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La Stratégie Du Poulpe -Serge-FREYDIER

30 juin 2026

Steve Mandanda « El Fenomeno »

Dans le cadre de la stratégie du poulpe nous avons croisé beaucoup de footeux, dont Steve Mandanda.

Le surnom « El Fenomeno » donné à Steve Mandanda est né dans les tribunes marseillaises, comme un mélange d’admiration sincère et d’humour affectueux. Les supporters l’ont adopté pour souligner à quel point Mandanda a été un gardien hors norme, capable de sauver l’équipe dans des moments critiques avec une régularité presque irréelle. Au fil des années, il est devenu bien plus qu’un joueur : une présence rassurante, un pilier silencieux, un repère pour toute une génération de supporters.

Sa longévité exceptionnelle, ses centaines de matchs disputés sous le maillot de l’OM, ses arrêts décisifs répétés ont construit une aura particulière autour de lui, une forme de grandeur tranquille qui force le respect. En reprenant le surnom mythique de Ronaldo, les Marseillais ont voulu dire que Mandanda était leur phénomène à eux, celui qui, sans bruit, sans extravagance, a tenu le club debout pendant quinze ans. C’est un hommage, une marque d’amour, et la reconnaissance d’un gardien qui a marqué l’histoire du club par sa fidélité, son calme et sa capacité à être toujours là quand il le fallait.

29 juin 2026

Comment Hinault est devenu “le Blaireau”?

Quand le poulpe rencontre un blaireau en plein soleil. 

Hinault a reçu son surnom de blaireau à la fin des années 1970, au moment où il commençait à s’imposer dans le peloton professionnel. Le terme existait déjà dans l’argot cycliste : on s’interpellait entre coureurs en lançant « alors blaireau », une manière de se chambrer sans méchanceté. Deux Bretons, Maurice Le Guilloux et Georges Talbourdet, l’utilisaient souvent en parlant d’Hinault, parfois même en l’appelant « le petit blaireau » lorsqu’il gagnait des courses locales. Un jour, ils emploient ce mot devant le journaliste Pierre Chany, qui le reprend dans un article en écrivant que Hinault est le Blaireau. Le surnom devient alors public, officiel, et ne le quittera plus.

Ce nom lui colle d’autant mieux qu’il correspond à son tempérament. Hinault est un coureur frontal, agressif, qui attaque quand les autres temporisent, qui défend son territoire comme un animal sûr de lui. Il avance sans calcul, sans diplomatie, avec une volonté brute qui impressionne autant qu’elle dérange. Le blaireau, animal combatif qui ne recule pas et mord quand on le provoque, devient une métaphore parfaite de son style. Hinault lui-même l’a reconnu : ce surnom n’était pas une moquerie, mais une définition instinctive de ce qu’il était sur un vélo — un homme qui ne lâche jamais, qui impose sa loi, qui refuse la passivité. Ainsi est née une légende, à la fois simple et sauvage, qui résume mieux que n’importe quel palmarès la manière dont Hinault a marqué le cyclisme.

28 juin 2026

Théorie de l'affectocentrisme

Au fil du temps ce mécanisme m'est venu à l'esprit.

 L'affectocentrisme est un biais cognitif qui consiste à privilégier, parmi plusieurs explications possibles d'un phénomène multifactoriel, celle qui satisfait le mieux nos affects (émotions, sentiments, humeurs), au détriment de la complexité réelle des causes.

  1. Les phénomènes humains, sociaux et naturels sont généralement multifactoriels : ils résultent de l'interaction de nombreuses causes.
  2. L'esprit humain recherche des récits simples et cohérents.
  3. Le choix d'une explication n'est pas uniquement déterminé par les preuves, mais aussi par sa résonance affective.
  4. Les débats publics opposent souvent des explications partielles qui sont chacune soutenues parce qu'elles répondent à des sensibilités différentes plutôt que parce qu'elles épuisent la réalité.

Plus un phénomène est multifactoriel, plus la probabilité est grande que les individus sélectionnent l'explication qui confirme leurs affects plutôt que celle qui intègre l'ensemble des facteurs pertinents.  L'explication qu'une personne privilégie renseigne souvent davantage sur sa structure affective que sur la hiérarchie réelle des causes. Donc les faits existent, mais leur interprétation est sélective parce qu'elle est affectivement orientée.

Ce mécanisme est à relier aux projections du moi dans sa fonction imaginaire. 

27 juin 2026

Philippe Lucas, l’homme derrière les lunettes noires

Philippe Lucas naît le 4 avril 1963, dans un environnement qui n’a rien d’un centre d’entraînement olympique. Il grandit dans un bistrot familial, un lieu où l’on apprend très tôt à observer les gens, à sentir leurs humeurs, à comprendre leurs failles. C’est là, entre les verres qui s’entrechoquent et les conversations qui s’enflamment, qu’il forge son premier talent : lire les êtres humains. Avant même de devenir entraîneur, il devient un fin psychologue, un homme qui sait comment parler, comment secouer, comment rassurer.

Rien ne le prédestinait vraiment à devenir une figure majeure de la natation française. Sa carrière de nageur est modeste, et il en plaisante lui-même. Mais ce manque de gloire sportive devient une force : il observe, il apprend, il s’imprègne. À 20 ans, il commence à entraîner. Très vite, il comprend que son rôle ne sera pas seulement de construire des corps, mais de façonner des caractères.

Dans "Les Guignols de l'info", la marionnette de Philippe Lucas est le coach décalé des nageurs et des blagues. Avec son style à la fois excentrique et autoritaire, il balance des conseils improbables tout en se plaignant de la médiocrité ambiante. Un mélange de motivation maladroite et de critiques acerbes qui en fait le gourou comique du bassin, prouvant que le sport peut être aussi déroutant que drôle !

25 juin 2026

Jean Djorkaeff et l'équipe de France des années 1960

Une petite photo avec Monsieur Djorkaeff pour un retour vers le passé.

Jean Djorkaeff est l'un des joueurs les plus marquants du football français des années 1960. Né le 27 octobre 1939 à Charvieu, en Isère, il évolue principalement au poste de défenseur. Surnommé « Tchouki », il est connu pour son sérieux, sa polyvalence et ses qualités de leader. Entre 1964 et 1972, il porte à 48 reprises le maillot de l'équipe de France et en devient l'un des capitaines emblématiques.
L'équipe de France de cette époque compte plusieurs joueurs talentueux. Parmi eux figurent le gardien Georges Carnus, considéré comme l'un des meilleurs portiers français de son temps, les défenseurs Bernard Bosquier et Robert Budzynski, les milieux Henri Michel et Joseph Bonnel, ainsi que les attaquants Georges Bereta, Hervé Revelli, Philippe Gondet, Nestor Combin, Charly Loubet, Jacques Simon et Fleury Di Nallo. Ces joueurs évoluent pour la plupart dans les grands clubs français comme Saint-Étienne, Marseille, Nantes ou Lyon.

Grâce à cette génération, la France réussit à se qualifier pour la Coupe du monde 1966 organisée en Angleterre. Jean Djorkaeff participe à la compétition aux côtés de Georges Carnus, Bernard Bosquier, Joseph Bonnel, Georges Bereta, Philippe Gondet et Nestor Combin. Malgré leur talent, les Bleus sont éliminés dès le premier tour après trois matchs.
Georges Carnus (gardien)
Bernard Bosquier (défenseur)
Robert Budzynski (défenseur)
Jean Djorkaeff (défenseur et capitaine)
Robert Herbin (milieu de terrain)
Henri Michel (milieu de terrain)
Joseph Bonnel (milieu de terrain)
Georges Bereta (attaquant)
Hervé Revelli (attaquant)
Philippe Gondet (attaquant)
Nestor Combin (attaquant)
Charly Loubet (attaquant)
Fleury Di Nallo (attaquant)
Les années suivantes sont plus compliquées. L'équipe de France ne parvient pas à se qualifier pour la Coupe du monde 1970 au Mexique. Les résultats restent irréguliers face aux grandes nations européennes comme l'Angleterre, l'Allemagne de l'Ouest ou l'Italie. Cependant, cette génération prépare l'avenir du football français en permettant l'émergence de jeunes joueurs qui connaîtront davantage de succès dans les années 1970 et 1980.Jean Djorkaeff demeure l'un des symboles de cette période. Capitaine respecté, il a incarné les valeurs de courage, de discipline et de fidélité au maillot bleu. Son héritage se prolongera avec son fils, Youri Djorkaeff, qui deviendra champion du monde avec la France en 1998.

 

24 juin 2026

« Bouge de là : le tube qui a révélé MC Solaar »

Aujourd'hui dans nos tentacules un roi de la prose. 

MC Solaar, de son vrai nom Claude Honoré M'Barali, est un rappeur franco-tchadien né le 5 mars 1969 à Dakar. Il grandit ensuite en région parisienne et découvre très jeune la culture hip-hop. Contrairement à de nombreux rappeurs de son époque, il se distingue par un style très littéraire, fondé sur les jeux de mots, la poésie et l'humour. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des pionniers du rap français et l'un des artistes les plus influents de ce genre musical.

                    Le succès de « Bouge de là »

En 1990, MC Solaar sort son premier single, Bouge de là. Cette chanson connaît immédiatement un grand succès et devient l'un des premiers grands tubes du rap français. À une époque où le rap est encore peu connu du grand public, le morceau parvient à séduire un large public grâce à son ton humoristique, ses paroles intelligentes et son refrain facile à retenir.

 Il raconte avec humour plusieurs situations dans lesquelles le rappeur est rejeté après avoir commis des maladresses. Cette originalité contribue fortement à son succès.

La chanson reste quatorze semaines dans le Top 50 français, atteint la cinquième place du classement et se vend à plus de 400 000 exemplaires. Elle est souvent considérée comme le morceau qui a permis de populariser le rap auprès du grand public français.

Grâce à ce succès, MC Solaar publie en 1991 son premier album, Qui sème le vent récolte le tempo, qui dépasse les 400 000 ventes et lance véritablement sa carrière. Il enchaîne ensuite les tournées en France et à l'étranger et devient une référence du rap francophone. 

20 juin 2026

Cours SES continuité pédagogique

  

photo

Bonjour les lycéennes et les lycéens de Jean Monnet/ Benoit Fourneyron à Saint-Etienne! Suite à la fermeture des établissements scolaires liée au coronavirus, vous trouverez ci-dessous des cours-TD de SES sur mon blog.

Vous pouvez cliquer sur les plans des différents niveaux  :      


      -Spécialité SES première En rédaction

- CHAPITRE 1: Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il? <- Cliquez

CHAP 2: Comment les marchés imparfaitement concurrentiels fonctionnent-ils?   <- Cliquez

Chapitre 3:Les défaillances du marché et l'intervention de l'Etat  <- Cliquez

- CHAPITRE7: Comment se construisent et évoluent les liens sociaux? <- Cliquez

CHAPITRE8: Quels sont les processus qui contribuent à la déviance? <- Cliquez

-CHAPITRE 9: Comment se forme et s'exprime l'opinion publique?      <- Cliquez

- CHAPITRE 10: Voter une affaire individuelle ou collective?:     <- Cliquez


 

      -SES niveau seconde 

-Prologue: Comment les économistes, les sociologues et les politistes travaillent-ils? <- Cliquez

-Question 1: Comment crée-t-on des richesses et comment les mesure-t-on? <- Cliquez

-Question 2: Comment se forment les prix sur un marché ? <- Cliquez

-Question 3: Comment devenons-nous des acteurs sociaux? <- Cliquez

-Question 4: Comment s’organise la vie politique ?  <- Cliquez

-Question5: Quelles relations entre le diplôme, l’emploi et le salaire? <- Cliquez

  EDUCATION MORALE

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Nouveau programme de TES 

Chapitre 3 Comment lutter contre le chômage ? - Blog-Serge-FREYDIER

CHAPITRE 4 La crise de marchés financiers 

CHAPITRE 5 QUELLES POLITIQUES ECONOMIQUES DANS UN CADRE EUROPEEN?

CHAP 7 Quelle est l'action de l'école sur les destins individuels et sur l'évolution de la société?

CHAP 8: QUELLES SONT LES CARACTERISTIQUES CONTEMPORAINES ET LES FACTEURS DE LA MOBILITE SOCIALE?

CHAP 10 Comment expliquer l'engagement politique dans les sociétés démocratiques?

CHAP 12 Quelle action publique pour l'environnement (partie 1)

CHAPITRE 11: QUELLES INÉGALITÉS SONT COMPATIBLES AVEC LES DIFFÉRENTES CONCEPTIONS DE LA JUSTICE SOCIALE?

                           

                       

                   

 


 Le jeu du film numéro 1: La gifle

 

 Retour à Reims [Fragments] - Regarder le documentaire complet | ARTE  

 


 Méthode Dissertation

https://sesame.apses.org/index.php?option=com_content&view=article&catid=30&id=99

Vous pouvez aussi trouver des notions sur ce site: https://ses.enseigne.ac-lyon.fr/spip/

ses

   

20 juin 2026

Les deux corps du roi des Présidents

macron1

Ce n'est pas tous les jours que l'on peu échanger quelques mots avec un Président de la République.
En cette fin de mois d'octobre 2021 Emmanuel Macron était en déplacement dans le département pour parler de sujets économiques ( réaffirmation du souverainisme économique français avec le Plan France 2030).
Très disponible il est allé en fin de journée devant la mairie de Montbrison à la rencontre des personnes présentes.

  

macron_montbrison


C'est toujours troublant d'avoir un Président face à soi. Car c'est à la fois le statut mais aussi l'homme qui est devant nous.
Dans son livre Les Deux Corps du Roi, l’historien Ernst Kantorowicz explique que le roi – au Moyen Âge – a deux corps : un corps d’homme comme tout un chacun et un corps symbolique qui représente la nation et ne meurt jamais. Kantorowicz note que cette idée est issue de la théologie chrétienne puisque pour un chrétien, l’Église est le corps du Christ sur Terre.

Nous sommes tous susceptibles d’avoir deux corps car nous sommes tous susceptibles d’exercer des responsabilités. Notre corps responsable, notre corps engagé dans l’action est autre que notre corps habituel car il est regardé. Il est l’outil de l’action et de la responsabilité. Nous l’habillons en fonction de cette action et de cette responsabilité.
Chaque homme engagé dans l’action, comme le roi, a deux corps : son corps physique et son corps responsable. Le corps physique est nourri, soigné, entretenu, réjoui. Le corps responsable est instrumentalisé.

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On peut penser qu'Emmanuel Macron vise à concilier, sous l’habit du président, les "deux corps du Roi". En 2015 dans un entretien accordé au 1 il déclarait:
"Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n'est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace. On le voit bien avec l'interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au coeur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de la République, c'est qu'il occupe cette fonction. Tout s'est construit sur ce malentendu." 

  On comprend donc qu'il y a une tension entre le corps statutaire et le corps physique. L'un invite à la prise de distance avec le trop humain mais l'autre est dans la chaleur du vivant. Un sacré dilemme!

Autre point marquant des bains de foule présidentiels, il sont fait d'inombrables touchés. Poignées de mains, bras touchés, bises parfois, enlacement pour les situations dramatiques....Tout cela renvoit aux "rois thaumaturges (qui font des miracles) qui guérissaient les écrouelles.

Depuis le 12e siècle environ, les rois de France ont "guéri" les écrouelles, une maladie d'origine tuberculeuse touchant les ganglions. L'infection forme d'imposants boutons purulents et violacés sur les cous des personnes atteintes, que l'on appelle "scrofuleux". Les souverains touchaient le cou du malade et faisaient un signe de croix. A partir de Louis VI, ce geste se fera surtout juste après le sacre royal, même s'il peut advenir à n'importe quel moment. Et c'est au 16e siècle que le "toucher royal" est accompagné des paroles "le roi te touche, Dieu te guérit".

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Les rois ont abusé du geste de guérison : on sait que François Ier a touché 1.806 personnes atteintes des écrouelles en deux ans. Le recordman est Louis XIV, avec, durant l'ensemble de son long règne, 200.000 malades touchés.

Le rite royal commencera à tomber en désuétude après Louis XIV. A partir de 1739, Louis XV ne touchera plus les malades. Louis XVI reprend l'usage en 1775. Forcément, la Révolution interrompt la tradition reprise tout de même pour le sacre de Charles X en 1825. Il touchera 121 malades et en "guérira" cinq.

19 juin 2026

François Hollande et le ballon rond

Hollande

Allez en ce début 2024 un selfie avec l'ancien Président à Saint-Etienne. Une ville qui selon lui a marqué, pas simplement pour le football mais aussi par rapport à l'industrie stéphanoise.


François Hollande adore le football. Dans son parcours scolaire et universitaire, jusqu'à l'ENA, il toujours joué au football. Idem au service militaire. Une passion marquée par une régularité : le socialiste Hollande a toujours joué… à droite.
"J'étais ailier droit. À l'époque, on parlait encore d'ailier. Maintenant, ce sont des 'avants', avec une permutation beaucoup plus grande"
"Le football m'a ouvert l'esprit. J'ai lu le journal, j'ai lu des livres, je me suis intéressé à des villes, à la géographie, au monde, grâce au football. La culture populaire, je l'ai acquise à travers le sport"
François Hollande garde également un souvenir ému de ses sorties au stade le week-end. "Quand j'étais très jeune, mon grand-père maternel m'emmenait au stade voir des matches. J'ai découvert ce qu'était un public, les échanges entre supporters. On partageait les mêmes émotions, les mêmes inquiétudes quand notre équipe ne gagnait pas, les mêmes révoltes quand une décision arbitrale ne nous plaisait pas", raconte-t-il.

Il note ainsi l'importance de cette possibilité propre au football : "parler aux autres, avoir une relation avec des inconnus qui deviennent des semblables, parfois des proches, malgré les différentes catégories sociales".
En 2023 Invité par l'association Banlieues Climat, il avait accepté de réaliser plusieurs exercices ballon au pied: 

 

Il est supporter du Red Star mais il connait bien l'histoire de l'ASSE, avec un palmarès qui appartient à la France au-delà même de Saint-Etienne. François Hollande aimerait bien assister à un match dans le chaudron car avec Lens c'est là que l'ambiance est exceptionnelle.   

 

19 juin 2026

Antoine de Caunes : l’élégance du désordre maîtrisé

J’ai eu la chance de rencontrer Antoine de Caunes au Salon du Livre de Paris. Dans la foule compacte, il dégageait cette aura rare des personnalités qui n’ont plus rien à prouver : un mélange de décontraction, d’ironie douce et d’attention sincère. Une poignée de main, un sourire en coin, une phrase bien envoyée… et soudain, on comprend pourquoi cet homme a marqué plusieurs générations.
     Le charme discret d’un enfant de la télé
Antoine de Caunes n’a pas seulement grandi dans un foyer où la télévision était omniprésente : il en est devenu l’un des visages les plus singuliers. Fils de Georges de Caunes et de Jacqueline Joubert, il hérite d’un sens inné du rythme, de la répartie et de la mise en scène.

 


Mais chez lui, rien n’est jamais figé : tout est mouvement, curiosité, envie de surprendre.

    L’esprit Canal, incarné en costume sombre
Pour beaucoup, Antoine de Caunes, c’est d’abord Nulle Part Ailleurs.
Le plateau mythique, les interviews décalées, les personnages improbables, les fous rires avec José Garcia… Il y a laissé une empreinte indélébile.
Il n’était pas seulement l’animateur : il était le chef d’orchestre d’un joyeux chaos, un maître du second degré capable de transformer une simple transition en moment culte.

  Un artiste pluriel, jamais là où on l’attend
Acteur, réalisateur, auteur, animateur… Antoine de Caunes refuse les cases.
Au cinéma, il explore des registres variés, du drame historique (Monsieur N.) à la comédie (Désaccord parfait), jusqu’au très remarqué Coluche, l’histoire d’un mec.
À la radio, il cultive un ton chaleureux et érudit.
Dans l’édition, il surprend encore, notamment avec des projets où l’humour et la réflexion se mêlent avec finesse.

Le maître de cérémonie qui connaît la scène par cœur
Dix fois à la tête des César : un record, mais surtout une preuve de confiance.
Antoine de Caunes y a imposé son style : élégant, précis, jamais lourd, toujours juste.
Un funambule du bon goût, capable de faire sourire sans jamais écraser.

Un homme qui regarde le monde avec un sourire en coin
Ce qui frappe, lorsqu’on le rencontre, c’est cette façon de vous écouter vraiment.
Pas de posture, pas de façade.
Juste un regard vif, une curiosité intacte, et cette petite étincelle qui dit :
« On peut parler sérieusement, mais on n’est pas obligés de se prendre au sérieux. »

Antoine de Caunes appartient à cette catégorie rare : les artistes qui traversent les époques sans perdre leur liberté.
Un homme qui a fait de l’humour un art, de la culture un terrain de jeu, et de la télévision un espace où l’intelligence pouvait rimer avec insolence.

19 juin 2026

ça boum pour Sophie Marceau

Rencontre chaleureuse ce jour là avec Sophie Marceau malgré le froid à Saint-Etienne.

Pour ceux qui ne le savent pas c’est le film La Boum qui a lancé sa carrière. Après une audition passée par hasard, elle obtient en 1980, à l'âge de 13 ans, le premier rôle du film

Ce film de Claude Pinoteau est une référence. Impossible de ne pas mentionner La Boum lorsque l’on parle de nos classiques préférés. A l’époque où le cinéma vivait son heure de gloire, le film avait réuni près de 4,3 millions de Français et 15 millions à travers l’Europe. Sophie, a connu peu de temps après un succès fulgurant, qui lui a valu quelques angoisses.

"Au début, j'en ai plutôt souffert, parce que j'étais une gamine et que je n'étais pas prête pour tout ça. La gloire de La Boum, ça a été un enfer pour moi"

"Maintenant, au contraire, je dirais que j'en récolte les fruits car ce film est devenu une référence. Ma carrière ne se limite pas à ça, mais c'est La Boum qui revient immanquablement"

La cote d’amour du film réalisé par Claude Pinoteau ne semble pas s’estomper, tout comme la popularité de sa comédienne principale, révélée par ce rôle culte et qui demeure l’une des personnalités préférées de l’Hexagone. Malgré des critiques plutôt tièdes à l’époque, le long métrage a rapidement gagné le cœur des Français et a fini par y trouver une place d’honneur, même chez les cinéphiles les plus exigeants qui s’y replongent volontiers, entre tendresse et nostalgie, séduits par sa force d’évocation et d’identification.

Cette comédie transgénérationnelle sondait le monde des jeunes adolescents, à l’aube des premières expériences, à cheval entre l’enfance et la vie d’adulte, entre la candeur des amours naissantes et l’impact des conflits conjugaux sur leur développement personnel. Revoir La Boum avec ses ados ou pré-ados, c’est s’offrir un voyage dans le temps, pour revenir sur ces années.

19 juin 2026

Nicoletta : la voix qui n’a jamais voulu être yé-yé

Aujourd'hui dans les tentacules de la Stratégie du Poulpe, Nicoletta.

Dans le paysage de la chanson française des années 1960-1970, Nicoletta occupe une place à part. Alors que la vague yé-yé domine les radios avec ses idoles jeunes, légères et très “variété pop”, elle s’impose avec une voix puissante, grave, profondément inspirée par le gospel, le blues et la soul américaine. Une identité musicale qui la distingue immédiatement de ses contemporaines.         

Née Nicole Grisoni en 1944 à Thonon-les-Bains, Nicoletta grandit en Haute-Savoie avant de rejoindre Paris au début des années 1960. Elle débute comme DJ dans les clubs parisiens et se fait repérer par le producteur Léo Missir, qui lui permet d’enregistrer ses premiers titres.

Contrairement aux figures yé-yé souvent façonnées par les médias et les maisons de disques pour incarner une jeunesse légère et formatée, Nicoletta arrive avec une autre énergie : une voix grave, un phrasé intense et un répertoire déjà marqué par la soul et le gospel.   

Dès 1967, elle connaît le succès avec “La Musique” puis surtout “Il est mort le soleil”, chanson écrite par Pierre Delanoë et composée par Hubert Giraud, qui sera reprise plus tard par Ray Charles sous le titre The Sun Died.

Mais c’est en 1971 qu’elle atteint une reconnaissance internationale avec “Mamy Blue”, qui devient son titre emblématique.
Ce succès confirme son statut : celui d’une chanteuse à part, plus proche des influences afro-américaines que de la pop yé-yé française.

Pas une “yé-yé” : une identité assumée

Le mouvement yé-yé, popularisé par des artistes comme France Gall, Sylvie Vartan ou Sheila, repose sur une esthétique adolescente, légère et très orchestrée par les producteurs.

Nicoletta, elle, s’en éloigne totalement :

  • elle privilégie des interprétations puissantes et émotionnelles
  • elle chante souvent des thèmes graves ou spirituels
  • elle s’inscrit dans une tradition soul et gospel rare en France à cette époque
  • Elle ne correspond donc ni à l’image ni au style musical du yé-yé, même si elle partage la même période de popularité.
  •  

18 juin 2026

Lambert Wilson : entre héritage familial et réussite personnelle

Aujourd'hui une rencontre avec l'acteur va nous permettre de développer une notion sociologique.

La mobilité intergénérationnelle désigne les changements de position sociale entre les parents et leurs enfants. Pour l'étudier, les sociologues comparent souvent les professions et les catégories socioprofessionnelles (CSP) des deux générations. L'exemple de Lambert Wilson permet d'illustrer les mécanismes de reproduction sociale.

En effet, son père, Georges Wilson, exerçait les professions d'acteur, de metteur en scène et de directeur de théâtre. Ces activités sont généralement classées dans la catégorie socioprofessionnelle des cadres et professions intellectuelles supérieures. Lambert Wilson est devenu lui aussi acteur, profession appartenant à la même catégorie socioprofessionnelle. Ainsi, en comparant l'origine sociale du père et la position sociale du fils, on constate qu'il existe une forte continuité entre les deux générations.

Cette situation illustre davantage un phénomène de reproduction sociale que de mobilité sociale. En effet, Lambert Wilson a grandi dans un milieu culturellement favorisé. Il a bénéficié d'un important capital culturel, transmis par sa famille, qui comprend des connaissances artistiques, une familiarité avec le monde du spectacle et des dispositions valorisées dans ce secteur. Il a également pu profiter d'un capital social, c'est-à-dire d'un réseau de relations et de contacts présents dans le milieu culturel et théâtral.

Selon le sociologue Pierre Bourdieu, ces différents capitaux jouent un rôle majeur dans la transmission des positions sociales entre générations. L'exemple de Lambert Wilson montre que les ressources familiales peuvent faciliter l'accès à certaines professions et contribuer au maintien de la position sociale de la famille.

Toutefois, cette reproduction sociale ne signifie pas que la réussite est automatique. Lambert Wilson a suivi une formation exigeante et développé ses propres compétences artistiques. Sa carrière internationale témoigne également de ses qualités personnelles et de son investissement professionnel. Néanmoins, du point de vue sociologique, son parcours illustre une faible mobilité intergénérationnelle puisque sa position sociale demeure proche de celle de son père.

Ainsi, l'exemple de Lambert Wilson montre que, malgré les possibilités de mobilité offertes par les sociétés contemporaines, l'origine sociale continue d'exercer une influence importante sur les trajectoires individuelles. Il met en évidence le rôle de la famille dans la transmission des capitaux économiques, culturels et sociaux, qui favorisent la reproduction des positions sociales d'une génération à l'autre.

18 juin 2026

Alexandra Lamy sur le chemin de Compostelle, un voyage humain et intérieur

 

 Avant la projection du film Compostelle, j’ai eu la chance de vivre un moment privilégié à Saint-Just-Saint-Rambert. En effet, juste avant la présentation du film, j’ai pu rencontrer les trois invités présents : l’actrice Alexandra Lamy, l’acteur Julien Le Berre et le réalisateur Yann Samuell. Ce fut un moment simple et chaleureux, qui a permis d’échanger quelques mots et de ressentir toute la passion qui entoure ce projet. Cette rencontre a rendu la découverte du film encore plus particulière, comme une invitation à entrer dans l’histoire avec ceux qui l’ont portée à l’écran.

            Un film sur le chemin… et sur les êtres humains

Avec Compostelle, le réalisateur Yann Samuell nous entraîne sur les chemins du célèbre pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Mais plus qu’un simple film de voyage, c’est surtout une histoire de rencontres, de reconstruction et de quête personnelle.

Le film suit des personnages qui marchent pour des raisons différentes : certains cherchent à se retrouver, d’autres fuient une période difficile de leur vie. Au fil des kilomètres, la marche devient un moyen de ralentir, de réfléchir et surtout d’apprendre à écouter les autres.

Les paysages traversés – montagnes, villages, chemins poussiéreux – participent pleinement à l’atmosphère du film. La nature y devient presque un personnage à part entière, accompagnant les pèlerins dans leur transformation.

               Alexandra Lamy dans un rôle sensible

Alexandra Lamy incarne une femme engagée dans ce voyage autant physique qu’intime. Son personnage porte des blessures, mais aussi une grande force intérieure. Lors de la rencontre avant la projection, elle expliquait que ce rôle l’avait particulièrement touchée car il parle du moment où l’on décide de reprendre sa vie en main.

Elle évoquait aussi l’importance du chemin lui-même : la marche, le silence, les rencontres imprévues. Selon elle, c’est ce qui donne au film sa dimension profondément humaine.

         

 

                          Julien Le Berre, une présence juste et touchante

À ses côtés, Julien Le Berre apporte une énergie différente. Son personnage, plus jeune et en quête de repères, crée un contraste intéressant avec les autres marcheurs. Leur relation évolue au fil du parcours, passant parfois par des tensions mais aussi par une forme de solidarité inattendue.

Lors de la présentation, l’acteur expliquait combien le tournage avait été particulier, car beaucoup de scènes ont été filmées directement sur les chemins. Cela a permis, selon lui, de ressentir réellement la fatigue, la distance et la progression du voyage.                     

 

                                                  La vision du réalisateur  

Pour Yann Samuell, Compostelle est avant tout un film sur les rencontres. Il expliquait avant la projection qu’un chemin comme celui-ci rassemble des personnes qui ne se seraient probablement jamais croisées dans la vie quotidienne.

Son objectif était de montrer comment, au fil de la marche, les barrières tombent et les histoires personnelles se dévoilent. Le chemin devient alors un espace de partage, parfois de confrontation, mais surtout de transformation.

 

            Une expérience qui résonne longtemps

Compostelle n’est pas seulement un film sur un pèlerinage. C’est une réflexion sur nos propres chemins, nos doutes et notre besoin de sens. En suivant ces personnages, le spectateur est invité à réfléchir à ce qui le ferait, lui aussi, se mettre en marche.

Et c’est peut-être cela, finalement, la réussite de Compostelle : nous rappeler que parfois, il suffit de faire un premier pas pour que le voyage commence.

18 juin 2026

Mélancolie ouvrière pour Virginie Ledoyen

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Le film Mélancolie ouvrière de Gérard Mordillat est l’adaptation du livre de Michelle Perrot. 

Il sera diffusée le 24 août sur Arte en première partie de soirée.

 J'ai eu la chance de rencontrer sur le tournage Virginie Ledoyen qui interprète le rôle de Lucie Baud ouvrière en soierie dans le Dauphiné, qui s'est battue pour défendre la cause ouvrière. Sur cette photo réalisée à Saint Romain D’ay entre deux scènes, suis-je avec Virginie ou Lucie ? Sans doute un peu des deux…Virginie a mis un blouson sur ses épaules car le vent est froid en Ardèche ce jour là et dessous on devine la tenue de Lucie… 
"Ce rôle est un cadeau pour moi qui suis issue d'une famille d'ouvriers : il m'a donné l'occasion de donner un visage à un parcours étonnant qui a probablement changé la vie des femmes. Lucie Baud est une intuitive. Son instinct humaniste me touche : elle comprend tout de suite qu'on ne peut pas traiter les femmes de cette manière, qu'elles soient françaises ou italiennes. Elle ose réclamer un minimum de considération et, à l'époque, c'est scandaleux."

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Lucie Baud est née en 1870, à Saint Pierre de Mésage, au hameau de la Croix, d’une mère ouvrière de la soie et d’un père charron. Après la fréquentation de l’école primaire, dont Michelle Perrot nous rappelle l’histoire pour les filles « élevées sur les genoux de l’Église » au XIXe siècle, Lucie « entre comme apprentie chez MM Durand frères à 12 ans ». Dans cette fabrique, où les journées de travail sont de douze heures, elle retrouve des compagnes qui sont pensionnaires dans l’internat de l’usine qui enferme les filles, dans des conditions de vie difficiles.

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 Lucie, « enceinte, mais non abandonnée » épouse à 20 ans, Pierre Baud, garde-champêtre de vingt ans son aîné, ils auront trois enfants et ils vivront à Vizille, jusqu’à la mort de Pierre. Ce décès signifie pour Lucie l’obligation de quitter l’appartement de fonction.   

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Après son veuvage, en 1902 : Voici le temps venu de la révolte : quatre années d’une densité exceptionnelle, celles qui ont fait de Lucie une “héroïne” et lui ont conféré sa très relative notoriété. 

Son investissement dans la lutte syndicale est en lien avec la rencontre d’un ouvrier italien, orateur et organisateur hors pair, Charles Auda (P Torreton dans le film) pour lequel Lucie a beaucoup d’admiration.

De 1902 à 1906, donc de 32 à 36 ans, Lucie va s’investir dans le syndicalisme des ouvriers et ouvrières de la soie, alors que rien ne la destinait à la lutte syndicale. Elle le paiera par un parcours professionnel chaotique. Quel patron accepterait d’embaucher une meneuse de grèves ?

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  En novembre 1902, quatre mois après la mort de Pierre, elle fonde le Syndicat des ouvriers et ouvrières de la soie du canton de Vizille.. Dans les années 1905-1906, notre héroïne mène à Vizille, puis à Voiron deux grèves. Elle lutte contre la suppression de personnel pour accroître les rendements.

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Elle organise des soupes communistes pour nourrir les grévistes, là elle est dans son rôle traditionnel de femme. Puis, fait exceptionnel, elle devient la porte-parole et l’interlocutrice de la presse, du maire, du patronat qui menace de fermer l’usine, auquel elle tient tête.

 Finalement cette grève qui dure cent jours est un échec et Lucie se retrouve sans travail. Elle part pour Voiron avec ses deux filles. Dans cette ville industrielle règne une sourde exaspération contre les conditions de travail et Lucie avec le camarade Auda qu’elle admire, rassemble les exilées de Vizille lors d’une réunion en décembre 1905. En 1906 les grèves s’étendent dans la plupart des usines, qui vont fermer. Le patronat refuse de négocier, le préfet fait appel à la troupe et 3 000 chasseurs alpins arrivent en ville. Faire appel à l’armée est une solution déjà éprouvée à Carmaux chez Reille, au Creusot chez Schneider. Le 1er mai 1906 la peur gagne la France entière.

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Michelle Perrot dans son livre qui inspire le film relate l’histoire des mouvements syndicaux dans cette région du Dauphiné. Après ce nouvel échec et des divisions qui vont se créer entre les grévistes, « Il y a une mélancolie ouvrière des lendemains de grève, qui pèse d’autant plus qu’officiellement on n’avoue pas l’échec… Chacun retrouve ses problèmes et sa solitude ». Quelles que soient ses raisons, Lucie Baud, qui était seule pour élever ses deux filles, sans travail, et qui « avait mauvaise réputation », tente de se suicider avec trois coups de revolver dans la bouche, elle aura la mâchoire fracassée. Avant son geste prémédité, relaté dans le Petit Dauphinois du 11-12 septembre 1906, Lucie a écrit plusieurs lettres à sa famille, elle y invoque des « chagrins de famille ». Finalement Lucie va déménager à Tullins. Elle meurt à 43 ans, le 7 mars 1913 à Fures et tombera dans l’oubli.              

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   Vous l'avez compris le thème de la lutte des classes est très présent dans le film que réalise Mordillat dans la Loire et en Ardèche...Quand on regarde quelque éléments de sa biographie on comprend pour cette histoire lui tient à coeur....

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Gérard Mordillat est né rue des Pyrénées, dans le XXe arrondissement, il y a un peu plus de cinquante ans. Il y a vécu longtemps et aujourd'hui encore, son appartement du boulevard Voltaire n'est pas si éloigné du Belleville de son enfance. Il habite dans ce lieu chaleureux et vivant avec sa femme et sa fille de quatorze ans. L'autre, vingt ans, a déjà pris son envol. Pas grand-chose ne prédestinait Gérard Mordillat à devenir écrivain, si ce n'est un amour des livres partagé par toute sa famille. «Nous avions un rapport à la lecture autrement plus puissant qu'aujourd'hui. Mon père n'est jamais entré au Parti, mais nous en recevions les journaux et les magazines. A l'école, en revanche, tous les instits étaient communistes. Ils faisaient preuve d'un dévouement extraordinaire, ils nous donnaient de fabuleux cours d'histoire et nous racontaient la Commune en nous promenant dans le quartier. Le XXe était populaire, mais, contrairement aux banlieues d'aujourd'hui, tout le monde était issu du même milieu.» 

La mère de Gérard Mordillat enseigne l'anglais dans les cours Berlitz, son père travaille à la SNCF. Ils ne sont pas riches, mais ne manquent de rien. Gérard partage sa vie entre ses parents et ses copains. Ceux-ci demeurent ses copains aujourd'hui. «Nous avions deux préoccupations: Marx et les filles!» Il est bon élève, mais arrête l'école à quinze ans. Contradictoire? «Pas du tout. Lorsqu'on travaillait bien, on voulait gagner sa vie.» Après divers petits boulots, il devient ouvrier dans une imprimerie. Et c'est là qu'il parfait sa culture. «Il y a dans l'imprimerie une grande tradition d'intellectuels.» 

Mais l'événement qui va bouleverser sa vie est sa rencontre avec Rossellini. «La caissière de la Cinémathèque savait que j'écrivais sur les guerres paysannes en Allemagne au XVIe siècle. Elle m'a dit: ''Il faut que tu en parles à Roberto! " Lorsqu'il est venu présenter Socrate, nous avons discuté durant des heures. Et pendant trois ans, j'ai travaillé pour lui comme scénariste sans que jamais l'on ne commence un film. Ce travail, bien qu'il n'ait pas été rendu public, m'a fait connaître dans le milieu. C'est comme cela que j'ai rencontré Gérard Guérin avec lequel j'ai tourné un court métrage.» 

Gérard Mordillat quitte l'imprimerie pour se consacrer à l'écriture. Il y aura son premier roman, Vive la sociale! en 1981. «Un succès. Mais ce livre n'était pas exactement celui que je souhaitais. Je sentais que j'étais passé à côté de quelque chose, que j'avais manqué d'audace sur le plan autobiographique. Je me suis dit que j'allais le recommencer en prenant d'autres voies.» Il l'adapte au cinéma deux ans plus tard. Succès à nouveau. «Mais ce n'était toujours pas ça!» Il le réécrira complètement pour sa parution en poche (Point Virgule) en 1987. Et depuis il continu son chemin....

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INTERVIEW - Mélancolie ouvrière, Michelle Perrot L’historienne, spécialiste du monde ouvrier et de la condition des femmes, reconstitue la vie d’une tisseuse de soie à la veille de la guerre de 1914.

Qui est Lucie Baud (1870-1913), l’héroïne de Mélancolie ouvrière?
Elle est une ouvrière en soie du Dauphiné. Les journées étaient alors longues (douze-treize heures) et l’attention devait être constante (la machine pouvait s’enrayer). Les patrons cherchent à produire de plus en plus et Lucie Baud est confrontée à l’accroissement des rendements. Elle a reçu une éducation catholique, elle a été alphabétisée, elle a été mariée à un garde champêtre dont elle a eu deux enfants. Elle s’est émancipée de tout ça, mais son cheminement nous échappe. Quand son mari meurt, elle a juste son salaire d’ouvrière pour faire vivre ses deux filles. Elle fonde un syndicat qui rencontre du succès. On l’envoie en délégation à Reims. On ne lui donne jamais la parole durant le congrès. Elle engage une première grève à Vizille en 1905. Elle représente les ouvriers dans un face-à-face avec le patron. Quand on voit la distance aujourd’hui entre ouvriers et patrons, la confrontation entre Lucie Baud et son patron a presque quelque chose de rassurant. Elle est renvoyée de l’usine de Vizille. Elle retrouve vite du travail. Elle mène une deuxième grève à Voiron le 1er mai 1906. Les ouvriers ont cru qu’ils allaient accéder au pouvoir, mais il y a une dégringolade de leurs espérances jusqu’à la guerre de 14. Lucie Baud a eu une vie courte. Elle a fait une tentative de suicide, après l’échec de la grève de Voiron en 1906, dans des conditions obscures et dramatiques. Elle se tire trois balles de revolver dans la mâchoire. Elle décède sept ans plus tard, à 43 ans.

Votre titre, Mélancolie ouvrière, possède plusieurs significations.
La mélancolie se situe à trois niveaux. La mélancolie d’un mouvement ouvrier échoué avec des lendemains de grève douloureux; la mélancolie de Lucie Baud aboutissant à une tentative de suicide; la mélancolie de l’historienne elle-même, qui cherche à rencontrer cette femme depuis très longtemps, mais se rend compte qu’elle lui échappe. Je ne rencontre pas Lucie Baud comme j’aurais voulu, car les inconnues et les hypothèses sont grandes.

Qu’est-ce qui constitue Lucie Baud comme héroïne?
Il y a l’action mais il y a aussi l’écriture. Lucie Baud a laissé un témoignage important dans une revue socialiste animée par de jeunes intellectuels parisiens qui avaient fait le choix du syndicalisme d’action directe pour leur idéal. On ne connaît pas sa part de rédaction dans ce texte qui a été, peut-être, le résultat d’un entretien avec un journaliste. Mais ce texte court et modeste est exceptionnel car on possède peu de témoignages de femmes ouvrières. La culture anglo-saxonne porte davantage vers la parole de chacun. Les ouvriers français écrivent, à l’inverse, peu sur eux. Ils sont dans le "nous" collectif. Lucie Baud a donc été quelque chose dans l’Histoire : un maillon. Elle a aussi fait preuve d’un courage physique et moral. Elle a été remarquable avec les ouvrières italiennes. La majeure partie de ses camarades était hostile aux Italiennes, notamment parce qu’elles étaient des "jaunes", des briseuses de grève. Lucie Baud ne cesse de prendre leur défense. Je l’imagine peu soutenue par son entourage. Sa tentative de suicide s’explique peut-être par sa solitude. Lucie Baud meurt avant la guerre de 14, qui est un coup de torchon sur tout le passé.

On peut voir actuellement éclater la colère des ouvriers.
Je me sens solidaire de leur souffrance et de leur désarroi. Mais l’avenir n’appartient plus à la classe ouvrière. Ils le savent.  La désindustrialisation n’a pas été suffisamment pensée et préparée. On a continué à faire comme si elle n’existait pas. L’industrie telle qu’elle a été, l’industrie du charbon et de l’acier, est terminée.

Qu’est-ce que vous pensez de la classe politique française actuelle?
Les hommes politiques manquent, dans leur ensemble, de courage. Ils ne déméritent pas. Ils auraient fait de bons gestionnaires de l’ordinaire, dans le style de la IIIe ou de la IVe République. Ils sont des hommes moyens confrontés à une situation extraordinaire. Les changements sont exceptionnels dans tous les domaines. Les hommes politiques devraient donc nous aider à faire et à comprendre ces passages. Ils continuent pourtant à agir comme s’ils n’avaient pas pris conscience de l’ampleur de tous ces changements. Ils apportent des solutions d’hier à des problèmes inédits d’aujourd’hui. S’ils veulent le pouvoir, il faut qu’ils mesurent les enjeux du pouvoir. Les Français manquent sans doute de formation économique, mais ils sont suffisamment mûrs pour entendre la vérité

17 juin 2026

SALIBA: la force tranquille

A Saint-Etienne, on le croisait souvent au centre d'entrainement. On savait qu'il était bon, sans forcément prévoir qu'il jouerait la coupe du monde 2026.

Il entre sur la pelouse comme on entre dans une pièce où l’on connaît déjà tout le monde : sans fracas, sans gestes inutiles, avec cette tranquillité qui n’appartient qu’aux gens sûrs d’eux sans avoir besoin de le dire. William Saliba n’a pas besoin de parler fort. Son football parle pour lui.

 À 23 ans, William Saliba s’est imposé comme l’un des défenseurs centraux les plus fiables de sa génération. Longtemps considéré comme un talent en devenir, il est désormais un pilier d’Arsenal et un titulaire affirmé en équipe de France. Son ascension, méthodique et silencieuse, tranche avec le bruit médiatique qui entoure souvent les jeunes prodiges du football français.


Né en 2001, Saliba grandit à Bondy, dans un environnement où le football est un langage commun. Très tôt, il se distingue par sa taille et sa coordination. Contrairement à l’image actuelle du défenseur massif, il joue d’abord attaquant, un poste où il développe dribble, mobilité et lecture offensive.On oublie souvent qu’il fut d’abord attaquant. Un gamin qui aimait dribbler, marquer, provoquer. Puis un jour, à Montfermeil, on lui dit que devant, c’est bouché.
Il réfléchit une seconde, hausse les épaules, et dit : « Je peux jouer derrière. »


Ce n’est pas un renoncement. C’est un choix. Un choix de ceux qui veulent avancer, coûte que coûte. Et c’est peut-être là que tout commence : dans cette capacité à se déplacer dans le jeu comme dans la vie, sans crispation..
Recruté par l’AS Saint-Étienne, Saliba impressionne par sa maturité. À 17 ans, il joue déjà en Ligue 1. Les observateurs notent : une maîtrise technique rare pour un défenseur central, une capacité à défendre debout, un calme déroutant pour son âge.


Après plusieurs prêts, Saliba s’installe enfin à Londres en 2022. 

17 juin 2026

Adrien Rabiot ou la loi du milieu

Nous l'avions vu avant un match contre Saint-Etienne, la coupe du monde 2026 nous invite à mettre en avant son rôle en milieu de terrain.   
Dans le football moderne, certains joueurs attirent la lumière par leurs statistiques, leurs gestes décisifs ou leur capacité à faire basculer un match. D'autres exercent une influence plus discrète, mais tout aussi essentielle. Adrien Rabiot appartient à cette seconde catégorie. Depuis ses débuts au Paris Saint-Germain jusqu'à son rôle majeur en équipe de France, le milieu de terrain incarne ce que l'on pourrait appeler la « loi du milieu » : l'art de gouverner le jeu depuis l'entrejeu.

La loi du milieu repose sur une idée simple : celui qui maîtrise l'espace entre la défense et l'attaque contrôle souvent le destin d'un match. Rabiot n'est ni un pur récupérateur ni un meneur de jeu classique. Il évolue dans cette zone intermédiaire où se fabriquent les équilibres. Grand, élégant et doté d'une remarquable capacité à se projeter, il relie les lignes et assure la continuité du jeu. Son intelligence tactique lui permet de comprendre quand accélérer, quand temporiser et quand couvrir les espaces laissés par ses partenaires.
Cette capacité à faire le lien explique sa longévité au plus haut niveau. Formé au PSG, passé par la Juventus puis revenu en Ligue 1 avant de poursuivre sa carrière en Italie, Rabiot a toujours été apprécié par les entraîneurs pour sa polyvalence et son volume de jeu. Milieu central de formation, il peut évoluer plus bas pour participer à la relance ou plus haut pour accompagner les attaques. En équipe de France, son rôle illustre parfaitement cette loi du milieu. Dans un collectif souvent riche en talents offensifs, Rabiot agit comme un stabilisateur. Il permet aux joueurs créatifs de s'exprimer tout en garantissant l'équilibre de l'ensemble. Lui-même a récemment souligné l'importance de « l'humilité » et du rôle de chacun au sein du groupe, rappelant qu'un milieu de terrain doit souvent travailler dans l'ombre pour permettre aux autres de briller.

La loi du milieu n'est pas seulement une question de technique. Elle exige de la lecture du jeu, de l'endurance et une capacité à prendre les bonnes décisions sous pression. Rabiot excelle précisément dans ces domaines. Ses courses vers l'avant, son impact physique et sa faculté à récupérer des ballons tout en participant à la construction font de lui un joueur complet, souvent plus précieux que spectaculaire. Dans une époque où les projecteurs se concentrent souvent sur les buteurs, Adrien Rabiot rappelle une vérité ancienne du football : les matchs se gagnent souvent au milieu du terrain. C'est là que se crée l'équilibre, que se construit le rythme et que se forge l'identité d'une équipe. La loi du milieu, en somme, n'est rien d'autre que la loi du football lui-même. Et Rabiot en demeure l'un des représentants les plus accomplis de sa génération.

15 juin 2026

Avec Marco Verrati

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J'ai souvent la chance de croiser des footeux, cette fois c'était à Paris celui qu'on surnomme « Il Gufetto ».

En plus il était champion d'europe depuis 4 jours et à la veille de son mariage.

Après avoir manquer l'Euro 2016 pour une pubalgie et être absent au mondial 2018 faute de qualification, Marco Verratti se blesse au genou gauche début mai 2021 et pense que le sort est contre lui. Écarté des terrains durant un mois, et réalisant un remarquable travail de réathlétisation avec le staff du PSG, le milieu de terrain passe par tous les états, du doute à l'espoir, où son sélectionneur Roberto Mancini attend la dernière minute pour le convoquer dans son groupe de 26 joueurs.

   J'ai vu un garçon trés disponible que j'ai félicité pour son titre. « Ben fatto Marco » (« Bien joué Marco »).

Pour la photo il se tourna face au soleil car de l'autre côté c'était trop sombre. Logique pour un gars aussi solaire qui a gardé la tête sur les épaules.

 

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Dans une interview il déclarait à propos de la célébrité: "Lorsque tu es jeune et que tu commences à gagner de l’argent du jour au lendemain et que les gens te reconnaissent dans la rue, les dérives peuvent exister et c’est parfois difficile. Mais j’ai décidé de ne pas changer d’amis. Ce sont les mêmes depuis tout petit! Je sais que beaucoup viennent faire les « faux amis » seulement à cause de fait que je suis footballeur. Je respecte tout le monde et je salue tout le monde, mais je sais faire la part des choses." "Pescara, c’est la terre où je suis né...Paris est une ville fantastique, mais tu ne peux pas changer la ville où tu es né. Ce sont les petites habitudes qui me manquent le plus, comme aller au bar de mes copains ou aller à mon resto préféré. Je sors aussi beaucoup ici, mais ce n’est pas pareil. Donc je rentre souvent à Pescara pour voir mes potes ou ce sont eux qui viennent… Mais je suis heureux ici!" 

15 juin 2026

Jean-Michel Larqué : le football a-t-il vendu son âme ?

 

 

Avec l"anniversaire des 50 ans de la finale en coupe d'Europe de l'ASSE, on a souvent croisé Jean-Michel Larqué à Saint-Etienne. Mais quelle est sa vision du foot moderne?
« Le football est devenu une industrie mondiale. » En une phrase, Jean-Michel Larqué résume tout le malaise qu'il éprouve face au football moderne.

Pour l'ancien capitaine des Verts, le football d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec celui qu'il a connu. Hier, les joueurs représentaient une ville, une région, parfois toute une génération de supporters. Aujourd'hui, ils incarnent surtout des marques, des stratégies marketing et des investissements financiers.Le constat de Larqué est brutal : le football a troqué son identité contre sa valeur marchande. Les clubs sont devenus des entreprises mondialisées, les supporters des consommateurs et les joueurs des actifs dont la valeur fluctue au rythme des marchés des transferts.
 

À l'époque de Saint-Étienne, personne ne parlait de « projet de marque », d'« engagement digital » ou de « développement international ». On parlait de jeu, de passion et de résultats. Les supporters s'identifiaient à des joueurs qui restaient plusieurs années au club. Aujourd'hui, les effectifs changent au gré des opportunités financières et des montages économiques.

Larqué ne nie pas les progrès du football moderne. Les joueurs sont plus rapides, mieux préparés physiquement et entourés de moyens considérables. Mais à ses yeux, cette évolution a un prix : la disparition progressive de l'authenticité.
Certains répondront que Larqué appartient à une autre époque. Lui rétorquerait probablement que certaines valeurs n'ont pas d'âge : le respect du maillot, le sens du collectif et la primauté du terrain sur le spectacle.

 

14 juin 2026

Aimé Jacquet ou l’art de recomposer les déterminismes

En utilisant notre théorie de l'Ordre Social de l'Inconscient https://www.sergefreydier.fr/2026/01/presentation-de-notre-theorie-de-l-ordre-social-de-l-inconscient-serge-freydier.html revenons sur la coupe du monde 98 gagnée par la France et son sélectionneur Aimé Jacquet que nous avons rencontré plusieurs fois. 
1. Conatus et altercialité : la formation première de Jacquet
Dans notre  perspective, il faut d'abord regarder les conditions qui ont produit le sujet Jacquet.
Issu d'un milieu populaire de la région stéphanoise, Jacquet développe un rapport au monde fondé sur la persévérance, le travail et la solidarité. Son conatus, au sens spinoziste, s'exprime dans une volonté constante de maintenir et d'accroître sa puissance d'agir malgré les obstacles. Mais ce conatus n'est jamais isolé. Il se construit dans des relations d'altercialité : famille, monde ouvrier, culture du football stéphanois, apprentissages précoces. Ces matrices relationnelles façonnent une disposition durable à privilégier le collectif plutôt que la mise en avant individuelle.
2. L'entrée dans le symbolique : Jacquet face au désir et au manque
La deuxième strate concerne l'ordre symbolique. Jacquet n'apparaît pas comme un homme cherchant la jouissance médiatique ou la reconnaissance narcissique. Pendant la préparation du Mondial 1998, il accepte d'occuper la place du critiqué, parfois même du bouc émissaire. Dans une lecture lacanienne, il soutient une position où le désir n'est pas capturé par l'image mais orienté vers une fonction symbolique : construire un collectif capable de gagner. 
Il accepte le manque, l'incertitude et la contestation sans modifier son projet pour satisfaire immédiatement l'opinion.


3. Les champs sociaux : une lutte contre la doxa du football français
C'est ici que l'apport de Bourdieu devient central. À la veille de 1998, le champ journalistique et le champ footballistique sont traversés par une doxa : le football spectaculaire, les stars, les jugements immédiats. Jacquet occupe une position relativement dominée dans cet espace. Il ne possède pas le capital symbolique de certaines grandes figures médiatiques. Pourtant, il maintient son illusio : sa croyance dans la valeur du projet collectif.
Nous montrons ainsi que les choix ne sont pas seulement psychologiques ; ils résultent d'une trajectoire située dans des rapports de force objectifs.


4. Émancipation singulière : Jacquet comme créateur de solution
La plupart des acteurs reproduisent les structures qui les ont produits. Jacquet fait autre chose. Face aux critiques, aux tensions internes, à la pression nationale, il invente une manière singulière de tenir sa position. Son "style Jacquet" peut être lu comme un sinthome : une manière personnelle de nouer ensemble les dimensions psychiques, sociales et symboliques sans se laisser désorganiser par elles. Il ne supprime pas les déterminismes ; il les réagence.
5. Jacquet comme figure du Modus Octopus
Le Modus Octopus est celui qui redistribue ses ressources et ses prises dans plusieurs espaces à la fois lorsque les autres restent prisonniers d'une logique unique. Jacquet agit ainsi en 1998 : il répond à la pression médiatique sans devenir médiatique ; il dirige des individualités fortes sans les écraser ; il représente l'institution sans devenir bureaucrate ; il construit une identité collective sans effacer les différences. 
Là où beaucoup voyaient des contradictions insolubles, il trouve des articulations. Dans cette lecture, la victoire de 1998 n'est pas seulement celle d'un sélectionneur efficace. Elle est celle d'un sujet qui parvient à habiter ses déterminations sociales, symboliques et affectives tout en ouvrant une ligne de création collective nouvelle.
                               Conclusion   

 

Son parcours illustre la capacité d'un sujet à transformer les contraintes issues du conatus, de l'ordre symbolique et des champs sociaux en une invention collective originale. La Coupe du monde 1998 devient alors l'exemple d'une réussite née non de la liberté absolue, mais de l'art de recomposer les déterminations plutôt que de les subir.

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