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La Stratégie Du Poulpe -Serge-FREYDIER
21 avril 2026

Question 1: Comment crée-t-on des richesses

             

                     

                     

                        QUESTION 1: Comment crée-t-on des richesses?

En introduction repérez dans la vidéo tout ce qui permet la production de chocolat  

 

A) Comment distinguer production marchande et non marchande?
Pour satisfaire leurs besoins les sociétés humaines doivent produire des biens et services. Un bien est un objet matériel qui peut être stocké. Un service est une production immatérielle.

BTS

La production totale regroupe la production marchande avec des biens et des services vendus sur un marché afin de réaliser un profit, et la production non marchande proposée gratuitement ou à un prix inférieur à la moitié de leur coût de production.

 

bien_service

 

BTS 

BTS

 

Exemple: Utilisons les mots : BESOIN, BIEN, MARCHAND pour cette publicité

 Exercice: Quels mots pour cette vidéo? (biens? Services? Marchands?...)

 

Et quels mots pour l'UNICEF? United Nations International Children’s Emergency Fund 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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gates

        Exemple de PRODUCTION: vous répondrez aux questions:

1 Qui sont Steve Jobs et Bill Gates?
2 Durant quelle période commence leur aventure?
3 Peut-on parler de PRODUCTION MARCHANDE?
4 Comment expliquer leur réussite?
5 De quoi a besoin une entreprise pour grandir?
6 Quelle est la différence entre le produit de Gates et celui de Jobs?
7 Sont-ils seulement motivés par l'argent? Leur personnalité est-elle identique? 

 

 

Jobs et Gates sont nés dans les années 50, le premier dans la classe moyenne l'autre dans une famille aisée. Ils n'ont pas fait de longues études mais l'un est le céateur de la société Apple et l'autre de Microsoft.

  Leur aventure débute dans la fin des années 70, ils vendront ensuite des millions de produits.

Leur réussite est le résultat d'un esprit créatif, ce sont des innovateurs du capitalisme.

Au départ leur entreprise est de petite taille, Jobs débute dans un garage. Ensuite ils devront convaincre des investisseurs de parier sur leurs créations. Leurs sociétés vont entrer en bourse pour avoir plus de CAPITAUX.

Gates est un créateur de logiciel, le software, l'invisible dans l'ordinateur. Jobs est dans le hardware, matériel (ordinateurs).  

  Ils voulaient gagner de l'argent, mais ils veulent avant tout changer le monde. Jobs est plutôt dans le marketing, le spirituel (hippie), il est colérique et parfois cruel. Gates est un geek, un technicien de la programmation, pas très adroit en communication.

                      Selon Jobs: "Bill Gates n'a aucun goût"

A partir du film JOBS, on peut aussi montrer que les EMOTIONS ont une influence sur la PRODUCTION et la CONSOMMATION de MARCHANDISES. 

 

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 B) Qui sont les producteurs? Cette production est réalisée par une multitude d'acteurs :

BTS

Exercices pour s'entrainer: https://www.melchior.fr/exercice/document-1-qui-produit
    Exercice Melchior cliquez                      

 

Et dans les vidéos suivantes dans quelle catégorie les classer?

 

1-Vendredi 13 à Marseille 

 

2-La propreté, un enjeu majeur pour les agglomérations 

 

3-Biocop  

 

4- Temu 

5- SNCF                          (minute 4,4 puis vers 12min) 

6- IBKM Inspired By Kylian Mbappé 

 

 

C) Comment produit-on?
Pour produire il faut utiliser des ressources humaines (travail) et matérielles (capital).

Le facteur travail correspond au travail réalisé par l'entreprise par les personnes.
Le facteur capital englobe les outils et les moyens durablement utilisés, comme les machines et les batiments. (capital fixe); mais aussi des matières premières, de l'énergie (capital circulant)

 

 

productivit_

Vidéo sur la COMBINAISON DES FACTEURS DE PRODUCTION

 

                                                              EXERCICE:

Question1: Repérez sur quoi repose le travail et le capital pour les livreurs Uber 

Question 2: Comment ces livreurs peuvent-ils essayer de gagner encore plus d'argent? Trouvez des solutions...

LIVREURS À VÉLO, ILS SE LIBERENT DE L'EXPLOITATION DES PLATEFORMES

 

 

 

EXEMPLE 2 Capital et Travail Film MA PETITE ENTREPRISE, DE PIERRE JOLIVET 

----> SES 2de 2017 - Ma petite entreprise - Ma petite entreprise, de Pierre Jolivet (extrait 1) sur Vimeo (vimeopro.com)

   

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Donc pour produire plus il faut plus de capital et de travail

               facteur_de_production

Avec la technologie la combinaison du travail et du capital est rendue plus efficace, c'est la CROISSANCE INTENSIVE.

L’objectif des entreprises est donc d’augmenter la PRODUCTION (extensive), mais surtout: augmenter

LA PRODUCTIVITE du TRAVAIL donc produire plus en produisant de la meilleure façon, en utilisant au mieux le travail et le capital (intensive) :

 

Productivité du travail = quantité produite / quantité de travail utilisée.

       EXERCICE SUR LA PRODUCTIVITE: cliquez

La productivité va augmenter avec la mécanisation, le progrès technique..

Exemple  

Un processus de robotisation qui marquera le futur. 

   Source-> https://www.bostondynamics.com/      

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Dans la recherche de PRODUCTIVITE par l'association du TRAVAIL et du CAPITAL: le TAYLORISME et le FORDISME ont révolutionné l'industrie au début du XX  siècle. 

     Relevons les principes de leur méthode:

  TAYLOR              I           FORD

 

 

Taylor et Ford: une révolution dans le monde du travail

Fordisme

 

 

Cette vidéo permet de compléter la notion de fordisme

BILAN: Le fordisme et le taylorisme sont efficaces économiquement mais elles ne prennent pas assez en compte l'aspect humain. 

Des chercheurs vont valoriser cet aspect, par exemple MASLOW en 1943 avec sa pyramide.

 

                              Vidéo sur la PYRAMIDE

 

EXERCICE/ Trouvez-vous que la machine à manger correspond à la pyramide de Maslow? Pourquoi? 

 

 

D) Quels sont les indicateurs de richesse de l'entreprise?
 

Les entreprises réalisent une part importante de la production d'un pays. Elles produisent pour dégager un bénéfice et ainsi s'enrichir avec la vente de leur produits. Mais les entreprises ont des charges et parfois elles ne font pas de bénéfice.
Elles doivent faire un chiffre d'affaires qui mesure leurs ventes (prix du produits x quantité de produits vendus). Ce C.A. doit être supérieur à leurs coûts de production (ex: salaires).

Bénéfice de l'entreprise= C.A. - coûts.   

   Il ne faut pas confondre le C.A. avec la Valeur Ajoutée, qui mesure la valeur que l'entreprise ajoute par son activité à la valeur de ses consommations intermédiaires.
            VA= Valeur produite- consommations intermédiaires.     

   ou     VA= C.A - C.I.     Les Consommations Intermédiaires sont l'énergie, les matières premières.                

                             Calcul de la valeur ajoutée 

Rappel sur les consommations intermédiaires 

Exercice; calcul VA en euros 

 

 


 

 

expert

EXERCICE: ANALYSE DE L'EXPERT (oral au tableau). Rédigez un paragraphe pour comparer un artisan verrier et une usine de verre.

Selon vous qui a la plus forte productivité? Qui a la plus forte valeur ajoutée par produit?
Qui a le plus gros chiffre d'affaires? Justifiez vos réponses!!  

 


 EXERCICE2: ANALYSE DE L'EXPERT

Rédigez un paragraphe pour comparer une boulangerie industrielle et un artisan boulanger.
Selon vous qui a la plus forte productivité du travail ? Qui a la plus forte valeur ajoutée par produit?
Qui vend le plus cher? Qui a le plus gros chiffre d'affaires? Justifiez vos réponses.

 

 

 

    Exercices pour s'entrainer calcul VA Bénéfices: http://ses.secours.free.fr/Documents%20en%20ligne/oldseconde/6%20-%20seconde/TD%20-%20VA.pdf 

 

  Nous avons vu la Valeur Ajoutée, 

E) Que sont le PIB et la croissance?
La valeur ajoutée permet de mesurer la richesse créée. Et pour un pays le Produit Intérieur Brut est la somme des valeurs ajoutées.
Qu'est-ce que le Produit Intérieur Brut (PIB) ? 

 

Classement PIB : les pays les plus riches en 2021

------> https://www.journaldunet.com/patrimoine/guide-des-finances-personnelles/1209268-classement-pib/

 

 

BTS

 

 

  Donc avec le PIB il est possible de mesurer la richesse produite par un pays et avec le PIB/habitants on obtient le niveau de vie moyen des habitants du pays.

  Voyons l'évolution en France et Europe entre 1990 et 2020: 

 

 Le PIB par habitant en France est de 45 000 euros, selon vous est-ce le cas au Mozanbique?

 Réponse-----> https://www.politologue.com/statistiques/PIB-par-habitant/?nom=Mozambique

 Donc si le PIB augmente ou baisse cela a des conséquences sur le niveau de vie des habitants, donc sur leur capacité à acheter des biens et services avec leur revenu.

Dans cette vidéo on voit que Monaco est toujours le premier (mais seulement 40 000 habitants)

 

EXERCICE: Notez des exemples pour comparer les inégalités entre Monaco et le Congo

Monaco PIB/ HAB : 260 000 $ en 2023

CONGO PIB/HAB  2400 $ en 2023

EXEMPLES;

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-

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F) Comment décrire l'évolution et les limites de la croissance mondiale?
Pour calculer la croissance économique il faut calculer le taux de variation du PIB en pourcentage sur une période.

Taux de croissance= (PIB N - PIB N-1) / PIB N-1 X 100

 

En 2019, l'économie française a produit 2 323 milliards d'euros de richesses ; en 2020, ce chiffre n'était plus que de 2 130 milliards d'euros.
            Calculer la variation du PIB en 2020.
En 2020 le PIB à baisser de % par rapport à 2019.

                                                Rappel par trimestre:

pib___composantes

 

croissance_T4

 

Jeu : Selon vous lors du premier trimestre 2021 (janvier, février, mars) quel est la variation en % du PIB français?

                               Réponse.....

La croissance économique mondiale est très faible lors du premier millénaire et il faut attendre le XIXème siècle pour qu'elle s'accélère avec la révolution industrielle.

BTS

https://www.compteur.net/compteur-PIB/ 

BTS

Entre 1945 et 1975 la fameuse période des Trente glorieuses marque une période de forte croissance économique.
Si le monde connaît une croissance continue depuis le milieu du XIXe siècle, cette dernière est tout de même entrecoupée de crises. C’est ce que montre, notamment, l’exemple français (ci-dessous) puisqu’il suit les mêmes évolutions que la croissance mondiale.

BTS

La croissance à des limites notamment écologiques. Elle entraine un épuisement des ressources naturelles et contribue au changement climatique.
Le PIB est un indicateur quantitatif qui ne mesure pas les effets négatifs. De plus c'est un indicateur global qui ne mesure pas les inégalités dans les pays et entre les pays.
Dans cette vidéo relever des exemples de limites

 Que pensez-vous du Bhoutan et du bonheur national brut  


                                                      EDUCATION MORALE ET CIVIQUE
                                        Qu'est-ce-qu'une société juste?
Il y a des inégalités quand les normes d'une société indiquent que des individus bénéficient d'avantages ou supportent des désavantages.
Les inégalités économiques portent sur les revenus, le patrimoine entre catégories.
Les inégalités sociales, liées à l'appartenance à un groupe sont liées à la possession de ressources et à l'accès de pratiques comme le pouvoir, les diplômes ou certains loisirs.

A_Sen

Il faut donc se demander des inégalités de quoi?
exemple: la santé
des inégalités entre qui et qui?
exemple: entre hommes et femmes
                         

                                      Comment être juste face aux inégalités?
Égalité - Devise Républicaine Vidéo

 

 

EXERCICE Afin de discuter de la pertinence des visions de la justice, l'économiste Amartya Sen propose d'utiliser la querelle entre 3 enfants au sujet d'une flûte. L’idée générale que cherche à développer Sen à travers l’exemple de la flûte est qu’il n’est pas facile de récuser d’emblée comme infondée l’une ou l’autre des revendications des enfants.

 

sen

A qui attribueriez-vous la flûte? Pourquoi? Justifiez votre réponse.
                                                Enfant 1 Enfant 2 Enfant 3
                                                 Anne      Carla      Bob
Nombre d'élèves

 

6 juin 2026

À Lyon, Jean-Louis Borloo dénonce la « France des contrôleurs »

Invité par Guillaume Lacroix au congrès du Parti radical de gauche, ce samedi 6 juin à Lyon, Jean-Louis Borloo a livré une critique sévère de l'organisation administrative française. Multiplication des contrôleurs, empilement des agences, dilution des responsabilités et manque de diversité dans les centres de décision : l'ancien ministre appelle à une profonde simplification de l'action publique.
 

Devant les militants, élus et responsables politiques (dont Bernard Cazeneuve) réunis pour l'événement, Jean-Louis Borloo a développé une réflexion qu'il porte depuis plusieurs années : celle d'une France qui, à force d'accumuler les procédures, les agences et les organismes de contrôle, risque de perdre sa capacité à agir efficacement.     

        

            « Nous sommes devenus un pays de contrôleurs »


Pour l'ancien ministre, le problème ne réside pas dans l'existence des contrôles eux-mêmes, indispensables au bon fonctionnement d'un État moderne. Ce qu'il critique, c'est leur multiplication continue.
Selon lui, chaque projet public semble désormais entouré d'une multitude d'intervenants : coordinateurs, inspecteurs, agences, comités de suivi, comités de pilotage ou encore autorités administratives spécialisées.
Cette superposition de structures finit par produire un système où les responsabilités se diluent. Lorsqu'une décision tarde à être prise ou lorsqu'un projet se bloque, il devient souvent difficile d'identifier clairement qui décide réellement et qui doit rendre des comptes.
Jean-Louis Borloo estime que cette évolution a progressivement transformé une partie de l'administration en machine de contrôle davantage qu'en outil d'action.


     La « pollinisation », clé d'une administration plus ouverte. 

Mais au-delà de la critique institutionnelle, Jean-Louis Borloo a insisté sur ce qu'il considère comme un problème plus profond : le manque de diversité des parcours au sein des centres de décision.

 Il utilise pour cela une expression qu'il affectionne particulièrement : la « pollinisation ».
Par cette métaphore, il désigne la circulation des idées, des expériences et des compétences entre différents univers professionnels. Selon lui, les grandes administrations françaises gagneraient à s'ouvrir davantage aux entrepreneurs, aux scientifiques, aux ingénieurs, aux médecins, aux agriculteurs ou encore aux acteurs associatifs.
Pour Borloo, une organisation qui recrute essentiellement dans les mêmes filières et les mêmes parcours finit inévitablement par développer des réflexes communs et une vision parfois éloignée des réalités concrètes.

              La question reste donc entière : comment préserver ces garanties tout en redonnant à l'action publique la souplesse et l'efficacité dont elle a besoin ?


 

7 juin 2026

Dominique de Villepin : une figure de l’art oratoire

Aujourd'hui nous capturons dans les tentacules de la Stratégie Du Poulpe: un ancien premier ministre candidat à la présidentielle de 2027. Il était en déplacement à Saint-Etienne.


L’art oratoire est l’art de convaincre, d’émouvoir et de captiver un auditoire par la parole. Depuis l’Antiquité, les grands orateurs ont marqué l’histoire grâce à leur capacité à défendre des idées avec éloquence, maîtrise du langage et force de persuasion. Un bon orateur ne se contente pas de transmettre des informations : il sait donner du sens à son discours, utiliser des arguments solides et toucher les émotions de son public.
Parmi les figures contemporaines souvent citées pour leurs qualités oratoires figure Dominique de Villepin. Diplomate, écrivain et homme politique français, il est reconnu pour son style d’expression raffiné, sa culture littéraire et sa maîtrise de la rhétorique. Son discours prononcé devant le Conseil de sécurité des Nations unies en 2003 contre l’intervention militaire en Irak demeure l’un des exemples les plus marquants de l’art oratoire dans la politique française contemporaine. Par la force de ses arguments et l’élégance de son expression, il a su défendre une position diplomatique qui a marqué les esprits bien au-delà des frontières françaises.

 

7 juin 2026

Quand Robert Pirès devait « muscler son jeu »

 

 

Aujourd'hui dans les tentacules de la Stratégie Du Poulpe: un champion du monde.
Certaines séquences ont marqué à jamais l'histoire du football français. Parmi elles figure ce célèbre échange entre Aimé Jacquet et Robert Pirès, immortalisé dans le documentaire Les Yeux dans les Bleus lors de la préparation de la Coupe du monde 1998.

Face à son milieu offensif, alors âgé de 24 ans, le sélectionneur de l'équipe de France prononce une phrase devenue culte : « Muscle ton jeu, Robert ! » Un conseil qui résume à lui seul les interrogations entourant le joueur à cette époque. Malgré un talent technique reconnu de tous, Pirès est parfois jugé trop discret dans l'engagement physique et les duels.

Jacquet souhaite alors voir son protégé gagner en intensité afin de franchir un nouveau cap au plus haut niveau. Un message qui s'inscrit dans la philosophie de l'entraîneur français, convaincu que le talent seul ne suffit pas pour s'imposer sur la scène internationale.

 

Pourtant, avec le recul, Robert Pirès reconnaît volontiers n'avoir jamais véritablement suivi cette recommandation. L'ancien international français a souvent expliqué qu'il était resté fidèle à sa nature de joueur, privilégiant la technique, l'intelligence de jeu et la créativité plutôt que le combat physique.

Un choix qui ne l'a pas empêché de connaître l'une des plus belles carrières du football français. Champion du monde en 1998 puis champion d'Europe en 2000 avec les Bleus, Pirès s'est également imposé comme l'un des joueurs majeurs d'Arsenal au début des années 2000 sous les ordres d'Arsène Wenger.

En Angleterre, son élégance balle au pied, sa qualité de passe et son sens du collectif font merveille. Membre incontournable de l'équipe des « Invincibles », sacrée championne d'Angleterre sans la moindre défaite en 2004, il devient l'un des symboles du jeu offensif prôné par Wenger.

Près de trois décennies après cette scène devenue mythique, la formule d'Aimé Jacquet continue d'accompagner Robert Pirès. Régulièrement interrogé à ce sujet, l'ancien milieu offensif répond avec humour qu'il n'a jamais réellement « musclé son jeu ».

Une manière de rappeler que dans le football de haut niveau, il existe plusieurs chemins vers l'excellence. Celui de Robert Pirès s'est construit sur la finesse et le talent, bien plus que sur la puissance physique.

7 juin 2026

Bernard Cazeneuve appelle les Français à ne pas céder au dégagisme

Présent au congrès national du Parti Radical de Gauche (PRG) qui s'est tenu à Lyon le 6 juin, j'ai pu écouter avec attention l'intervention de Bernard Cazeneuve. Dans un contexte politique marqué par la défiance, la montée des populismes et l'affaiblissement de la confiance envers les institutions, l'ancien Premier ministre a délivré un message qui mérite d'être entendu : les Français ne doivent pas céder à la tentation du dégagisme.

Le mot n'est pas nouveau. Depuis plusieurs années, il traduit une forme de rejet généralisé de la classe politique et de ceux qui exercent des responsabilités. À chaque échéance électorale, la colère s'exprime et conduit certains électeurs à vouloir sanctionner systématiquement les dirigeants en place, parfois davantage par exaspération que par adhésion à un projet alternatif.

Bernard Cazeneuve a mis en garde contre cette logique qui consiste à croire que le simple fait de remplacer les responsables actuels suffirait à résoudre les problèmes du pays. La colère est compréhensible. Les difficultés du quotidien, les inégalités persistantes, le sentiment de déclassement et les inquiétudes face à l'avenir nourrissent une demande de changement. Mais le changement n'a de sens que s'il repose sur un projet solide, cohérent et réaliste.

L'expérience récente de nombreuses démocraties montre que les votes de rejet peuvent parfois conduire à de nouvelles désillusions. Chasser les uns sans examiner sérieusement les propositions des autres n'est pas une garantie d'amélioration. 

C'est dans cet esprit que Bernard Cazeneuve défend une gauche républicaine, sociale-démocrate et européenne. Une gauche qui ne renonce ni à la justice sociale ni à l'ambition de transformation, mais qui refuse les promesses irréalisables et les postures de rupture permanente. 

Il  s'est donc placé comme un meneur d'une «coalition des volontaires» désireux non pas de renverser mais «redresser» la table.  «Mais ce n'est pas une détermination pour moi-même. Ce n'est pas une détermination destinée à expliquer que je suis indispensable», a-t-il ensuite nuancé devant les membres du PRG réunis en congrès afin de réélire pour un troisième mandat à leur tête Guillaume Lacroix.

8 juin 2026

La valse des entraîneurs à Saint-Etienne

À peine a-t-on le temps de faire une photo avec le nouvel entraîneur qu'il ne tarde déjà plus à rendre les clés du centre d'entraînement. Le dernier en date, Philippe Montanier, n'aura effectué qu'un bref passage dans le Forez. Arrivé pour tenter de relancer la machine stéphanoise, il préfère déjà filer vers un projet de Ligue 1, laissant une nouvelle fois l'ASSE à la recherche d'un nouveau visage pour diriger son équipe première.
Cette situation est devenue une habitude. Depuis le départ de Christophe Galtier en mai 2017, le banc stéphanois est entré dans une période d'instabilité chronique. En neuf ans, pas moins de dix entraîneurs se sont succédé, sans compter les intérims. Une véritable valse qui empêche le club de s'inscrire dans la durée.
Le contraste avec l'ère Galtier est saisissant. Resté en poste durant 7 ans et 5 mois, le technicien marseillais demeure une exception dans le football moderne. Depuis son départ, aucun entraîneur n'a réussi à dépasser les 2 ans et 2 mois de Claude Puel. Jean-Louis Gasset et Laurent Batlles suivent avec 1 an et 6 mois chacun, tandis qu'Olivier Dall'Oglio n'aura tenu qu'une saison. Plus récemment, Eirik Horneland a quitté le banc après seulement 1 an et 2 mois, et Philippe Montanier après quelques mois à peine.
             Le classement de longévité est révélateur :  
Christophe Galtier : 7 ans et 5 mois
Claude Puel : 2 ans et 2 mois
Jean-Louis Gasset : 1 an et 6 mois
Laurent Batlles : 1 an et 6 mois
Eirik Horneland : 1 an et 2 mois
Olivier Dall'Oglio : 1 an
Pascal Dupraz : 6 mois
Philippe Montanier : 5 mois
Óscar García : 5 mois
Ghislain Printant : 4 mois
Julien Sablé : 1 mois
Ces chiffres montrent à quel point Galtier fait figure d'exception. À lui seul, il représente près de la moitié du temps cumulé passé sur le banc stéphanois depuis 2009. Plus frappant encore, les dix entraîneurs qui lui ont succédé totalisent en moyenne à peine une année de présence chacun.Cette rotation permanente a forcément des conséquences. Chaque changement entraîne une nouvelle méthode de travail, une nouvelle philosophie de jeu, de nouveaux choix de recrutement et parfois même une remise en question de l'effectif. Dans ces conditions, construire un projet cohérent sur plusieurs saisons devient particulièrement difficile.
Bien sûr, les résultats sportifs expliquent en partie cette instabilité. Mais ils ne suffisent pas à eux seuls. Depuis plusieurs années, l'ASSE semble enfermée dans une logique d'urgence où l'entraîneur devient la variable d'ajustement dès que les résultats se dégradent. Le temps long, qui avait permis à Galtier de bâtir une équipe compétitive et respectée, paraît désormais appartenir à une autre époque.
Alors que le club s'apprête une nouvelle fois à nommer un nouvel entraîneur, une question se pose : l'ASSE saura-t-elle enfin redonner du temps à son futur coach pour construire, ou la valse des entraîneurs continuera-t-elle de tourner au rythme des saisons stéphanoises ?

Le 8 juin 2026 c'est Ian Cathro qui succède à Montanier. C'est un écossais de 39 ans. Après avoir dirigé les Canarinhos d’Estoril pendant deux ans (les menant aux 8e et 10e places du championnat), l’ancien adjoint de Nuno Espirito Santo à Valence s’apprête donc à relever un nouveau défi dans le Forez, il a voyagé  entre l’Écosse, l’Angleterre, l’Espagne et l’Arabie saoudite.

10 juin 2026

Splendidement Chazel !

Pas de chance au niveau de la météo pour les deux fois où j'ai vu Marie-Anne Chazel à Saint-Étienne. Le froid était au rendez-vous et l'actrice était emmitouflée dans des vêtements chauds, portant même un chapeau qui la rendait presque méconnaissable au premier regard. Malgré cela, son sourire et sa présence chaleureuse restaient bien reconnaissables.

Son parcours est étroitement lié à celui de la troupe du Splendid, qui a profondément marqué le cinéma et l'humour français...
                  Les débuts d'une troupe légendaire
L'histoire commence au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine où Marie-Anne Chazel rencontre Christian Clavier, Michel Blanc, Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte. Avec l'arrivée de Josiane Balasko, ils fondent en 1974 la troupe du Le Splendid. Ce collectif de jeunes artistes commence dans les cafés-théâtres parisiens avant de conquérir un public toujours plus large.

   Marie-Anne Chazel, une actrice au talent comique unique

Née à Gap en 1951, Marie-Anne Chazel se distingue rapidement par son énergie, son sens du rythme comique et sa capacité à interpréter des personnages hauts en couleur. Son premier grand succès arrive avec le film Les Bronzés, dans lequel elle incarne Gigi, une jeune secrétaire naïve et attachante. Le film devient un phénomène populaire et propulse toute la troupe sur le devant de la scène.
                     Les succès cultes du Splendid

 

Au fil des années, la bande du Splendid enchaîne les succès. Après Les Bronzés et Les Bronzés font du ski, les comédiens connaissent un nouveau triomphe avec Le Père Noël est une ordure. Marie-Anne Chazel y interprète Zézette, un personnage excentrique dont les répliques sont encore citées aujourd'hui.
La troupe poursuit son ascension avec des œuvres comme Papy fait de la résistance et d'autres comédies devenues des classiques du cinéma français. Leur humour, fondé sur l'observation des comportements humains et le sens de l'autodérision, séduit un public très large.

10 juin 2026

Didier Six, un footballeur à part

Quand, enfant, je regardais les Bleus lors de la Coupe du monde 1978 en Argentine, je n'imaginais pas qu'un jour je rencontrerais Didier Six. Des décennies plus tard, le destin allait pourtant me permettre de croiser la route de cet ailier talentueux, l'un des joueurs les plus atypiques et attachants de sa génération.
À l'époque, l'équipe de France n'avait pas encore atteint les sommets qu'elle connaîtrait quelques années plus tard. Mais déjà, Didier Six attirait les regards par sa vitesse, son sens du dribble et son audace. Avec sa silhouette élancée et son jeu imprévisible, il incarnait un football fait d'inspiration et de liberté.

Parmi les joueurs qui ont marqué le football français des années 1970 et 1980, peu présentent un parcours aussi singulier que celui de Didier Six. Ailier gauche spectaculaire, dribbleur instinctif et aventurier du football avant l'heure, il a construit une carrière loin des chemins classiques.
Né à Lille le 21 août 1954, Didier Six débute très jeune à Valenciennes FC. Son style de jeu séduit rapidement : vitesse, qualité technique, capacité à éliminer son adversaire et sens du but. Ses performances attirent l'attention du sélectionneur Michel Hidalgo, qui lui offre sa première sélection en équipe de France en 1976, lors d'un match où débute également Michel Platini. Avec les Bleus, Didier Six compte 52 sélections et 13 buts. Il participe aux Coupes du monde 1978 et 1982 et fait partie de l'équipe qui remporte le Championnat d'Europe 1984, premier grand titre de l'histoire du football français.
Mais ce qui distingue surtout Didier Six, c'est son parcours de globe-trotter. À une époque où les joueurs français quittent rarement leur championnat, il évolue dans plusieurs pays : France, Belgique, Allemagne, Angleterre et Turquie. Il porte notamment les couleurs d'Olympique de Marseille, d'Aston Villa, de VfB Stuttgart et de Galatasaray.
Son aventure turque est particulièrement originale. Afin d'être considéré comme joueur national, il obtient la nationalité turque et adopte le nom de « Dündar Siz ». Avec Galatasaray, il remporte le championnat et la coupe de Turquie en 1988.
Joueur talentueux mais parfois jugé irrégulier, Didier Six n'a jamais eu la notoriété de Platini ou de Giresse. Pourtant, son influence dans le jeu et son caractère indépendant ont marqué toute une génération. Ailier moderne avant l'heure, il privilégiait l'audace et le dribble à une époque où le football français était souvent plus rigide.
Après sa carrière de joueur, il devient entraîneur et dirige notamment les sélections nationales du Togo, de Maurice et de la Guinée.


Didier Six reste ainsi une figure à part du football français : champion d'Europe, voyageur infatigable, pionnier de l'expatriation et joueur de tempérament, dont la carrière atypique mérite d'être redécouverte.

11 juin 2026

Cantona footeux rebelle

Une belle prise pour la Stratégie Du Poulpe: Monsieur Cantona !


Éric Cantona occupe une place singulière dans l’histoire du football européen. Ni simple joueur, ni simple personnalité médiatique, il incarne une forme de rebellion charismatique, qui dépasse largement le cadre sportif. Son image publique se construit à la croisée de la performance athlétique, de la provocation verbale et d’une posture d’indépendance radicale.
La carrière de Cantona est marquée par une série d’actes transgressifs : altercations, déclarations provocatrices, refus de se conformer aux normes institutionnelles. Ces gestes, loin d’être anecdotiques, participent à la construction d’une identité publique fondée sur la rupture.La transgression fonctionne comme marqueur de singularité.
Elle permet à Cantona de se positionner contre les logiques disciplinaires du football professionnel. Elle inscrit son parcours dans une tradition de figures rebelles du sport, où l’individu s’oppose à la machine institutionnelle. 
Dans cette perspective, Cantona n’est pas un “mauvais élève”, mais un acteur qui réaffirme la primauté de l’individu sur l’organisation.
Cantona développe aussi une relation particulière aux médias. Ses interventions publiques, souvent brèves et énigmatiques, relèvent d’une véritable performativité discursive.
L’exemple le plus célèbre — la métaphore des “mouettes et du chalutier” — illustre cette capacité à produire un discours à la fois opaque, poétique et subversif.
Ce type d’énonciation lui permet : de déjouer les attentes médiatiques, de construire une aura d’imprévisibilité, de déplacer le football vers le champ symbolique, en lui donnant une dimension quasi philosophique.
Cantona transforme ainsi la conférence de presse en scène artistique, et le joueur en acteur de sa propre mythologie.

Enfin le style de jeu de Cantona — puissant, créatif, parfois brutal — participe également à son image de rebelle. Son corps n’est pas seulement un instrument de performance : il devient un vecteur d’expression. Le col relevé, devenu emblème, fonctionne comme un signe visuel d’insubordination. Sa posture sur le terrain, droite, presque théâtrale, affirme une présence souveraine. Ses gestes techniques, souvent imprévisibles, expriment une liberté créatrice incompatible avec la standardisation croissante du football moderne.

Cantona incarne ainsi une forme de romantisme moderne, où l’individu refuse de se laisser absorber par les logiques institutionnelles. La figure d’Éric Cantona ne peut être réduite à ses performances sportives. Elle relève d’une construction complexe, articulant transgression, performativité médiatique et symbolique corporelle.


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11 juin 2026

Michel Platini : la nostalgie qui marque du pied droit

Je ne pensais pas un jour rencontrer Monsieur Platini. En 2019 il est venu dédicacer son livre à Saint-Etienne.

 
Michel Platini est une mémoire vivante, un fil tendu entre ce que nous étions et ce que nous croyons avoir perdu. Il est ce pont émotionnel vers une époque où tout semblait plus simple, plus vrai, plus vibrant — une époque où le football n’était pas encore un spectacle calibré, mais une respiration collective.
Parler de Platini, c’est rouvrir un album photo que le temps n’a jamais vraiment refermé.

On y retrouve les crampons vissés qui raclaient la terre comme des outils d’artisan, les ballons Tango qui tournoyaient sous les projecteurs comme des planètes familières, les radios qui grésillent dans les cuisines où l’on écoutait les matchs sans voir les images, les posters punaisés dans les chambres d’ado...
C'est un football qui ne cherchait pas à séduire mais à émouvoir, un football où l’on jouait pour la beauté du jeu autant que pour la victoire. Il y avait dans sa manière de frapper le ballon une forme de certitude tranquille, presque insolente.
Un coup de pied droit qui ne forçait rien, mais qui savait tout. Un geste qui semblait dire : regardez, le football peut être simple, le football peut être clair, le football peut être une évidence. Et c’est peut-être pour cela que Platini nous touche encore. Parce qu’il incarne un temps où l’on croyait que le talent suffisait, que la joie suffisait, que le jeu suffisait.
Un temps où l’on ne parlait pas de data, de branding, de storytelling, mais de passe, de vision, de panache.

Platini, c’est la nostalgie qui marque du pied droit. Et qu’au fond, ce que nous regrettons, ce n’est pas seulement Platini. C’est nous, devant la télé ou dans les cours d’école. 

 

24 juin 2024

Le grand Max: Maxime Bossis

En cet été 2024 alors que le championnat d'Europe débute et que la France est dans une période politique tumultueuse, je vous propose un peu de nostalgie avec le grand Max que nous avons capturé dans les tentacules de notre blog La Stratégie du Poulpe  
Maxime Bossis est une figure incontournable de l’équipe de France des années 1976-1986. Celle de Michel Hidalgo, aux côtés de Michel Platini, Dominique Rocheteau, Patrick Battiston et consorts. Champion d’Europe en 1984, demi-finaliste des Coupes du monde 1982 et 1986, le Grand Max était de tous les grands moments de la période Hidalgo et du début de l’ère Henri Michel. Je me souviens avoir vu ces matchs à la télé avec mon papa. 
Né le 26 juin 1955 à Saint-André-Treize-Voies, un village de Vendée , Maxime Bossis évolue au FC Yonnais comme milieu de terrain avant de rejoindre le FC Nantes à l’âge de dix-sept ans.
Le club nantais l’avait repéré au sein des sélections régionales où on l’avait placé comme arrière latéral. José Arribas le fait débuter en pro un an plus tard, lors de l’été 1973, alors que le club canari vient d’être sacré champion de France. Devenu arrière latéral un peu par hasard, le Vendéen s’impose rapidement comme l’un des meilleurs spécialistes du poste du championnat.
A ses débuts, Maxime Bossis évolue à différents postes de la défense, mais c’est comme arrière latéral qu’il donne la pleine mesure de son talent, particulièrement sur le côté gauche. S’il semble raide et lent au premier abord, Max Bossis est pourtant doté de grandes qualités techniques et physiques. On dit qu’il défend debout, c’est-à-dire qu’il tacle peu. Il récupère un grand nombre de ballons et assure une relance très propre. Il aime en outre déborder sur son aile, provoquer le surnombre et utiliser son dribble pour ouvrir des brèches dans la défense adverse.
En équipe de France, Maxime Bossis compte 76 sélections (soit 6744 minutes de jeu selon le site FFF) auxquelles il faut ajouter 8 rencontres contre des clubs et autant de matchs de préparation. En dix ans, il a connu deux sélectionneurs, Michel Hidalgo et Henri Michel. Il a été capitaine à cinq reprises et buteur une seule fois (en 1982 contre le Koweït). 

Aux côtés du journaliste Emmanuel Faure, Maxime Bossis revient sur sa carrière de footballeur dans une autobiographie publiée aux éditions Nouvelles Sources.
Si ce championnat d’Europe 1984 fait l’objet du premier chapitre, présenté comme le sommet de la carrière du Vendéen, Emmanuel Faure a choisi dès l’avant-propos de revenir sur un autre sommet, à la fois merveilleux et douloureux, le fameux match de Séville en 1982 avec son épilogue injuste : l’image de Max Bossis accroupi, le regard perdu après avoir manqué le tir au but décisif, d’une frappe mal assurée repoussée par l’affreux Schumacher.
Bien entendu, la carrière de Max Bossis ne se résume pas à ce tir au but manqué, mais c’est un sujet souvent évoqué par les personnes qu’il croise. 
 

13 juin 2023

Larsonneur, dans les filets de père en fils..

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Aujourd'hui dans les tentacules du poulpe nous capturons Gautier Larsonneur. On va parler de mobilité intergénérationnelle donc du changement de position sociale d’un individu par rapport à son origine sociale.
Gautier Larsonneur a mis tout le monde d’accord à Sainté. Auteur de sept clean sheets en 21 matches avec l’ASSE, il a été très souvent décisif .
Après une demi-saison chez les Verts, le breton se projette pour une saison pleine en 2023-2024, mais avec un objectif bien clair : la remontée en Ligue 1.
Fils de marin pêcheur il aurait pû aussi le devenir. En effet Yannick Larsonneur a suivi les traces de son père. Cela fait plus de 30 ans ans qu'il s'est lancé dans l'aventure, avec son « caseyeur-fileyeur » Flipper III. Son fils Gautier, en a décidé autrement. Ce chambreur de première, que ce soit sur un terrain ou un bateau, s'est orienté vers une carrière de footballeur professionnel.

 

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Comprendre Larsonneur, c’est alors revenir, aussi, au village, au Conquet, commune la plus occidentale du pays. Un port de pêche situé à trente minutes de Brest. « Je suis issu d’une famille de pêcheurs, j’ai été bercé là-dedans. Mon père part tous les matins en mer à 2h, il revient vers 17-18h et ensuite, ma mère prend le relais et va vendre les produits sur le port. Gamin, j’ai fait tout ce qu’on peut faire dans un port : la pêche à la canne, avec les filets… Mes parents m’ont laissé libre imagination pour mon avenir, m’ont toujours accompagné, mais footballeur, c’est bien autre chose que le boulot abattu par mon père ou certains de mes amis qui sont tous devenus, pour la plupart, des pêcheurs professionnels. »

Gautier rend hommage à ses parents: « Quand j'étais petit, ils ont tout mis en oeuvre pour que je puisse m'épanouir dans le foot parce que ça me plaisait énormément. Je les en remercie. S'ils ne m'avaient pas conduit au foot à Plougonvelin, je n'aurais peut-être pas pu être au Stade brestois. » (il a commencé le football à l’âge de 6 ans au cœur du Finistère au club de l’US Plougonvelin où il a évolué jusqu’à l’âge de 11 ans.)

14 juin 2026

Gérard Jugnot, le funambule du rire et du chagrin

Aujourd'hui un petit selfie avec un visage que l'on connait bien.
Gérard Jugnot naît le 4 mai 1951 à Paris, dans le 12ᵉ arrondissement, un quartier populaire où l’on apprend très tôt que la vie est une comédie dont il faut savoir rire pour ne pas pleurer. Enfant curieux, timide mais observateur, il développe très jeune ce regard tendre et ironique sur le monde qui deviendra sa signature.
Adolescent, il découvre le théâtre comme on découvre une respiration nouvelle. Il y trouve un refuge, une liberté, une manière d’exister autrement. C’est au lycée qu’il rencontre ceux qui deviendront ses compagnons de route : Thierry Lhermitte, Michel Blanc, Christian Clavier, et bientôt Josiane Balasko. Ensemble, ils forment le noyau du Splendid, cette bande qui révolutionnera la comédie française des années 70 et 80.
S’il nous touche tant, c’est parce qu’il ne triche pas. Il porte en lui nos failles, nos maladresses, nos petites lâchetés, mais aussi nos élans, nos sursauts, nos bontés inattendues. Gérard Jugnot, c’est l’homme qui n’a jamais oublié d’où il venait.
Ce qui frappe chez Jugnot, c’est sa capacité à tenir ensemble le rire et la tristesse. Il joue comme on marche sur un fil : un pas du côté du burlesque, un pas du côté du drame. Il sait que la vie n’est jamais pure comédie ni pure tragédie, mais un mélange instable où l’on rit parfois pour ne pas pleurer.
Par exemple: dans Les Bronzés, il est l’homme transparent, dans Le Père Noël est une ordure, il est l’homme perdu. Dans Les Choristes, il devient l’homme qui répare. Dans Monsieur Batignole, il est celui qui découvre, trop tard, qu’il peut être courageux.

 

14 juin 2026

Aimé Jacquet ou l’art de recomposer les déterminismes

En utilisant notre théorie de l'Ordre Social de l'Inconscient https://www.sergefreydier.fr/2026/01/presentation-de-notre-theorie-de-l-ordre-social-de-l-inconscient-serge-freydier.html revenons sur la coupe du monde 98 gagnée par la France et son sélectionneur Aimé Jacquet que nous avons rencontré plusieurs fois. 
1. Conatus et altercialité : la formation première de Jacquet
Dans notre  perspective, il faut d'abord regarder les conditions qui ont produit le sujet Jacquet.
Issu d'un milieu populaire de la région stéphanoise, Jacquet développe un rapport au monde fondé sur la persévérance, le travail et la solidarité. Son conatus, au sens spinoziste, s'exprime dans une volonté constante de maintenir et d'accroître sa puissance d'agir malgré les obstacles. Mais ce conatus n'est jamais isolé. Il se construit dans des relations d'altercialité : famille, monde ouvrier, culture du football stéphanois, apprentissages précoces. Ces matrices relationnelles façonnent une disposition durable à privilégier le collectif plutôt que la mise en avant individuelle.
2. L'entrée dans le symbolique : Jacquet face au désir et au manque
La deuxième strate concerne l'ordre symbolique. Jacquet n'apparaît pas comme un homme cherchant la jouissance médiatique ou la reconnaissance narcissique. Pendant la préparation du Mondial 1998, il accepte d'occuper la place du critiqué, parfois même du bouc émissaire. Dans une lecture lacanienne, il soutient une position où le désir n'est pas capturé par l'image mais orienté vers une fonction symbolique : construire un collectif capable de gagner. 
Il accepte le manque, l'incertitude et la contestation sans modifier son projet pour satisfaire immédiatement l'opinion.


3. Les champs sociaux : une lutte contre la doxa du football français
C'est ici que l'apport de Bourdieu devient central. À la veille de 1998, le champ journalistique et le champ footballistique sont traversés par une doxa : le football spectaculaire, les stars, les jugements immédiats. Jacquet occupe une position relativement dominée dans cet espace. Il ne possède pas le capital symbolique de certaines grandes figures médiatiques. Pourtant, il maintient son illusio : sa croyance dans la valeur du projet collectif.
Nous montrons ainsi que les choix ne sont pas seulement psychologiques ; ils résultent d'une trajectoire située dans des rapports de force objectifs.


4. Émancipation singulière : Jacquet comme créateur de solution
La plupart des acteurs reproduisent les structures qui les ont produits. Jacquet fait autre chose. Face aux critiques, aux tensions internes, à la pression nationale, il invente une manière singulière de tenir sa position. Son "style Jacquet" peut être lu comme un sinthome : une manière personnelle de nouer ensemble les dimensions psychiques, sociales et symboliques sans se laisser désorganiser par elles. Il ne supprime pas les déterminismes ; il les réagence.
5. Jacquet comme figure du Modus Octopus
Le Modus Octopus est celui qui redistribue ses ressources et ses prises dans plusieurs espaces à la fois lorsque les autres restent prisonniers d'une logique unique. Jacquet agit ainsi en 1998 : il répond à la pression médiatique sans devenir médiatique ; il dirige des individualités fortes sans les écraser ; il représente l'institution sans devenir bureaucrate ; il construit une identité collective sans effacer les différences. 
Là où beaucoup voyaient des contradictions insolubles, il trouve des articulations. Dans cette lecture, la victoire de 1998 n'est pas seulement celle d'un sélectionneur efficace. Elle est celle d'un sujet qui parvient à habiter ses déterminations sociales, symboliques et affectives tout en ouvrant une ligne de création collective nouvelle.
                               Conclusion   

 

Son parcours illustre la capacité d'un sujet à transformer les contraintes issues du conatus, de l'ordre symbolique et des champs sociaux en une invention collective originale. La Coupe du monde 1998 devient alors l'exemple d'une réussite née non de la liberté absolue, mais de l'art de recomposer les déterminations plutôt que de les subir.

15 juin 2026

Jean-Michel Larqué : le football a-t-il vendu son âme ?

 

 

Avec l"anniversaire des 50 ans de la finale en coupe d'Europe de l'ASSE, on a souvent croisé Jean-Michel Larqué à Saint-Etienne. Mais quelle est sa vision du foot moderne?
« Le football est devenu une industrie mondiale. » En une phrase, Jean-Michel Larqué résume tout le malaise qu'il éprouve face au football moderne.

Pour l'ancien capitaine des Verts, le football d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec celui qu'il a connu. Hier, les joueurs représentaient une ville, une région, parfois toute une génération de supporters. Aujourd'hui, ils incarnent surtout des marques, des stratégies marketing et des investissements financiers.Le constat de Larqué est brutal : le football a troqué son identité contre sa valeur marchande. Les clubs sont devenus des entreprises mondialisées, les supporters des consommateurs et les joueurs des actifs dont la valeur fluctue au rythme des marchés des transferts.
 

À l'époque de Saint-Étienne, personne ne parlait de « projet de marque », d'« engagement digital » ou de « développement international ». On parlait de jeu, de passion et de résultats. Les supporters s'identifiaient à des joueurs qui restaient plusieurs années au club. Aujourd'hui, les effectifs changent au gré des opportunités financières et des montages économiques.

Larqué ne nie pas les progrès du football moderne. Les joueurs sont plus rapides, mieux préparés physiquement et entourés de moyens considérables. Mais à ses yeux, cette évolution a un prix : la disparition progressive de l'authenticité.
Certains répondront que Larqué appartient à une autre époque. Lui rétorquerait probablement que certaines valeurs n'ont pas d'âge : le respect du maillot, le sens du collectif et la primauté du terrain sur le spectacle.

 

15 juin 2026

Avec Marco Verrati

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J'ai souvent la chance de croiser des footeux, cette fois c'était à Paris celui qu'on surnomme « Il Gufetto ».

En plus il était champion d'europe depuis 4 jours et à la veille de son mariage.

Après avoir manquer l'Euro 2016 pour une pubalgie et être absent au mondial 2018 faute de qualification, Marco Verratti se blesse au genou gauche début mai 2021 et pense que le sort est contre lui. Écarté des terrains durant un mois, et réalisant un remarquable travail de réathlétisation avec le staff du PSG, le milieu de terrain passe par tous les états, du doute à l'espoir, où son sélectionneur Roberto Mancini attend la dernière minute pour le convoquer dans son groupe de 26 joueurs.

   J'ai vu un garçon trés disponible que j'ai félicité pour son titre. « Ben fatto Marco » (« Bien joué Marco »).

Pour la photo il se tourna face au soleil car de l'autre côté c'était trop sombre. Logique pour un gars aussi solaire qui a gardé la tête sur les épaules.

 

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Dans une interview il déclarait à propos de la célébrité: "Lorsque tu es jeune et que tu commences à gagner de l’argent du jour au lendemain et que les gens te reconnaissent dans la rue, les dérives peuvent exister et c’est parfois difficile. Mais j’ai décidé de ne pas changer d’amis. Ce sont les mêmes depuis tout petit! Je sais que beaucoup viennent faire les « faux amis » seulement à cause de fait que je suis footballeur. Je respecte tout le monde et je salue tout le monde, mais je sais faire la part des choses." "Pescara, c’est la terre où je suis né...Paris est une ville fantastique, mais tu ne peux pas changer la ville où tu es né. Ce sont les petites habitudes qui me manquent le plus, comme aller au bar de mes copains ou aller à mon resto préféré. Je sors aussi beaucoup ici, mais ce n’est pas pareil. Donc je rentre souvent à Pescara pour voir mes potes ou ce sont eux qui viennent… Mais je suis heureux ici!" 

17 juin 2026

Adrien Rabiot ou la loi du milieu

Nous l'avions vu avant un match contre Saint-Etienne, la coupe du monde 2026 nous invite à mettre en avant son rôle en milieu de terrain.   
Dans le football moderne, certains joueurs attirent la lumière par leurs statistiques, leurs gestes décisifs ou leur capacité à faire basculer un match. D'autres exercent une influence plus discrète, mais tout aussi essentielle. Adrien Rabiot appartient à cette seconde catégorie. Depuis ses débuts au Paris Saint-Germain jusqu'à son rôle majeur en équipe de France, le milieu de terrain incarne ce que l'on pourrait appeler la « loi du milieu » : l'art de gouverner le jeu depuis l'entrejeu.

La loi du milieu repose sur une idée simple : celui qui maîtrise l'espace entre la défense et l'attaque contrôle souvent le destin d'un match. Rabiot n'est ni un pur récupérateur ni un meneur de jeu classique. Il évolue dans cette zone intermédiaire où se fabriquent les équilibres. Grand, élégant et doté d'une remarquable capacité à se projeter, il relie les lignes et assure la continuité du jeu. Son intelligence tactique lui permet de comprendre quand accélérer, quand temporiser et quand couvrir les espaces laissés par ses partenaires.
Cette capacité à faire le lien explique sa longévité au plus haut niveau. Formé au PSG, passé par la Juventus puis revenu en Ligue 1 avant de poursuivre sa carrière en Italie, Rabiot a toujours été apprécié par les entraîneurs pour sa polyvalence et son volume de jeu. Milieu central de formation, il peut évoluer plus bas pour participer à la relance ou plus haut pour accompagner les attaques. En équipe de France, son rôle illustre parfaitement cette loi du milieu. Dans un collectif souvent riche en talents offensifs, Rabiot agit comme un stabilisateur. Il permet aux joueurs créatifs de s'exprimer tout en garantissant l'équilibre de l'ensemble. Lui-même a récemment souligné l'importance de « l'humilité » et du rôle de chacun au sein du groupe, rappelant qu'un milieu de terrain doit souvent travailler dans l'ombre pour permettre aux autres de briller.

La loi du milieu n'est pas seulement une question de technique. Elle exige de la lecture du jeu, de l'endurance et une capacité à prendre les bonnes décisions sous pression. Rabiot excelle précisément dans ces domaines. Ses courses vers l'avant, son impact physique et sa faculté à récupérer des ballons tout en participant à la construction font de lui un joueur complet, souvent plus précieux que spectaculaire. Dans une époque où les projecteurs se concentrent souvent sur les buteurs, Adrien Rabiot rappelle une vérité ancienne du football : les matchs se gagnent souvent au milieu du terrain. C'est là que se crée l'équilibre, que se construit le rythme et que se forge l'identité d'une équipe. La loi du milieu, en somme, n'est rien d'autre que la loi du football lui-même. Et Rabiot en demeure l'un des représentants les plus accomplis de sa génération.

18 juin 2026

Lambert Wilson : entre héritage familial et réussite personnelle

Aujourd'hui une rencontre avec l'acteur va nous permettre de développer une notion sociologique.

La mobilité intergénérationnelle désigne les changements de position sociale entre les parents et leurs enfants. Pour l'étudier, les sociologues comparent souvent les professions et les catégories socioprofessionnelles (CSP) des deux générations. L'exemple de Lambert Wilson permet d'illustrer les mécanismes de reproduction sociale.

En effet, son père, Georges Wilson, exerçait les professions d'acteur, de metteur en scène et de directeur de théâtre. Ces activités sont généralement classées dans la catégorie socioprofessionnelle des cadres et professions intellectuelles supérieures. Lambert Wilson est devenu lui aussi acteur, profession appartenant à la même catégorie socioprofessionnelle. Ainsi, en comparant l'origine sociale du père et la position sociale du fils, on constate qu'il existe une forte continuité entre les deux générations.

Cette situation illustre davantage un phénomène de reproduction sociale que de mobilité sociale. En effet, Lambert Wilson a grandi dans un milieu culturellement favorisé. Il a bénéficié d'un important capital culturel, transmis par sa famille, qui comprend des connaissances artistiques, une familiarité avec le monde du spectacle et des dispositions valorisées dans ce secteur. Il a également pu profiter d'un capital social, c'est-à-dire d'un réseau de relations et de contacts présents dans le milieu culturel et théâtral.

Selon le sociologue Pierre Bourdieu, ces différents capitaux jouent un rôle majeur dans la transmission des positions sociales entre générations. L'exemple de Lambert Wilson montre que les ressources familiales peuvent faciliter l'accès à certaines professions et contribuer au maintien de la position sociale de la famille.

Toutefois, cette reproduction sociale ne signifie pas que la réussite est automatique. Lambert Wilson a suivi une formation exigeante et développé ses propres compétences artistiques. Sa carrière internationale témoigne également de ses qualités personnelles et de son investissement professionnel. Néanmoins, du point de vue sociologique, son parcours illustre une faible mobilité intergénérationnelle puisque sa position sociale demeure proche de celle de son père.

Ainsi, l'exemple de Lambert Wilson montre que, malgré les possibilités de mobilité offertes par les sociétés contemporaines, l'origine sociale continue d'exercer une influence importante sur les trajectoires individuelles. Il met en évidence le rôle de la famille dans la transmission des capitaux économiques, culturels et sociaux, qui favorisent la reproduction des positions sociales d'une génération à l'autre.

17 juin 2026

SALIBA: la force tranquille

A Saint-Etienne, on le croisait souvent au centre d'entrainement. On savait qu'il était bon, sans forcément prévoir qu'il jouerait la coupe du monde 2026.

Il entre sur la pelouse comme on entre dans une pièce où l’on connaît déjà tout le monde : sans fracas, sans gestes inutiles, avec cette tranquillité qui n’appartient qu’aux gens sûrs d’eux sans avoir besoin de le dire. William Saliba n’a pas besoin de parler fort. Son football parle pour lui.

 À 23 ans, William Saliba s’est imposé comme l’un des défenseurs centraux les plus fiables de sa génération. Longtemps considéré comme un talent en devenir, il est désormais un pilier d’Arsenal et un titulaire affirmé en équipe de France. Son ascension, méthodique et silencieuse, tranche avec le bruit médiatique qui entoure souvent les jeunes prodiges du football français.


Né en 2001, Saliba grandit à Bondy, dans un environnement où le football est un langage commun. Très tôt, il se distingue par sa taille et sa coordination. Contrairement à l’image actuelle du défenseur massif, il joue d’abord attaquant, un poste où il développe dribble, mobilité et lecture offensive.On oublie souvent qu’il fut d’abord attaquant. Un gamin qui aimait dribbler, marquer, provoquer. Puis un jour, à Montfermeil, on lui dit que devant, c’est bouché.
Il réfléchit une seconde, hausse les épaules, et dit : « Je peux jouer derrière. »


Ce n’est pas un renoncement. C’est un choix. Un choix de ceux qui veulent avancer, coûte que coûte. Et c’est peut-être là que tout commence : dans cette capacité à se déplacer dans le jeu comme dans la vie, sans crispation..
Recruté par l’AS Saint-Étienne, Saliba impressionne par sa maturité. À 17 ans, il joue déjà en Ligue 1. Les observateurs notent : une maîtrise technique rare pour un défenseur central, une capacité à défendre debout, un calme déroutant pour son âge.


Après plusieurs prêts, Saliba s’installe enfin à Londres en 2022. 

19 juin 2026

ça boum pour Sophie Marceau

Rencontre chaleureuse ce jour là avec Sophie Marceau malgré le froid à Saint-Etienne.

Pour ceux qui ne le savent pas c’est le film La Boum qui a lancé sa carrière. Après une audition passée par hasard, elle obtient en 1980, à l'âge de 13 ans, le premier rôle du film

Ce film de Claude Pinoteau est une référence. Impossible de ne pas mentionner La Boum lorsque l’on parle de nos classiques préférés. A l’époque où le cinéma vivait son heure de gloire, le film avait réuni près de 4,3 millions de Français et 15 millions à travers l’Europe. Sophie, a connu peu de temps après un succès fulgurant, qui lui a valu quelques angoisses.

"Au début, j'en ai plutôt souffert, parce que j'étais une gamine et que je n'étais pas prête pour tout ça. La gloire de La Boum, ça a été un enfer pour moi"

"Maintenant, au contraire, je dirais que j'en récolte les fruits car ce film est devenu une référence. Ma carrière ne se limite pas à ça, mais c'est La Boum qui revient immanquablement"

La cote d’amour du film réalisé par Claude Pinoteau ne semble pas s’estomper, tout comme la popularité de sa comédienne principale, révélée par ce rôle culte et qui demeure l’une des personnalités préférées de l’Hexagone. Malgré des critiques plutôt tièdes à l’époque, le long métrage a rapidement gagné le cœur des Français et a fini par y trouver une place d’honneur, même chez les cinéphiles les plus exigeants qui s’y replongent volontiers, entre tendresse et nostalgie, séduits par sa force d’évocation et d’identification.

Cette comédie transgénérationnelle sondait le monde des jeunes adolescents, à l’aube des premières expériences, à cheval entre l’enfance et la vie d’adulte, entre la candeur des amours naissantes et l’impact des conflits conjugaux sur leur développement personnel. Revoir La Boum avec ses ados ou pré-ados, c’est s’offrir un voyage dans le temps, pour revenir sur ces années.

19 juin 2026

Antoine de Caunes : l’élégance du désordre maîtrisé

J’ai eu la chance de rencontrer Antoine de Caunes au Salon du Livre de Paris. Dans la foule compacte, il dégageait cette aura rare des personnalités qui n’ont plus rien à prouver : un mélange de décontraction, d’ironie douce et d’attention sincère. Une poignée de main, un sourire en coin, une phrase bien envoyée… et soudain, on comprend pourquoi cet homme a marqué plusieurs générations.
     Le charme discret d’un enfant de la télé
Antoine de Caunes n’a pas seulement grandi dans un foyer où la télévision était omniprésente : il en est devenu l’un des visages les plus singuliers. Fils de Georges de Caunes et de Jacqueline Joubert, il hérite d’un sens inné du rythme, de la répartie et de la mise en scène.

 


Mais chez lui, rien n’est jamais figé : tout est mouvement, curiosité, envie de surprendre.

    L’esprit Canal, incarné en costume sombre
Pour beaucoup, Antoine de Caunes, c’est d’abord Nulle Part Ailleurs.
Le plateau mythique, les interviews décalées, les personnages improbables, les fous rires avec José Garcia… Il y a laissé une empreinte indélébile.
Il n’était pas seulement l’animateur : il était le chef d’orchestre d’un joyeux chaos, un maître du second degré capable de transformer une simple transition en moment culte.

  Un artiste pluriel, jamais là où on l’attend
Acteur, réalisateur, auteur, animateur… Antoine de Caunes refuse les cases.
Au cinéma, il explore des registres variés, du drame historique (Monsieur N.) à la comédie (Désaccord parfait), jusqu’au très remarqué Coluche, l’histoire d’un mec.
À la radio, il cultive un ton chaleureux et érudit.
Dans l’édition, il surprend encore, notamment avec des projets où l’humour et la réflexion se mêlent avec finesse.

Le maître de cérémonie qui connaît la scène par cœur
Dix fois à la tête des César : un record, mais surtout une preuve de confiance.
Antoine de Caunes y a imposé son style : élégant, précis, jamais lourd, toujours juste.
Un funambule du bon goût, capable de faire sourire sans jamais écraser.

Un homme qui regarde le monde avec un sourire en coin
Ce qui frappe, lorsqu’on le rencontre, c’est cette façon de vous écouter vraiment.
Pas de posture, pas de façade.
Juste un regard vif, une curiosité intacte, et cette petite étincelle qui dit :
« On peut parler sérieusement, mais on n’est pas obligés de se prendre au sérieux. »

Antoine de Caunes appartient à cette catégorie rare : les artistes qui traversent les époques sans perdre leur liberté.
Un homme qui a fait de l’humour un art, de la culture un terrain de jeu, et de la télévision un espace où l’intelligence pouvait rimer avec insolence.

19 juin 2026

Nicoletta : la voix qui n’a jamais voulu être yé-yé

Aujourd'hui dans les tentacules de la Stratégie du Poulpe, Nicoletta.

Dans le paysage de la chanson française des années 1960-1970, Nicoletta occupe une place à part. Alors que la vague yé-yé domine les radios avec ses idoles jeunes, légères et très “variété pop”, elle s’impose avec une voix puissante, grave, profondément inspirée par le gospel, le blues et la soul américaine. Une identité musicale qui la distingue immédiatement de ses contemporaines.         

Née Nicole Grisoni en 1944 à Thonon-les-Bains, Nicoletta grandit en Haute-Savoie avant de rejoindre Paris au début des années 1960. Elle débute comme DJ dans les clubs parisiens et se fait repérer par le producteur Léo Missir, qui lui permet d’enregistrer ses premiers titres.

Contrairement aux figures yé-yé souvent façonnées par les médias et les maisons de disques pour incarner une jeunesse légère et formatée, Nicoletta arrive avec une autre énergie : une voix grave, un phrasé intense et un répertoire déjà marqué par la soul et le gospel.   

Dès 1967, elle connaît le succès avec “La Musique” puis surtout “Il est mort le soleil”, chanson écrite par Pierre Delanoë et composée par Hubert Giraud, qui sera reprise plus tard par Ray Charles sous le titre The Sun Died.

Mais c’est en 1971 qu’elle atteint une reconnaissance internationale avec “Mamy Blue”, qui devient son titre emblématique.
Ce succès confirme son statut : celui d’une chanteuse à part, plus proche des influences afro-américaines que de la pop yé-yé française.

Pas une “yé-yé” : une identité assumée

Le mouvement yé-yé, popularisé par des artistes comme France Gall, Sylvie Vartan ou Sheila, repose sur une esthétique adolescente, légère et très orchestrée par les producteurs.

Nicoletta, elle, s’en éloigne totalement :

  • elle privilégie des interprétations puissantes et émotionnelles
  • elle chante souvent des thèmes graves ou spirituels
  • elle s’inscrit dans une tradition soul et gospel rare en France à cette époque
  • Elle ne correspond donc ni à l’image ni au style musical du yé-yé, même si elle partage la même période de popularité.
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19 juin 2026

François Hollande et le ballon rond

Hollande

Allez en ce début 2024 un selfie avec l'ancien Président à Saint-Etienne. Une ville qui selon lui a marqué, pas simplement pour le football mais aussi par rapport à l'industrie stéphanoise.


François Hollande adore le football. Dans son parcours scolaire et universitaire, jusqu'à l'ENA, il toujours joué au football. Idem au service militaire. Une passion marquée par une régularité : le socialiste Hollande a toujours joué… à droite.
"J'étais ailier droit. À l'époque, on parlait encore d'ailier. Maintenant, ce sont des 'avants', avec une permutation beaucoup plus grande"
"Le football m'a ouvert l'esprit. J'ai lu le journal, j'ai lu des livres, je me suis intéressé à des villes, à la géographie, au monde, grâce au football. La culture populaire, je l'ai acquise à travers le sport"
François Hollande garde également un souvenir ému de ses sorties au stade le week-end. "Quand j'étais très jeune, mon grand-père maternel m'emmenait au stade voir des matches. J'ai découvert ce qu'était un public, les échanges entre supporters. On partageait les mêmes émotions, les mêmes inquiétudes quand notre équipe ne gagnait pas, les mêmes révoltes quand une décision arbitrale ne nous plaisait pas", raconte-t-il.

Il note ainsi l'importance de cette possibilité propre au football : "parler aux autres, avoir une relation avec des inconnus qui deviennent des semblables, parfois des proches, malgré les différentes catégories sociales".
En 2023 Invité par l'association Banlieues Climat, il avait accepté de réaliser plusieurs exercices ballon au pied: 

 

Il est supporter du Red Star mais il connait bien l'histoire de l'ASSE, avec un palmarès qui appartient à la France au-delà même de Saint-Etienne. François Hollande aimerait bien assister à un match dans le chaudron car avec Lens c'est là que l'ambiance est exceptionnelle.   

 

17 février 2019

François Berléand, le fils de l'homme invisible

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On le voit sur la photo, ce jour là le soleil nous éblouissait. Qui ne connait pas François Berléand? On l'a vu dans une multitude de films ou de pièces de théatre. Très visible aujourd'hui, il pensait pourtant durant son enfance être invisible.

 

Il croyait être l'homme invisible. S'il en parle aujourd'hui de façon décomplexée, il a été suivi par des psychologues, qui l'ont finalement aidé à se détacher de cette croyance.
Tout a commencé par une phrase de son père concernant la série L'homme invisible. "Mon père, qui était russe et un peu alcoolique, m'a dit lors d'un dîner que j'étais le fils de l'homme invisible", raconte-il. "Or, j'ai eu la faiblesse de le croire. Cela m'a valu, non pas l'asile psychiatrique mais beaucoup de rendez-vous avec des pédopsychiatres et des psychologues."
"Je me suis retrouvé tout nu"
Au fil du temps, cette mauvaise interprétation a eu des conséquences plutôt surprenantes sur la vie du jeune François Berléand. L'acteur se souvient notamment d'un jour marquant. "Puisque je me croyais invisible, je ne comprenais pas pourquoi mes copains me disaient bonjour. J'ai donc pensé qu'ils m'avait reconnu grâce à mes vêtements. Alors, un jour, je les ai enlevés. Je me suis retrouvé tout nu. C'est à partir de ce moment-là que le pédopsychiatre est entré dans ma vie."

 

berleand

 

 

" Je m'appelle François Berléand, j'ai presque onze ans et je ne prends pas la parole sans y avoir été invité par un adulte. Je mange de tout, même si je n'ai pas une grande passion pour les carottes bouillies, les endives ou les épinards. Mais ce que je déteste par-dessus tout, c'est le chou-fleur. Sinon, je ne pose pas spécialement de problèmes. Dans ma chambre, j'ai un piano, un Teppaz, un bureau et une grande armoire en teck.
Je suis AB négatif, ce qui est déjà très rare, et je suis le fils de l'Homme invisible. "

24 juin 2026

« Bouge de là : le tube qui a révélé MC Solaar »

Aujourd'hui dans nos tentacules un roi de la prose. 

MC Solaar, de son vrai nom Claude Honoré M'Barali, est un rappeur franco-tchadien né le 5 mars 1969 à Dakar. Il grandit ensuite en région parisienne et découvre très jeune la culture hip-hop. Contrairement à de nombreux rappeurs de son époque, il se distingue par un style très littéraire, fondé sur les jeux de mots, la poésie et l'humour. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des pionniers du rap français et l'un des artistes les plus influents de ce genre musical.

                    Le succès de « Bouge de là »

En 1990, MC Solaar sort son premier single, Bouge de là. Cette chanson connaît immédiatement un grand succès et devient l'un des premiers grands tubes du rap français. À une époque où le rap est encore peu connu du grand public, le morceau parvient à séduire un large public grâce à son ton humoristique, ses paroles intelligentes et son refrain facile à retenir.

 Il raconte avec humour plusieurs situations dans lesquelles le rappeur est rejeté après avoir commis des maladresses. Cette originalité contribue fortement à son succès.

La chanson reste quatorze semaines dans le Top 50 français, atteint la cinquième place du classement et se vend à plus de 400 000 exemplaires. Elle est souvent considérée comme le morceau qui a permis de populariser le rap auprès du grand public français.

Grâce à ce succès, MC Solaar publie en 1991 son premier album, Qui sème le vent récolte le tempo, qui dépasse les 400 000 ventes et lance véritablement sa carrière. Il enchaîne ensuite les tournées en France et à l'étranger et devient une référence du rap francophone. 

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