il change de milieu

  • il se glisse dans les interstices

  • il invente des solutions non prévues par la structure

Là où le champ normativise, l’agencement produit du possible.

 4. Déterritorialiser sans se perdre

Le Modus Octopus suit des lignes de fuite, mais pas des fuites hors du monde. Il ne s’évade pas : il déplace.

Déterritorialiser signifie :

  • changer de coordonnées

  • déplacer les évidences

  • ouvrir des devenirs

  • rompre avec les assignations

  • inventer des usages inattendus

Ce n’est pas une fuite, mais une variation.

Le poulpe ne quitte pas l’océan : il en change la logique.

 5. Une intelligence tentaculaire

Le Modus Octopus n’est pas centralisé. Il n’est pas gouverné par un Moi unifié. Il n’est pas prisonnier d’une identité fixe.

Il fonctionne comme un poulpe :

  • intelligence distribuée : plusieurs centres d’action

  • plasticité : adaptation immédiate

  • multiplicité : pas un, mais plusieurs

  • connexion : tentaculaire plutôt qu’arborescent

  • créativité : solutions imprévues

  • souplesse : pas de rigidité identitaire

Il ne cherche pas à être cohérent : il cherche à être vivant.

 6. Définition finale

Le Modus Octopus est un mode d’existence qui, ayant traversé l’ordre social de l’inconscient, parvient à soutenir son sinthome et à créer des agencements qui augmentent sa puissance d’agir. Il ne s’arrache pas au monde : il reconfigure son rapport au monde. Il n’est pas un sujet unifié, mais une multiplicité plastique, tentaculaire, capable de devenir.

 7. Pourquoi le poulpe ?
  • il pense avec ses tentacules

  • il change de forme

  • il se faufile partout

  • il n’a pas de centre fixe

  • il est joueur, créatif, imprévisible

  • il vit dans un milieu fluide

  • il résout des problèmes sans plan préétabli

C’est l’image d’un sujet non centralisé, non identitaire, non capturable.

 Retour au plan: Présentation de notre théorie de l’Ordre social de l’inconscient Serge Freydier - Site de SES -Serge-FREYDIER

13 janvier 2026

COACH COURBIS et la faconde du sud

J’ai eu la chance de rencontrer Roland Courbis avant un match entre Saint-Étienne et Montpellier. L'équipe faisait la traditionnelle promenade devant l'hôtel. 
C'est l'occasion de revenir sur la faconde du sud. Exubérante, imagée, chaleureuse : la faconde du Sud ne se limite pas à un accent. Elle raconte une manière d’être au monde, de créer du lien et de faire vivre la parole. . On raconte, on amplifie, on rit, on interpelle. La faconde, ce flot verbal parfois débordant, s’impose comme une signature culturelle aussi reconnaissable que le chant des cigales ou les places de village animées.
La faconde du Sud se nourrit de l’oralité. Elle se construit dans les marchés, les cafés, les repas de famille. Ici, la conversation est un spectacle partagé, où l’exagération n’est pas mensonge mais couleur, où l’anecdote vaut souvent plus qu’un long raisonnement.
Souvent réduite à une intonation chantante, la faconde est surtout une posture sociale. Elle traduit un rapport direct aux autres, une volonté de capter l’attention, de séduire, parfois de provoquer. Parler, c’est exister dans le groupe.

Avec Courbis, le football ne se résume jamais à un schéma tactique ou à une feuille de match : c’est une histoire racontée, une parole qui déborde, un accent qui chante.
Courbis, c’est d’abord une voix. Une voix du Sud, solaire, gourmande, qui roule les mots comme on roule une cigarette ou comme on fait durer un café en terrasse. Une voix qui rassure autant qu’elle amuse, capable d’expliquer un hors-jeu douteux avec la sagesse d’un vieux sage provençal et l’humour d’un conteur de bar du Vieux-Port.
Sa faconde est devenue sa signature. Là où d’autres s’abritent derrière la langue de bois, lui préfère la métaphore, l’anecdote, la formule qui claque. 
Mais derrière le verbe, il y a le fond. Un amour sincère du jeu, une connaissance intime des vestiaires, et cette conviction très méridionale que le football est avant tout une affaire d’hommes, de caractère et de confiance. Courbis n’a jamais renié cette vision charnelle du sport, où l’émotion compte autant que la tactique.

Dans un monde du football de plus en plus aseptisé, formaté pour les conférences de presse et les éléments de langage, Roland Courbis fait figure de résistance culturelle. Il incarne un Sud qui parle fort, qui exagère parfois, mais qui ne triche jamais. Un Sud où le football est une conversation permanente, un prétexte à refaire le match, à philosopher, à rire.
Finalement, Courbis, ce n’est pas seulement un entraîneur ou un consultant. C’est une ambiance. Une manière d’être. Une faconde qui rappelle que le football, avant d’être un business, reste une histoire de passion, racontée avec l’accent et le cœur.

3 janvier 2026

« La bande à Darroussin : plus soudée qu’une bouillabaisse »

C'était sympa de discuter un peu avec lui. Jean‑Pierre Darroussin fait partie de ces visages qui incarnent une certaine idée du cinéma français : simple, humain, profondément vrai. 
Jean‑Pierre Darroussin et Robert Guédiguian, c’est une histoire de fidélité rare dans le cinéma français. Autour d’eux gravite une véritable famille d’acteurs marseillais — Ariane Ascaride, Gérard Meylan, et quelques autres visages familiers — qui, film après film, racontent ensemble la même humanité chaleureuse, cabossée, profondément solidaire.
Guédiguian, avec son regard tendre et engagé, met en scène Marseille comme un personnage à part entière : ses ports, ses quartiers populaires, ses colères, ses élans de fraternité. Darroussin, lui, y apporte cette douceur un peu mélancolique, ce naturel désarmant qui donne à chaque rôle une vérité presque documentaire.

Ensemble, ils composent un cinéma du cœur, un cinéma de la parole vraie, où l’on parle de travail, d’amitié, de luttes, de famille, de dignité. Une petite troupe soudée, qui avance comme une bande d’amis de toujours, et qui continue de faire exister un cinéma profondément humain.


 

2 janvier 2026

.Florian Thauvin est de retour .

Quand je l'avais vu il portait encore le maillot marseillais. 

Après plusieurs années passées loin de la Ligue 1, entre aventures mexicaines puis italiennes, Florian Thauvin effectue en 2025 un retour remarqué sur la scène française. À 32 ans, le champion du monde 2018 signe un comeback aussi inattendu que réussi, qui redonne un souffle nouveau à sa carrière.

Un choix inattendu, une évidence sur le terrain

Transféré à Lens durant l’été 2025, Thauvin n’avait pas prévu de revenir si tôt en France. Pourtant, l’appel des Sang et Or a changé la donne. Très vite, l’ailier s’est fondu dans le collectif lensois, apportant son expérience, son intelligence de jeu et sa qualité technique.
Dès les premières journées de championnat, il se distingue : but face à Brest, prestations solides, et même un titre de Joueur du mois de septembre en Ligue 1. Le public de Bollaert, toujours passionné, lui a offert un accueil à la hauteur de son pedigree.

Le retour en Bleu : une renaissance

L’autre grande surprise de cette fin d’année, c’est son retour en équipe de France après six ans d’absence. Rappelé pour pallier une blessure, Thauvin saisit aussitôt sa chance en ouvrant le score face à l’Azerbaïdjan.
Pour lui, ce retour a des airs de “première fois”, chargé d’émotion et de symbolique. Une preuve que le travail, la persévérance et la discipline finissent toujours par payer.

Un impact immédiat et une influence grandissante

À Lens, Thauvin s’impose déjà comme un cadre. Buteur, passeur, mais surtout meneur de vestiaire, il incarne le mélange d’expérience et d’ambition dont le club nordiste avait besoin pour franchir un cap. Son doublé récent contre Angers, qui propulse le club en tête du championnat, en est le parfait exemple.

Une deuxième carrière ?

Loin d’être en fin de cycle, Thauvin semble au contraire entamer une seconde jeunesse. En retrouvant un championnat qu’il connaît sur le bout des doigts, un environnement passionné et une dynamique positive, il renoue avec son meilleur niveau.
Si cette trajectoire se poursuit, le joueur pourrait bien redevenir un élément régulier du paysage footballistique français — et pourquoi pas, s’offrir une ultime aventure internationale.

23 novembre 2025

Michel Leeb, Leebre comme l’air

En ce froid mois de novembre j’ai rencontré le chaleureux Michel Leeb. Son sourire et son énergie communicative suffisent à réchauffer l’atmosphère. Derrière l’artiste aux mille imitations se cache un homme passionné par le rire, convaincu que l’humour est un langage universel capable de rapprocher les gens.

L’humour comme art de vivre

Pour Michel Leeb, l’humour n’est pas seulement un métier, c’est une philosophie. Comme il aime à le rappeler : « Il n’y a pas de règle dans ce métier. » Ses sketches, ses imitations et ses caricatures ont marqué plusieurs générations. Il joue avec les accents, les voix et les attitudes, transformant chaque personnage en miroir de nos travers quotidiens.

Un parcours impressionnant

Depuis les années 1980, Michel Leeb s’est imposé sur les scènes françaises et internationales. Ses one-man-shows remplissent les salles, ses passages télévisés sont devenus cultes, et son style reste reconnaissable entre mille. Sa longévité témoigne d’une capacité rare à s’adapter aux évolutions du goût du public. Il confie souvent : « J’ai jamais dissocié humour et musique. » Une phrase qui résume bien son univers, où le rire se mêle au rythme et à la mélodie.

Entre rires et débats

Bien sûr, certains sketches ont suscité des discussions sur les limites de la caricature. Mais c’est aussi cela, l’humour : un terrain où l’on teste, où l’on provoque, où l’on interroge la société. Michel Leeb assume cette part de controverse, convaincu que le rire doit rester libre, même s’il bouscule parfois.

Conclusion

Rencontrer Michel Leeb, c’est découvrir un artiste qui a fait du rire son instrument de partage. Dans ce mois de novembre glacé, il rappelle que l’humour est une chaleur humaine, une façon de créer du lien et de laisser une empreinte durable dans la mémoire collective. Et comme il aime à le dire avec malice : « Si vous allez dîner chez des amis, vous ne risquez rien ! Enfin, si, vous risquez de vous amuser ! »

 

8 novembre 2025

Rencontre avec Gernot Wieland, artiste de l'inconscient.

Je l’ai croisé lors du vernissage au MAMC+ de Saint‑Étienne, le 7 novembre. Gernot Wieland, silhouette discrète qui semblait  flotter dans l’atmosphère étrange qu’il crée à travers ses œuvres.

🎥 Un artiste qui raconte l’inconscient
Wieland est un conteur singulier. Ses films, dessins et installations ressemblent à des séances de psychanalyse collectives : on y croise des animaux dépressifs, des souvenirs d’enfance troublants, des récits où Freud, Kafka ou Marx apparaissent comme des fantômes familiers. L’humour y côtoie la mélancolie, et l’on se surprend à rire tout en ressentant une certaine inquiétude.

🧠 La psychanalyse comme fil conducteur
Ce qui frappe, c’est la manière dont il utilise la psychanalyse non pas comme une théorie figée, mais comme une boîte à outils pour explorer nos fragilités. Ses récits mettent en lumière la honte, la mémoire, les rêves, et les petites fissures qui nous traversent tous. On se reconnaît dans ces histoires, même si elles semblent absurdes ou décalées.
Plutôt que de citer Freud de manière théorique, Wieland incarne ses concepts dans des images absurdes et poétiques : des animaux dépressifs, des enfants confrontés à des figures religieuses, ou encore des amis happés par la folie. Ces motifs traduisent la lutte entre pulsions et interdits, entre désir et répression. 
Son travail révèle les cicatrices laissées par des institutions oppressives, des systèmes éducatifs rigides et des névroses fragiles, démêlant délicatement leur impact comme on déplierait un origami.  


🌍 Une œuvre intime et politique
En parlant de soi, Wieland parle aussi de nous. il questionne les normes sociales, les rapports de pouvoir, et la manière dont le langage structure nos vies. C’est une plongée dans l’intime qui débouche sur une réflexion collective.

 

3 novembre 2025

Question 3: Comment devenons-nous des acteurs sociaux?

         

  Question 3: comment devenons-nous des acteurs sociaux?

Nous verrons que pour trouver sa place dans la société, les individus doivent se socialiser.

 


A) Le processus de socialisation
La socialisation, c'est la transmission de NORMES et de VALEURS, de rôles, de langage.

Les normes sont des règles à suivre et les valeurs des idéaux indiquant le bien et le mal. Valeur= pour quoi faire, dans quel but? Norme= comment le faire?

Le rôle c'est ce que les autres attendent de nous (ex: rôle de parent).

 Exemple 1: l'influence de la socialisation :   (film pretty woman 1990)

Pourquoi Viviane fait elle des erreurs lors du repas? 

 

EXEMPLE 2:

BTS

            VALEURS (Pourquoi?) ------------> NORMES (Comment?) 

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La socialisation primaire va de l'enfance à l'adolescence et la socialisation secondaire se déroule à l'âge adulte. La socialisation dure toute la vie: les normes et valeurs inculquées durant l'enfance peuvent donc évoluer durant la vie d'adulte.
 

sec

  Nous avons vu le contenu de la socialisation, comment se fait elle ? Par imprégnation et inculcation.

L’inculcation utilise la contrainte (obligation). Elle a lieu essentiellement au sein de la famille et à l’école. Il y a apprentissage à la fois coercitif (punitions) et valorisant (récompenses). C’est par exemple l’apprentissage des règles de politesse par les parents.


                     

L’imprégnation repose sur l’observation et l’imitation : l’individu cherche à imiter ceux qui l’entourent, il intériorise des normes et des pratiques. Deux lieux sont importants pour la socialisation : la famille et le groupe de pairs. Les médias socialisent également par imprégnation.

EXEMPLE 1: Film être et avoir

Relevez des méthodes de socialisation

Min20 Instit ->25           Min 34 En famille

 

Exemple 2: Répondez aux questions:

Dans cet institut américain 1)quelle est la méthode de socialisation qui domine? 2)Pourquoi cet institut est-il demandé ?

3)Quels sont les points négatifs de cette méthode? 

 

 

 

R1. C'est une socialisation coercitive, avec la présence d'un très grand nombre de sanctions. Cependant le jeune est toujours en groupe (imitation).

ACA

 R2. Les familles souhaitent que l'institut RECADRE leurs enfants.

ACA1

R3. De retour à la vie normale, les jeunes ne vont pas forcément respecter les règles.

ACA3

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B) Quelles sont les instances de socialisation des jeunes ?

           Une instance de socialisation est un agent ayant pour rôle la mise en œuvre du processus de socialisation, la transmission de valeurs et de normes.                                      

BTS

La famille a un rôle très important dans la construction des individus. Les apprentissages de l’enfant avec ses parents mélangent des sentiments et de la contrainte et ils resteront profondément marqués dans l’esprit des adultes.
L’école a aussi un rôle très important dans l’apprentissage des normes et valeurs. Elle peut compléter ou contredire la socialisation familiale.
C’est aussi le cas pour les pairs et les médias.

              Exemple 1 : Quelles instances sont présentes dans cet extrait?  Laquelle influence le + Nicolas ?                

          LE PETIT NICOLAS - La dictée

     Exemple 2  

 

 

 

Petit frère 1997   I     T'es fou 2024

 

 

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Exemple: Quelles instances de socialisation pour BASQUIAT ? Des instances qui vont le marquer, qui? comment?   

 

   C) La socialisation différenciée: chacun est socialisé différemment

BTS

 

La socialisation dépend en partie du milieu social. Exemple le milieu ouvrier, agricole, bourgeois etc...

Cela va se traduire dans la façon de parler, de bouger, de penser.

Donc les normes et valeurs sont différentes selon la socialisation à l'intérieur d'un environnement social---

La profession de l'individu et de ses parents a donc une grande influence..

 

              Exemple vidéo :

Youssef a grandi dans un quartier populaire.  

 

    Les lieux où notre milieu nous socialise ont une influence.

Par exemple quelle école? 

ILLUSTRATION   Lycée Henri IV : un établissement d’exception

 Famille: milieu bourgeois--> Ecole; Lycée Henri IV--> Travail: Professions Intellectuelles supérieures

 

 

 

  Illustration , un exemple de confrontation de 2 milieux sociaux: le film Intouchables: 

 

the_intouchables

Deux personnages : un bourgeois handicapé et son aide à domicile. Après un accident de parapente qui l'a laissé paralysé, Philippe engage Driss pour l'aider. Banlieusard, tout juste sorti de prison.
Question: Driss et Philippe aiment-ils les mêmes loisirs? Pourquoi?

 

                           Vidéo 1 La rencontre: 

Vidéo Driss chez sa tante         

 

Vidéo 3 Banlieue contre Paris bourgeois    

 

         Vidéo4 Le tableau d'art moderne: 

                   

              Vidéo 5 Tableau scène coupée 

Vidéo 6: L'opéra 

 

 

      Nous avons vu que Philippe et Driss n'ont pas les mêmes goûts artistiques. C'est le résultat de l'influence de leur milieu social.

MILIEU-->SOCIALISATION->NORMES+VALEURS->INFLUENCE sur les goûts individuels->Rejet ou préférence de loisirs

Selon le sociologue Pierre Bourdieu : nos goûts sont le dégoût du goût des autres/          

 


Nous avons vu l'influence du milieu social, et certains individus cherchent à y échapper.

Cela exige de s'approprier de nouveaux codes, une nouvelle culture. Comme l'a fait Youssef pour devenir juge.

   Autre exemple: Dans le film "L'aile ou la cuisse" Gérard veut devenir Clown mais il l'a caché à son père Charles un bourgeois. 

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Nous avons vu les différences entre milieux sociaux terminons avec la socialisation genrée.

BTS

  C'est quoi un stéréotype?  C est quoi un stereotype - YouTube

un stéréotype est une idée reçue, une opinion toute faite acceptée et véhiculée sans réflexion, concernant un groupe humain.

                                                    

              

 

Dans le film Billy Eliot on peut observer des stéréotypes.

Billy fait de la boxe car c'est une sorte de tradition familiale. Un sport violent qui met en avant la virilité de l'homme.
Dans le film la danse classique est une activité "de filles" qui met en valeur la féminité ... Billy pratique donc la danse en cachette pour que son père ne soit pas en colère.   

Why Don't You Join In? Billy Elliot (2/12) Movie CLIP - Why Don't You Join In? (2000) HD - YouTube

Not for Lads Billy Elliot (4/12) Movie CLIP - Not for Lads (2000) HD - YouTube

Pirouette Practice Billy Elliot (3/12) Movie CLIP - Pirouette Practice (2000) HD - YouTube

 Dancing for Dad Billy Elliot (7/12) Movie CLIP - Dancing for Dad (2000) HD - YouTube

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Lors de la socialisation, un des moyens de véhiculer ces stéréotypes est le jeu. Les jouets peuvent êtres associés à des rôles féminins ou masculin.

Jouets et genre, 40 ans de clichés 

Jouets et genre, 40 ans de clichés | Franceinfo INA - YouTube

 

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   De + les publicités sont parfois des stéréotypes de genre. 

Par exemple de la femme ménagère:

                             A la femme objet:

Dans cette vidéo, les militantes dénoncent le regard masculin (male gaze) qui transforme les femmes en OBJET DE SEDUCTION par des clichés sexistes dans les publicités.

 

 

 

 

 

Cependant des marques peuvent casser ces clichés.

Exemple pub Ariel  EXERCICE: RELEVEZ les étapes du scénario, que fait le papa et pourquoi?  

Audi casse les stéréotypes sur les jouets

Que veux montrer AUDI?

jugar commo conducir no deberia entender de genero 

Jouer comme conduire ne devrait pas dépendre du genre

 

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 Ces stéréotypes se retrouvent aussi dans les professions:

• Graphique: Les dix métiers où les femmes sont surreprésentées | Statista

Métiers « de femmes », métiers « d’hommes » : en quoi les conditions de travail des femmes et des hommes diffèrent-elles ? − Femmes et hommes, l’égalité en question | Insee

 

Autre exemple le métier d'infirmier compte+ de 84% de femmes et celui de pompier + de 83% d'hommes. 

Mais certains individus cassent les clichés:

Exemple Emmanuelle une femme pompier

 

 

Cependant Emmanuelle formule des qualités féminines

Exemple: Elodie conductrice de camion

 

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BILAN:  Nous avons vu des évolutions dans la socialisation des hommes et des femmes, cependant des stéréotypes persistent.

En 2025 une étude montre: 94% des femmes de 15 à 24 ans estiment qu’il est difficile d’être une femme dans la société actuelle.  67% des hommes de 15-24 ans le pensent,  Ils sont même 11% à penser qu’il est plus difficile d’être un homme qu’une femme.

(13) Vidéo | Facebook

 

 

 

 

21 octobre 2025

Corinne Touzet : une femme d’honneur

Quand on pense à Corinne Touzet, on pense immédiatement à son regard franc, à son uniforme de gendarme et à cette série culte qui a marqué toute une génération : Une femme d’honneur. Mais derrière ce rôle emblématique se cache une artiste passionnée, libre et profondément humaine. J’ai eu envie de revenir sur son métier, son parcours, et ce que signifie vraiment “jouer une enquêtrice” quand on est comédienne.

Corinne Touzet n’a jamais fait les choses à moitié. Avant même de devenir une figure incontournable du petit écran, elle passait par le théâtre, le cirque, les spectacles de rue. Une vraie saltimbanque dans l’âme. Et c’est peut-être ça qui rend son jeu si juste : elle ne joue pas, elle vit ses personnages.

Dans Une femme d’honneur, elle incarne Isabelle Florent, une enquêtrice droite, sensible, parfois dure mais toujours juste. Ce rôle, elle l’a porté pendant plus de dix ans. Et elle l’a aimé. Vraiment.

“Je vais vous dire la vérité : j’ai adoré ce rôle. Il m’a permis de montrer une femme forte, mais aussi vulnérable.”

Être enquêtrice à l’écran, c’est quoi au fond ?

Ce n’est pas juste résoudre des crimes. C’est comprendre les gens. C’est porter un uniforme sans perdre son humanité. C’est courir après la vérité tout en gardant les pieds sur terre. Et Corinne Touzet a su faire tout ça avec une élégance rare.

Elle a même reçu des lettres de vrais gendarmes, touchés par la justesse de son interprétation. C’est dire.

En 2007, elle quitte la série. Pas parce qu’elle en avait marre. Mais parce qu’elle voulait autre chose. Explorer d’autres rôles, d’autres émotions. Elle crée sa propre boîte de production, joue au théâtre, tourne des téléfilms plus sombres, plus intimes. Elle refuse d’être enfermée dans une case. Et ça, c’est tout à son honneur.

21 octobre 2025

Thomas VDB a trouvé sa voix

Ce matin, à la Fête du Livre de Saint-Étienne, on a découvert le secret de sa voix : un savant mélange de fatigue, de café et de sarcasme tendre… mais pas que ! Thomas nous a confié qu’il savait parfois jouer de sa voix pour paraître plus bête qu’il ne l’est. Et ça marche. Un mot, une intonation, et voilà que le public rit, séduit, se dit qu’il est à la fois drôle et… complètement naïf. Sa voix, c’est un peu comme lui : capable de tout, mais toujours avec malice. On l’écoute, on sourit, et on se dit qu’il pourrait nous lire la notice d’un grille-pain qu’on éclaterait de rire.

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Avec son dernier bouquin FIASCORAMA, il raconte, sous forme de polaroids, son implantation à Paris, sa percée dans le stand-up, son ascension et les dégâts causés par son irrésistible maladresse. Cette candeur exquise, un peu encombrante, révèle une gentillesse profonde. Voici un être qui veut le bien d'autrui - qu'il soit serrurier, producteur, Nestlé ou l'Olympia. Le résultat porte un nom : fiasco. Mélange de Gaston Lagaffe et du Petit Nicolas, Thomas VDB sacre brillamment l'art du naufrage.

21 octobre 2025

Francis Perrin un des rois du rire dans les années 80

Aujourd'hui dans les tentacules de la Stratégie Du Poulpe, une sympathique rencontre avec Francis Perrin. 

Dans le paysage du cinéma français des années 80, une figure se détache par son énergie, sa spontanéité et son talent comique : Francis Perrin. Acteur, scénariste et réalisateur, il incarne une époque où le rire était roi, et où les comédies populaires faisaient salle comble.

Né le 10 octobre 1947 à Versailles, Francis Perrin débute au théâtre, notamment à la Comédie-Française, avant de se tourner vers le cinéma. Dès les années 70, il se fait remarquer dans des rôles de jeunes hommes maladroits et attachants, comme dans La Gifle ou On a volé la cuisse de Jupiter. Mais c’est dans les années 80 qu’il devient une véritable vedette comique, avec des films comme Le Roi des cons (1981), Tête à claques (1982) ou Le Joli cœur (1984). 

Son style ? Un mélange de naïveté, de vivacité et de tendresse. Perrin ne cherche pas à être le clown de service, mais plutôt le miroir d’un quotidien parfois absurde, souvent drôle, toujours humain.

Par exemple: “Tête à claques”, qu’il a lui-même réalisé, met en scène un personnage maladroit et attachant, typique de son registre. Il a confié que ce rôle lui permettait de jouer avec les limites du ridicule sans jamais tomber dans la vulgarité. 

Avec “Le Roi des cons” , il incarne Antoine, un homme trop honnête pour ce monde. Ce personnage naïf et idéaliste colle parfaitement à son style comique. Le film, bien que moins connu aujourd’hui, est emblématique de l’humour absurde et satirique de l’époque. 

Les années 80 sont marquées par une explosion de films comiques en France. Le public cherche à s’évader, à rire des travers de la société, à retrouver un peu de légèreté. Les comédies de cette époque jouent sur les quiproquos, les caricatures sociales, les dialogues savoureux et les situations cocasses.

Francis Perrin s’inscrit parfaitement dans cette dynamique. Ses personnages sont souvent des anti-héros, des hommes ordinaires confrontés à des situations extraordinaires. Il incarne une forme de comédie populaire, accessible, mais jamais simpliste.

Francis Perrin a révélé dans une interview qu’il avait refusé de jouer dans La Boum (1980), le film culte avec Sophie Marceau. Il ne se sentait pas à l’aise avec le rôle proposé et a préféré décliner. Mais il avait eu la bonne idée de jouer dans La gifle en 1974 avec Isabelle Adjani.

8 octobre 2025

Comment Antoine Besson est devenu le Toulouse-Lautrec de Montmartre

J’ai rencontré le comédien Antoine Besson quelques jours après la diffusion des premiers épisodes de la série événement de TF1.

La production de Montmartre peinait à trouver l’acteur idéal pour incarner Henri de Toulouse-Lautrec. Le défi était immense : le peintre, qui mesurait 1,52 mètre, souffrait d’une maladie osseuse qui marqua son physique, mais rayonnait d’une vitalité et d’un humour sans égal. Peu de comédiens semblaient capables de conjuguer cette fragilité et cette intensité.

C’est alors qu’Antoine Besson a envoyé ce qu’on appelle dans le milieu une “tape” — ou self tape —, une courte vidéo d’audition enregistrée par l’acteur lui-même. « J’ai voulu m’amuser, me déguiser, sentir le personnage », m’a-t-il confié avec un sourire. Dans sa vidéo, il apparaît déjà métamorphosé : moustache, costume et regard rieur.

On peut donc le retrouver dans l'épisode 3 et 4 de Montmartre.

Mais aussi dans l'épisode 8 qui cloture la saison 1. Dans cette scène finale Toulouse Lautrec peint les principaux personnages de la série qui posent comme une grande famille sur la scène du cabaret l' Eléphant Rose.    

 

19 septembre 2025

Louis Mourre passe au vert

Cet été, j’ai eu la chance de croiser Sylvain Boccara sur le tournage de Un si grand soleil. Un moment furtif mais marquant, qui m’a permis de voir de près le sympathique acteur derrière le personnage de Louis Mourre.


En abandonnant son entreprise de T-shirts pour devenir cultivateur, Louis Mourre, personnage de Un si grand soleil, incarne un tournant narratif fort : celui d’un jeune homme qui renonce à l’ambition entrepreneuriale pour défendre des valeurs écologiques et sociales. Ce changement de cap traduit la volonté des scénaristes d’ancrer la série dans les préoccupations contemporaines.
Initialement, Louis dirigeait une start-up textile spécialisée dans les T-shirts.  Mais après une faillite brutale, il remet en question son modèle économique et ses choix de vie.
C’est alors qu’il rejoint Élodie Chalon et Ludo (photo ci-dessous), deux cultivateurs engagés qui militent pour une agriculture locale, durable et solidaire. 


Louis s’investit particulièrement dans la promotion des légumes moches, dénonçant le gaspillage alimentaire et les normes esthétiques absurdes imposées par la grande distribution.
Ce virage écologique est aussi visible dans les choix esthétiques de la série : le générique a été modifié, supprimant notamment l’image du jet ski, symbole d’un mode de vie consumériste et polluant.

Générique avec le jet 

Le scénariste Olivier Szulzynger a exprimé son désir de « verdir la fiction » et de ne plus faire comme si le changement climatique n’existait pas. La série a même obtenu le label Ecoprod, preuve d’un engagement concret dans sa production : maquillage bio, vêtements durables, repas végétariens, véhicules hybrides… tout est pensé pour réduire l’impact écologique du tournage. 
 

21 mars 2025

Smaïn: Je suis le papa de Djamel Debbouze et la maman de Booder !

 

Aujourd'hui une rencontre bienveillante avec l'humoriste Smaïn.
On l’oublie souvent mais Smaïn faisait partie des Inconnus, un groupe qu’il a quitté après leur premier film, Le téléphone sonne toujours deux fois en 1985. Il a rencontré la bande d’humoristes grâce au Théâtre de Bouvard. Smaïn se lance alors avec succès en solo. 

Dans les années 1990, il obtient le Molière du meilleur one-man-show, une Victoire de la musique ainsi qu’un grand prix Sacem. Il enchaîne par la suite les rôles au cinéma.   
Puis il se fait plus discret dans les médias dans les années 2010. « Lorsqu’on est absent de la télévision, on a l’impression qu’on n’existe pas », lançait, toujours à France info, l’humoriste, qui n’a jamais cessé de travailler.
« Je joue beaucoup en province dans les petits cafés-théâtres », confiait Smaïn, à France info en novembre dernier. Dans son spectacle Smaïn déconne finement il revient sur ses origines, son adoption et la quête de ses parents biologiques. En effet il est né en 1958 de parents inconnus. 
Il fait un test ADN dont le résultat est dévoilé dans son spectacle.
 

3 mars 2025

Maître Johanna Lemeur et le droit restitutif de Durkheim

Maître Johanna Lemeur est un personnage régulier de la série Un si grand soleil introduit dans la saison 1. Elle est interprétée par Aurore Delplace. Elle incarne une avocate.

Nous profitons de notre rencontre avec l'actrice et le personnage pour souligner l'expansion du nombre d'avocats en France qui justifie une certaine visibilité de cette activité dans la série.

     Comme on peut le voir ci-dessous:

 

On peut noter que le % de femmes est plus élevé que celui des hommes dans la profession.


Nous passerons par la théorie d'Emile Durkheim pour expliquer ce phénomène. En effet le sociologue considère que dans les sociétés moderne nous avons un droit restitutif, alors que dans le passé c'était un droit répressif.

La manifestation extérieure de la morale est le droit, lequel va ériger en règles les principes de la solidarité sociale, chaque type de droit va donc concerner un type précis de solidarité sociale.

La conscience collective de l'ancienne solidarité mécanique est l'ensemble des croyances communes à tous les membres d'un groupe. Elle fonde des relations sociales dont la transgression est sanctionnée par le droit répressif. Exemple : le sacrilège comme transgression d'un état fort de la conscience collective inspirera une réaction passionnelle du groupe.

Le droit restitutif de la solidarité organique ne concerne pas la conscience collective mais règle des différents liés à des transgressions concernant des parties circonscrites du groupe social (droit commercial pour les litiges entre commerçants par exemple), la réaction est donc plus mesurée et vise à réparer. 

                                          ________________

La multiplicité des réparations à faire entre les multiples acteurs de la société implique donc le développement du métier d'avocat. Il est chargé de plaider la réparation des dommages supportés par son client et en face un autre avocat va essayer de limiter le poids de la compensation. L'éloquence et l'incarnation de chacun pourra être un atout dans la victoire où la défaite des camps en présence. Dans ce registre Johanna Lemeur semble avoir de bons atouts.

 

2 mars 2025

Jonathan Clauss et la vie des footeux

Nous l'avons croisé avant le match Saint-Etienne Nice début mars 2025 ,
Jonathan Clauss est né le 25 septembre 1992 à Strasbourg, métropole française située dans le département du Bas-Rhin en région Alsace. L'actuel numéro 11 du RC Lens a grandit à  Osthoffen, ville à l'ouest de Strasbourg. Dès ses deux ans, Jonathan débute avec un ballon dans les pieds selon sa mère. Il intègre le Racing Club de Strasbourg dès son enfance, à l'âge de 8 ans, avec pour objectif de devenir footballeur professionnel. Finalement non retenu par le club alsacien en 2010, c'est un coup dur pour le latéral droit qui doit vivre la séparation de ses parents au même moment. Jonathan connaît des moments compliqué et décide de continuer le football. Le jeune U19 peine à refaire surface. Il signe bien à Vauban, mais son passage de deux ans ne le relance pas. 

Ensuite il va faire plusieurs clubs:
  2013-2015  SV Linx    2015-2016 US Raon-l'Étape    
  2016-2017 US Avranches    2017-2018 US Quevilly-Rouen    
 2018-2020 Arminia Bielefeld    2020-2022 RC Lens    
 2022-2024 Olympique de Marseille    2024-    OGC Nice 
Jonathan Clauss est revenu, dans les colonnes de l'Equipe, sur son passage à l'OM.
. "J'ai connu une période à Marseille où c'était extrêmement compliqué dans ma vie de tous les jours. Elle n'avait quasiment plus de saveur. C'était foot, dormir, foot, dormir. Je ne pouvais plus mettre un pied dehors. Il y avait des rumeurs. Les gens se cantonnaient à l'image médiatique que j'avais et qui était fausse, alors que je ne faisais rien de tout ça. Aujourd'hui, je savoure d'être là (à Nice). Je vais au resto tranquillement avec ma compagne ou mes parents, je me balade un peu en ville. Je respire, en fait." lance le piston droit.
"On se rend compte que c'est vraiment... Vous vivez foot. Vous êtes joueur de foot professionnel à l'Olympique de Marseille et vous n'êtes que ça. Moi, j'ai une carrière qui est un peu différente de ça. J'aime me balader, j'aime sortir de ma maison, j'aime vivre, en fait. Le problème, c'est que ça m'a desservi, parce qu'au resto à midi ou le soir on croise des gens qui se demandent pourquoi vous êtes là et pas chez vous, alors que vous profitez juste d'un moment en famille. C'est bien d'être à la maison : on a la chance d'avoir de belles maisons, mais ce n'est pas ça, la vie. C'est de profiter des siens, de pouvoir s'aérer l'esprit. Et à Nice, c'est ce que je retrouve."
Clauss est aussi international, cette vidéo est assez intéressante pour mieux découvrir sa façon d'être: 

26 février 2025

Flore Martin et le nom du père

Quand j'ai vu Emmanuelle Bouaziz qui incarne Flore dans la série Un si grand soleil, elle tournait une scène de retrouvailles avec sa mère Clémence Martin. 
Le personnage de Flore Martin est arrivé de la façon suivante dans l'imagination des scénariste: elle retrouve son père, Alain Alphand, grâce à un test ADN offert par Élisabeth Bastide à ce dernier à l'occasion de son anniversaire. Elle décide alors de laisser tomber ses projets artistiques actuels pour aller à Montpellier avec son fils Tiago pour rencontrer ce père qu'elle n'a pas connu. 

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Ci-dessous Flore et Alain son père.  


En effet alors qu'Alain Alphand était en vacances à Nice avec des amis, il avait rencontré Clémence sur la Promenade des anglais. Les jeunes gens flirtent , Alain rappelé en urgence à Paris, Alain se voit obligé de repartir mais laisse son numéro de téléphone à Clémence. Cette dernière ne l'a jamais recontacté. Cependant, elle découvre rapidement qu'elle est enceinte et décide d'élever leur fille Flore toute seule. On comprend donc pourquoi Flore porte le nom de sa mère.

Ci-dessous Flore retrouve sa mère Clémence, elle lui explique qu'à l'époque elle l'étouffait, elle voulait faire de l'art et non pas une école de commerce. Clémence répond qu'elle a fait de son mieux car elle était seule. Flore rétorque alors que cela aurait été mieux si elle avait eu un père.  


Selon le psychanalyste Lacan Le Nom-du-Père barre le grand Autre maternel et permet au sujet de se constituer comme être séparé, manquant, désirant. Il introduit une perte qui est la condition de l'émergence du sujet. L'assujettissement à l'ordre symbolique est libérateur : il permet au sujet d'advenir comme être parlant. Il introduit une distance entre la mère et l'enfant, un écart symbolique qui les sépare et les différencie. 
Dans la suite de la série on remarque que le fils de Flore Martin, Tiago  a aussi pour nom Martin. Pas de nom du père pour lui non plus. Ainsi les scénaristes de la série ont imaginé une répétition entre la mère et le fils. 


Mais où est le père de Tiago? 
Flore, quand elle était une étudiante de 18 ans à l’École des Beaux-Arts, tombe rapidement amoureuse de Damien. Leur relation s’intensifie et Flore finit par tomber enceinte. Si le jeune couple connaît d’abord des jours heureux, leur bonheur tourne vite au cauchemar.
Peu après la naissance de leur fils, Tiago, Damien, qui s’avère être un cambrioleur, découvre qu’il a été trahi et qu’il est recherché par la police. Ne voyant pas d’autre issue, il décide de fuir. Flore, bouleversée, accuse sa mère d’être responsable du départ de son compagnon. Déterminée à tourner la page, elle quitte à son tour Nice avec Tiago, coupant tout contact avec Clémence.
Suite à tous ces évènements fondateurs Flore et Tiago auront un lien très fusionnel. 

 

14 février 2025

Thomas porcher et les 99%

Aujourd'hui le blog la Stratégie Du Poulpe a dans ses tentacules un économiste: Thomas Porcher.

L'économie est une science humaine souvent difficile d'accès pour le grand public, d'où sa volonté de faire un ouvrage en BD.

L'économie est-elle au service de ceux qui font tourner la société "les 99%" ? Ou sert-elle "le 1%" , une infime partie déjà riche ? En partant à la rencontre des salariés d'une raffinerie, d'agriculteurs ou encore de la jeunesse engagée pour le climat, Thomas Porcher nous invite à réfléchir au fonctionnement de l'économie dans notre société et aux dérives du libéralisme. Ce petit tour de France permet de dépasser les faux antagonismes entre gilets jaunes, écologistes des centre-villes, habitants des banlieues, ruraux, classes modestes, immigrés, travailleurs, chômeurs, jeunes, retraités, et fait émerger un nouveau récit qui remet l’économie au service de toutes et tous

Y a-t-il d'autres modèles possibles ? Est-il utopique de vouloir plus de justice écologique et sociale ? S'appuyant sur les épisodes marquants de l'histoire de l'économie et sur des exemples concrets, l'auteur donne des clés pour se réapproprier un débat trop souvent confisqué. Mieux encore, il partage dix principes d'autodéfense économique pour les 99 % d'entre nous. Illustrée par Ludivine Stock et scénarisée par Raphaël Ruffier-Fossoul, cette bande dessinée rend l'économie concrète et accessible à toutes et tous.

Il éclaire les principes du marché et du triptyque mondialisation-financiarisation-austérité qui fixent les règles d’un jeu inégal avec pour objectif la domination sociale. En s’appuyant sur les exemples de la crise des subprime et de l’explosion de la dette publique grecque, Porcher montre comment les politiques d’austérité ont surtout permis de doubler les revenus des 1 % les plus riches. Quid des 99 %, interroge-t-il ? Si les ajustements structurels prescrits par l’Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI), la fameuse « troïka », organisent la réduction des dépenses publiques, la privatisation des services publics et la dérégulation des marchés, d’autres options existent. L’auteur, qui propose de se libérer de la pensée dominante, entend le démontrer ici, notamment au moyen de dix principes d’autodéfense économique permettant de se réapproprier le débat sur la justice sociale et écologique.

Thomas Porcher nait en 1977 à Drancy. Après avoir obtenu son bac, il passe une licence à l'université Sorbonne Paris Nord. Il décroche son doctorat en économie à l'Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne en 2006 avec une thèse intitulée Recettes pétrolières et financement de la lutte contre la pauvreté : le cas de la République du Congo. 
 

 

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